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Forum musulman pour un islam laïque
blog ouvert le 11 novembre 2006 ;
dans la lignée du travail éditorial de
la revue Islam de France (1997-2000)
catégories
1 - Pour un islam laïque
2 - L'affaire des caricatures de Mahomet
3 - Islam et libertés démocratiques
4 - Islam et culture humaniste
5 - Obscurantisme(s)
6 - Islam et islamisme
7 - Antisémitisme musulman
8 - Penseurs contemporains de l'islam
9 - Éléments d'information sur le site Oumma.com
10 - Histoire de la revue Islam de France
11 - Communautarismes, identités, "choc des civilisations"
liens
1 - le blog de Leïla Babès
des islams...
un islam ou des islams ?
par Michel Renard, jeudi 13 janvier 2011, 01:38 (sur Facebook)
le salafiste britannique Abou Mounisa
Les musulmans doivent se déterminer clairement. Les salafistes parlent-ils au nom de l'islam ? Si oui, la guerre des civilisations est devant nous. Si non, ceux qui s'opposent aux salafistes doivent argumenter et dire en quoi les salafistes sont une déviance de l'islam, ils doivent le dire en tant que musulmans en trouvant dans l'héritage de la pensée islamique des arguments pour répondre aux salafistes. Si ils ne le peuvent (ou ne le veulent) la confrontation est devant nous.
Michel Renard
http://www.youtube.com/watch?v=LfTEC3GmoXs
Le salafiste britannique Abou Mounisa : Déraciner la démocratie pour que la société toute entière se prosterne devant Allah
Ci-dessous des extraits d'un discours du salafiste britannique Abou Mounisa lors de la conférence de l´Eveil tenue le 15 décembre 2010 et mise en ligne sur Internet.
Voir les extraits vidéo sous-titrés en anglais : http://www.memri.org/clip/en/0/0/0/0/0/0/2744.htm
"Notre dawa doit être une dawa contre le système, que nous remplacerons par l'islam… Nous voulons que la société toute entière courbe la tête devant Allah"
Abou Mounisa : "S'agissant de Dawa [appel à l'islam], ne pensez pas, chers frères et sœurs, que notre dawa consiste à appeler à l'islam une poignée de gens dans la rue.
Notre dawa doit être une dawa contre le système, que nous remplacerons par l'islam. C´est ce que nous devons faire, mes chers frères : nous devons appeler l'ensemble de la société à l'islam. Nous ne nous contentons pas d'appeler un frère ou une sœur à suivre la religion d'Allah. Nous voulons que la société toute entière courbe la tête devant Allah. Nous ne voulons pas qu'une seule sœur porte le khimar [voile] ou le jilbab [robe] ; nous voulons que la société toute entière porte le khimar ou le jilbab. Nous ne voulons pas que seuls nos frères et sœurs se prosternent devant Allah. Nous voulons que toute la société en fasse autant. C'est la dawa du prophète Mahomet. C'est notre dawa, chers frères et sœurs. (…)
Si vous vous tenez derrière votre stand de dawa, vous contentant d'inviter les gens à rejoindre l'islam, à l'instar de Zakir Naik [prédicateur], pensez-vous que vous allez changer la société ? Sans attaquer la loi l'ordre [établi] ? Non, mes chers frères, impossible de changer la société de cette façon. La société ne pourra pas changer. Nous devons provoquer la société pour qu'elle change."
"Qui autorise cette liberté ? Qui autorise cette démocratie ? Qui permet à ces faux dieux d'exister ?"
"En outre, ce que nous devons comprendre, c'est qu'à l'époque où le prophète Mahomet était à la Mecque, il s'y trouvait 360 idoles. Aujourd'hui, on ne vénère plus d'idoles physiques. Aujourd'hui, on vénère les idées de démocratie, de liberté et de capitalisme. Voilà ce que l'on vénère aujourd'hui. La femme dira : je suis libre d'avorter. L'homme dira : je suis libre de pratiquer la promiscuité sexuelle. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est la réalité d'aujourd'hui .
Qui autorise cette liberté ? Qui autorise cette démocratie ? Qui permet à ces faux dieux d'exister ? Le gouvernement, la loi et l'ordre [établi]. Ce sont eux qui le permettent. Quand le [peuple] dit au prophète Mahomet : pourquoi ne pas ajouter votre dieu aux nôtres ? Ça n'en fera qu'un de plus – vous n'avez qu'à l'ajouter. Il répondit : Non !" (…)
"Nous devons couper la tête de la démocratie pour la déraciner."
"Il dit : Croyez-vous que je vais mêler mon Dieu aux vôtres ? Je ne mêle jamais mon Dieu aux vôtres. Il m'est impossible de mêler mes dieux [sic] aux vôtres et je ne le ferai jamais. Je crois qu'Allah se suffit à Lui-même. Il n'a pas besoin de vos dieux. Je suis venu détruire vos dieux. Quand Allah accorda au prophète Mahomet la victoire à la Mecque, il se rendit à la Kaaba et détruisit tous les 360 dieux qui s´y trouvaient. Mais vous savez quoi, Il ne s'est pas arrêté là. Savez-vous ce qu'il a fait ? Il s'est rendu dans les régions des idoles : Lat, Uzzat et Manat. Il est allé jusque dans ces régions, et a demandé : où se trouve Uzzat ? Où se trouve Manat ? Il est allé les trouver et les a détruites, tuées, leur a tranché la tête, les a décapitées. Voilà pourquoi, mes chers frères, nous devons couper la tête de la démocratie pour la déraciner."
"Nous devons attaquer chaque jour leur système… Nous devrions mettre tout notre coeur, pour l'amour d'Allah, à détruire l'intégralité de leur système et le remplacer par l'islam."
"Nous devons couper la tête du capitalisme pour le déraciner, nous en emparer, le tuer à la racine. Voilà ce que nous devons faire. Nous devons le haïr au point, mes chers frères, d'attaquer chaque jour leur système. Chaque jour. Exactement comme le prophète Mahomet. (…)
Voilà ce que devrait être notre sentiment. Voilà ce que nous devrions croire. Nous devrions mettre tout notre coeur, pour l'amour d'Allah, à détruire l'intégralité de leur système et le remplacer par l'islam. (…)
Qui autorise l'alcool, pour commencer ? La loi et l'ordre [établi]. C'est pourquoi nous devons nous tourner vers la loi et l'ordre [établi]. Nous devons attaquer la loi et l'ordre [établi]. Un homme de l'époque du prophète Mahomet… Désolé, excusez-moi. Omar ibn Al-Khattab aperçut une femme habillée de façon inappropriée. Ce que Mahomet a fait… Non, désolé… Ce qu'Omar ibn Al-Khattab a fait… Il est allé la trouver et l'a frappée. Il l'a frappée. Il lui a dit : 'Comment oses-tu aller dans les rues de Médine, qui appartient au prophète Mahomet, ainsi vêtue ? Elle s'est retournée et lui a dit : Qui êtes-vous pour vous pour me dire comment m'habiller ? Vous savez ce qu'il lui a répondu ? Je suis l'émir des croyants. Mais de nos jours, nous ne pouvons gifler toutes les femmes dans la rue. Nous ne le pouvons pas. Cela ne nous est pas permis.
Donc ce qu'il nous reste à faire, c'est nous tourner vers le munkar [le mal]. Nous devons nous retourner et attaquer la société. En nous attaquant à la racine du problème, nous supprimons le problème. Mais si vous ne faites que vous occuper des branches, en saisissant une poignée par-ci, une poignée par-là, vous n´allez pas régler le problème. Cela ne réglera jamais le problème. Nous devons nous attaquer à la racine du problème, qui est la loi humaine, le système humain qui nous régit aujourd'hui. Vous comprenez, mes frères ? C'est ce que nous devons faire."
"Nous devons nous occuper de ces lois, les remplacer par l'islam… et attaquer Daoud Kamroon"
"Nous ne pouvons pas simplement nous asseoir jusqu'à ce que nos frères disent : Mon frère, ce que tu fais est interdit. Ma sœur, ton foulard est complètement prohibé – c'est une grosse bosse sur la tête. Ce n'est pas comme ça qu'on fait. Ce qu'il faut, c´est dire à ta sœur que sa bosse est inconvenante. Il faut aller dire à son frère qu'il a tort. Et il faut aussi encourager le bien et interdire le mal, et faire que la société se prosterne devant Allah.
Voilà ce que nous devons faire, mes chers frères. Nous devons attaquer les dirigeants. Nous devons nous retourner et attaquer… comment il s'appelle ? Daoud Kamroon… Cameron. Il l'appelle Daoud Kamroon. Nous devons l'attaquer. Nous devons dire : vos lois sont opprimantes. Nous devons nous occuper de ces lois, les remplacer par l'islam. Voilà ce que nous devons faire."
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Razika Guériani : Ecoeurée !..... (c'est le seul mot qui me vient à l'esprit)
13 janvier, 02:05 ·
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Michel Renard - oui Razika... mais il faut savoir que l'islam c'est AUSSI cela...
13 janvier, 02:16
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Razika Guériani : Pas le mien ni celui de mes arrières grand-parents, grands-parents, parents, freres, soeurs, oncles ; tantes, cousin(e)s, belles-soeurs, ami(e)s, connaissances, voisins, etc etc Force est de constater qu'il y a donc plusieurs INTERPRETATIONS de l'Islam !
13 janvier, 02:25
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Razika Guériani et sur ce : مساء الخير والسلام عليكم
13 janvier, 02:47
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Michel Renard - entièrement exact, il y a plusieurs interprétations de l'islam. Ce qui est inquiétant c'est que les musulmans qui ne partagent pas le délire des salafistes (mais aussi celui des fondamentalistes, des islamistes, des jihadistes) ne leur répondent JAMAIS. À part quelques intellectuels... Où sont les courants qui se réclameraient d'un islam des "Lumières", d'un islam religion non politique, d'un islam "moderniste", d'un islam laïque...??? Pas dans les mosquées, pas dans les khûtba du vendredi, pas dans les associations de l'islam militant... L'expression dominante de l'islam est celle des islamistes et des salafistes...
Ce qui ne peut manquer d'inquiéter. Le clash of civilisations est devant nous. -
13 janvier, 09:41 ·
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la fabrication planétaire d’un nouveau délit d’opinion,
L’invention de l’«islamophobie»
Pascal BRUCKNER, écrivain
Forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour contrer les féministes américaines, le terme d’«islamophobie», calqué sur celui de xénophobie, a pour but de faire de l’islam un objet intouchable sous peine d’être accusé de racisme. Cette création, digne des propagandes totalitaires, entretient une confusion délibérée entre une religion, système de piété spécifique, et les fidèles de toutes origines qui y adhèrent. Or une confession n’est pas une race, pas plus que ne l’est une idéologie séculière : l’islam, comme le christianisme, est révéré par des Arabes, des Africains, des Asiatiques, des Européens, de même que des hommes de tous pays sont ou ont été marxistes, libéraux, anarchistes.
Jusqu’à
preuve du contraire, on a le droit, dans un régime démocratique, de
juger les religions mensongères et rétrogrades et de ne pas les aimer.
Se méfier de l’islam comme on a pu en d’autres temps se méfier du
catholicisme, juger inquiétant son prosélytisme agressif, sa prétention
à la vérité unique, son penchant sacrificiel, c’est manifester un
sentiment qu’on estimera légitime ou absurde, ce n’est pas faire preuve
de racisme. Faut-il parler de «libéralophobie» ou de «socialistophobie»
parce qu’on est contre le règne du marché ou la redistribution des
richesses ? Ou faut-il rétablir le délit de blasphème, aboli en 1791
par la Révolution, comme le réclame chaque année l’Organisation de la
conférence islamique ainsi qu’en France, en 2006, un député UMP,
Jean-Marc Roubaud, soucieux de punir tout ce qui bafoue ou calomnie «les sentiments religieux d’une communauté ou d’un Etat quel qu’il soit».
les fonctions de l'islamophobie
Le pari des sociétés ouvertes, c’est de concilier la coexistence pacifique des grandes croyances avec le droit à la libre expression. La liberté de culte est garantie et la liberté de critiquer les cultes également. Les Français, échaudés par des siècles de domination cléricale, souhaitent un affichage discret des croyances. Réclamer des droits séparés pour telle ou telle communauté, imposer de strictes limites à l’examen des dogmes nous ramènerait directement à l’Ancien Régime.
Le terme d’islamophobie remplit plusieurs fonctions : nier pour mieux la légitimer la réalité d’une offensive intégriste en Europe, attaquer la laïcité en l’assimilant à un nouveau fondamentalisme. Mais surtout faire taire les musulmans qui osent remettre le Coran en cause, en appellent à l’égalité entre les sexes, au droit à l’apostasie et aspirent à pratiquer paisiblement leur foi sans subir le diktat de doctrinaires ou de barbus. Il faut donc stigmatiser ces jeunes filles qui refusent le voile, souhaitent marcher sans honte, tête nue, dans la rue, foudroyer ces Français, ces Allemands, ces Anglais d’origine maghrébine, turque, africaine, algérienne qui réclament le droit à l’indifférence religieuse, le droit de ne pas croire en Dieu, de ne pas jeûner pendant le ramadan. Il faut les désigner, ces renégats, à la vindicte de leurs coreligionnaires, les faire taire pour bloquer tout espoir d’une mutation chez les fidèles du Prophète (en France et de façon révélatrice, c’est un «Collectif contre l’islamophobie» qui soutient juridiquement les femmes verbalisées pour port du voile intégral).
Nous assistons à la fabrication planétaire d’un nouveau délit d’opinion, analogue à ce qui se faisait jadis dans l’Union soviétique contre les ennemis du peuple. Et ce avec l’onction des médias et des pouvoirs publics. Notre président lui-même, jamais en retard d’une bourde, n’a-t-il pas comparé l’islamophobie à l’antisémitisme ? L’erreur est tragique : le racisme s’attaque aux personnes en tant qu’elles sont coupables d’être ce qu’elles sont, le Noir, l’Arabe, le Juif, le Blanc. L’esprit critique, à l’inverse, porte sur les vérités révélées, les écritures toujours susceptibles d’exégèses, de transformations. Cette confusion a pour objet de déplacer la question religieuse du plan intellectuel au plan pénal, toute objection ou moquerie étant passible de poursuites.
c’est le christianisme qui est aujourd’hui le plus persécuté dans le monde, surtout dans les pays musulmans
Quant aux profanations de tombes, de lieux de culte, si elles relèvent évidemment des tribunaux, elles touchent dans leur immense majorité en France les cimetières ou églises chrétiennes (1). On s’en veut de le rappeler : de tous les monothéismes, c’est le christianisme qui est aujourd’hui le plus persécuté dans le monde, surtout dans les pays musulmans, Algérie, Irak, Égypte entre autres. Il est plus facile d’être musulman à Londres, New York ou Paris que protestant, catholique au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord. Mais le vocable de «christianophobie» ne prend pas et c’est heureux. Imagine-t-on la Saint-Barthélemy condamnée par nos ancêtres sous l’angle de la discrimination plutôt que du fanatisme religieux ?
Il est des mots qui contribuent à infecter la langue, à en obscurcir
le sens. «Islamophobie» fait partie de ces termes à bannir d’urgence du
vocabulaire.
Pascal Bruckner
Libération, 23 novembre 2010
(1) Site du Conseil de l’Europe : https://wcd.coe.int
déclaration de Mardin contre la fatwa d'ibn Taymiyya
déclaration de Mardin
(Turquie, mars 2010) :
des religieux musulmans contre le jihadisme
La Nouvelle déclaration de Mardin de mars 2010 a été formulée à l'issue d'une conférence tenue les 27 et 28 mars 2010 par des dignitaires islamiques du monde entier dans la ville de Mardin, en Turquie, au sujet de la réinterprétation de la fatwa du savant de l'islam du XIVe siècle ibn Taymiyya. En réinterprétant cette fatwa, les savants ont revu plusieurs des principes fondamentaux cités par les extrémistes musulmans pour justifier le djihad et le takfir (accusation d'hérésie).
La Nouvelle déclaration de Mardin établit les principes suivants : la division traditionnelle du monde entre le "domaine de l'islam" et le
"domaine de la guerre" n'est plus valide, parce que toute l'humanité
est à présent engagée par les traités internationaux et les lois de la
société civile qui garantissent la sécurité, la paix ainsi que des
droits nationaux et communautaires pour tous. C'est pourquoi le monde
dans sa globalité doit être appelé "lieu de tolérance et de coexistence
pacifique entre toutes les religions, groupes et factions.
- La fatwa d'ibn Taymiyya ne peut pas justifier l'accusation de Kufr (hérétique), la rébellion contre les dirigeants, le fait de terroriser et de tuer des musulmans ou des non-musulmans.
- Seuls les chefs d'États sont en droit d'autoriser et de mener le djihad armé, non les individus ou groupes musulmans.
- Les différences religieuses et l'appât du butin ne sont pas des raisons légitimes de mener la guerre.
- Seuls les savants de l'islam hautement qualifiés sont habilités à émettre des fatwas.
- C'est la responsabilité des autorités islamiques de condamner la violence et l'extrémisme de manière claire et explicite. Le principal argument des savants qui participaient à cette conférence était de dire que, tout comme Ibn Taymiyya n'avait pas strictement respecté la division classique du monde en dar al-harb et dar al-islam, les autorités islamiques du monde moderne se devaient de prendre en compte l'évolution des situations. En particulier, ils ont fait valoir que le système international d'aujourd'hui atteint les buts recherchés par l'islam - la paix, la souveraineté, la liberté de culte, etc
- et que les concepts de "domaine de la guerre" et de djihad à son encontre ne sont plus valides. La conférence était accompagnée d'un effort concerté de communication. Les organisateurs ont employé les services d'un cabinet de conseil pour mettre en place un site en langue anglaise (http://www.mardin-fatwa.com) contenant des renseignements sur la procédure, la déclaration de clôture de la conférence, et des coupures de presse. Il est clair que les participants de la conférence se sont également efforcés d'atteindre le public occidental.
La conférence de Mardin a suscité l'ire de nombreux djihadistes et wahhabites extrémistes. Ceci est principalement dû au fait que la conférence avait choisi de se baser sur une fatwa d'Ibn Taymiyya dans le but de faire valoir que ce savant, qui est le djihadiste wahhabite de référence, est aujourd'hui mal interprété.
Certains des savants ayant participé à la conférence, comme le Grand mufti de Bosnie Dr Mustafa Ceric, appartiennent à des écoles islamiques allant à contre-courant des positions d´Ibn Taymiyya ; la décision de se concentrer sur lui semble ainsi avoir été prise dans le but de désamorcer les arguments des djihadistes.
Avant la publication de l'article d'Anouar Al-Awlaki dans "Inspire" [magazine en langue anglaise d'al-Qaïd dans la Péninsule arabique], la conférence avait déjà été critiquée par le cheikh Abou Muhammad Al-Maqdisi, le cheikh Hamid Al-Ali du Koweït, le cheikh wahhabite saoudien Abd Al-Aziz Bin Muhammad Aal Abdel Latif, les cheikhs djihadistes aux pseudonymes de Hussein Bin Mahmoud et Abou Ayyoub Al-Ansari, et d'autres encore.
d'après le site du MEMRI
- voir aussi "The New Mardin Declaration" sur le site iqra.ca (en langue anglaise)
vues de la conférence de Mardin en Turquie
"Pour l’Islam de France" de l'imam Hassen Chalghoumi
Islam de France :
ces voix modérées qu'on veut étouffer
Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy, dérange ses coreligionnaires. Surtout depuis qu'il a publié un livre, Pour l'Islam de France, dans lequel il prône un islam modéré, qui se vit en harmonie avec la République et non contre elle. Un discours qui lui vaut d'être persécuté par les islamistes et leurs alliés objectifs.
Mohammed Moussaoui, le président du Conseil Français du culte musulman, est gêné. Au téléphone, on sent bien que l’affaire sur laquelle Marianne2 lui demande son avis l’embarrasse. L’affaire, c’est à dire un livre et l’homme qui a écrit ce livre : Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy qui publie Pour l’Islam de France ( éditions Le Cherche-Midi ).
Un pavé de 400 pages venu fracasser les pesantes et bien-pensantes certitudes sur la seconde religion de France, ses manipulateurs et ses boutefeux qui étouffent la voix de la majorité silencieuse. Car on ne veut pas les entendre, ces Français de religion musulmane dégoûtés par l’intégrisme, affolés par la montée des slogans obscurantistes mais réduits au mutisme par les complicités politico-médiatiques.
En théorie, c’est le Conseil français du culte
musulman - CFCM - qui les représente et Mohammed Moussaoui serait leur
porte-voix. En réalité, l’institution mise en place par Nicolas Sarkozy
reprend le schéma et les erreurs des précédentes tentatives faites de
longue date par tous les gouvernements. Socialistes compris ! Car ce ne
sont pas des esprits indépendants et novateurs qui représentent les
musulmans de France en ces temps difficiles mais des organisations
inspirées par les Frères Musulmans comme l’UOIF, l’Union des
organisations islamiques de France, poids lourd au sein du CFCM. Comme
la représentativité au sein de ce Conseil est calculée selon les mètres
carrés de mosquée- chaque lieu de culte dépendant par ailleurs
étroitement pour son développement d’un mécénat étranger, saoudien ou
maghrébin- on saisit les aberrations du système !
Hassen
Chalghoumi, lui, ne fait pas les cent pas pour mesurer carrelages et
tapis. Il a une autre ambition. Il veut réconcilier la France et l’Islam
en disant haut et clair ce que nos concitoyens, de toutes confessions,
athées compris bien sûr, ont besoin de savoir : les musulmans se battent
contre l’asphyxie islamiste, ils veulent, non pas le fanatisme importé
des brasiers orientaux mais la clarté des lumières françaises. Et il
faut les soutenir dans cette bataille.
Entendons-nous bien : c’est un
religieux qui parle et non un libre penseur. Que cet homme de foi
professe qu’il faut la métisser avec la loi, pour le plus grand bien de
ses coreligionnaires et de leur pays, la France, est précisément ce qui
fait peur à ses adversaires. «L’espace musulman, dit Hassen Chalghoumi, est
pris en otage par l’islamisme et par le nihilisme. Il faut savoir le
réparer et le structurer avec l’islam de l’humanisme...Je ferraille
contre les pétrifications idéologiques et les pesanteurs
dogmatiques...Je ne suis pas l’imam du sérail mais un imam de la
République...»
L’imam, en Islam, est celui qui conduit la
prière à la mosquée. Dans son livre –superbement écrit avec la
complicité du journaliste Farid Hannache- l’imam de Drancy conduit une
réflexion pour la cité. Elle nous concerne tous car c’est une réflexion
interdite. Sinon, pourquoi Mohammed Moussaoui nous dirait-il qu’il n’ a
«rien à dire» sur le sujet, tout en glissant par ailleurs que «la démarche de Mr.Chalghoumi est contre-productive» ?
L'imam de Drancy n'est pas le seul à payer cher sa modération
Logique : Chalghoumi est depuis longtemps dans le collimateur des islamistes comme des organisations qui les protègent ou les redoutent. Sa maison a été saccagée en 2005 parce qu’il s’était rendu au mémorial de la déportation à Drancy : «J’avais appelé les musulmans à respecter l’histoire de la Shoah». Pendant la guerre de Gaza, en janvier 2009, les menaces se sont intensifiées. Cet homme refuse l’importation des conflits moyen-orientaux sur le territoire français et dénonce les amalgames entre une synagogue de Seine-Saint-Denis et un char de Tsahal.
Il
dérange donc terriblement. Il réclame justice pour la Palestine, une
cause chère à son cœur, mais il «combat les télescopages entre la situation de là-bas et celle d’ici». «Je refuse que la colère m’abrutisse, scande-t-il, je
refuse toutes les comparaisons et les raccourcis entre Gaza et la
banlieue, je suis partisan de la lutte contre la guerre et la
colonisation mais je refuse que l’on compatisse à la souffrance de
là-bas par la violence ici». Au printemps 2009, il décide
d’écrire. Pour transmettre, pour espérer, pour partager avec les
musulmans et les autres. Pour l’avenir français de ses enfants et de
leurs camarades.
Déferlement de haine. Dès qu’on sait le
livre-manifeste achevé et communiqué à d’autres imams susceptibles de
co-signer ses engagements et de soutenir Hassen Chalghoumi, groupuscule
intégriste (le collectif «Cheikh Yassine») et propagande
institutionnelle se liguent contre lui (lire notre enquête dans
l’édition de Marianne qui sort ce samedi). Fleuve de boue,
torrents de rumeurs se déversent pour noyer la parole de ce musulman
rebelle dans les abysses de la médisance.
Vieille histoire : cela fait presque vingt ans que les voix dissidentes, réellement représentatives des musulmans laïques de notre pays, sont ostracisées et persécutées par les islamistes mais aussi - et voilà le pire !- dédaignées et marginalisées avec une condescendance aveugle par les gourous médiatiques et les leaders politiques. Il en fut ainsi de l’ex-mufti de Marseille Soheib Bencheikh, auteur d’un beau livre (Marianne et le Prophète, Grasset) qui dirige aujourd’hui l’institut supérieur des sciences islamiques. Ennemi déclaré de l’islamisme, fervent militant de la laïcité, ce défricheur inlassable de la pensée musulmane au nom de « l’ijtihad » (l’effort de réflexion et d’interprétation novatrice des textes) a subi lui aussi bien des menaces et des mises à l’écart. Il reste le témoin, résumait-il, de «l’invisibilité de la majorité silencieuse musulmane décrétée par les médias et les politiques»...
Comme Hassen Chalghoumi. Peut-être aussi, dans le champ universitaire
cette fois, comme un grand philosophe, Mohamed Arkoun, qui vient de
s’éteindre le 15 septembre à l’âge de 82 ans. Auteur prolifique et
penseur impressionnant (lire en priorité Pour une critique de la pensée islamique
chez Maisonneuve et Larose), célèbre parmi ses pairs pour son
originalité et son indépendance, il n’a pourtant jamais eu l’audience
médiatique que méritait son œuvre.
Et dire qu’on nous répète sur tous les tons que seuls les islamistes parlent, que tous les autres se taisent !
C’est qu’on les fait taire.
vendredi 17 Septembre 2010
Martine Gozlan - Marianne
source : http://www.marianne2.fr
"seul un fou peut prendre les Juifs pour des êtres humains" Hamas
l'antisémitisme abject des Frères
dits "Musulmans"
as-salam ‘aleikum
Si il existe une conscience musulmane digne de l'humanisme foncier du Coran (qui comporte aussi des passages plus circonstanciés questionnant cet humanisme), qu'elle se manifeste...!! Tous les spécialistes de la récrimination contre l'islamophobie perdent toute crédibilité à garder le silence sur cet antisémitisme abject des Frères Musulmans du Hamas et de tant de courants du fondamentalisme musulman contemporain.
Michel Renard
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MEMRI - Middle East Media Research Institute - dépêche fr. n° 161
Abdallah Jarbou, vice-ministre du Waqf du Hamas :
seul un fou peut prendre les Juifs
pour des êtres humains
Ci-dessous des extraits d´un discours prononcé par Abdallah Jarbou, vice-ministre du Waqf du Hamas, diffusé sur la télévision Al-Aqsa le 19 mars 2010.
Voir
les extraits vidéo sous-titrés en anglais : http://www.memritv.org/c
lip/en/2430.htm
Abdallah Jarbu : Les Juifs, frères des singes et des
porcs, se sont rassemblés des quatre coins du monde pour souiller la
mosquée Al-Aqsa. Ils sont venus la dépouiller de sa pureté, qu'ils ont
remplacée par leur impureté, leur saleté et leurs abominations. La
Mosquée Al-Aqsa... Arrivent les sionistes criminels, qui ouvrent la
synagogue prétendument Hurva ("détruite"). Puisse Alla
h faire s´écrouler leurs maisons sur leurs têtes.
[...]
Tu ne peux pas
continuer à vivre, ô nation arabe et islamique, pendant que la mosquée
Al-Aqsa est souillée par les Juifs, le plus méprisable des peuples de la
Terre. Par Allah, ce
ne sont pas des êtres humains. Ce ne sont pas des hommes qui méritent
de vivre tant que nous serons vivants.
[...]
Les Juifs ont violé tous les traités et
accords. Ils ont massacré les prophètes dans le passé, n'ont manifesté
aucun respect pour aucun prophète ou messager. Le Coran dit : "Ils ont
massacré injustement les prophètes". Seul un fou qui ne comprend rien peut penser
que les Juifs sont des êtres humains devant être traités comme tels,
alors que leur traitement à notre égard se caractérise par la mort le
sang, et le siège. Hier...
À quoi nous sommes-nous habitués de la
part de l'Amérique – de ces États-Unis criminels, terroristes et
meurtriers qui assiègent la télévision Al-Aqsa ? Puisse Allah soutenir
la mosquée Al-Aqsa, la télévision Al-Aqsa, les hommes d´Al-Aqsa, les
moudjahidine d´Al-Aqsa et tous les musulmans d'Al-Aqsa.
Nous demandons aujourd'hui : À quoi nous sommes-nous habitués
de la part de l'Amérique et de l'Europe, si ce n'est à la déception, la
trahison et au soutien des Juifs ?
[...]
Allah enverra sa colère des cieux sur
les Juifs et leurs collaborateurs. Allah fera rugir la mer contre tous
les oppresseurs. Allah empoisonnera l'air respiré par les Juifs, les
Américains, les croisés et tous les sionistes. Puisse Allah transformer
la nourriture qu'ils mangent en poison dans leurs estomacs.
[...]
Nous saluons tous ceux qui ont tenté d'écraser des Juifs avec
leurs bulldozers. Nous
saluons tous ceux qui ont tenté de poignarder un porc de colon juif.
[...]
Il faut une troisième Intifada, avec la bénédiction d'Allah.
Nous disons à l'Autorité de Ramallah : Laissez faire nos frères, afin
qu'ils puissent mener le djihad pour mettre fin aux attaques des Juifs.
Une opération martyre au coeur de Jérusalem, pour faire sauter les
colonies des Juifs, les terrifiera et mettra fin à leurs manigances contre nous. Une
opération martyre au coeur de Tel-Aviv leur fera perdre le sommeil,
comme dans le passé.
Quant à la prétendue "paix" ou au "processus de paix"… Ce sont
des mots vides de sens, une trahison du peuple et de la religion
d´Allah.
[...]
Les Juifs, tel un
cancer, agissent par l'intermédiaire de cellules dormantes, jusqu'à ce
que le corps cède. Nous devons arrêter ce cancer sioniste tuméfié et coupable.
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expulsion d'un imam "islamiste"
La France expulse
un imam "islamiste radical"
La France expulse un imam "islamiste radical" égyptien jugé "dangereux"
PARIS — Le ministre français de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé jeudi qu'il avait fait procéder dans la journée à l'interpellation et à l'expulsion en urgence d'un "imam islamiste radical" égyptien, Ali Ibrahim el-Soudany, qui a été renvoyé dans son pays.
Dans un communiqué, M. Hortefeux précise que "cet individu dangereux (...) se livrait depuis plusieurs mois, dans des mosquées de Seine-Saint-Denis, à des prêches appelant à la lutte contre l'Occident, méprisant les valeurs de notre société et incitant à la violence".
Le locataire de la place Beauvau note que si "la République respecte la liberté religieuse", "les prêcheurs de haine, qui n'ont rien à voir avec la liberté religieuse, n'ont pas leur place sur notre territoire".
Le ministère précise que depuis 2001, ce sont ainsi 129 islamistes jugés radicaux - dont 29 imams ou prédicateurs - qui ont été expulsés de France.
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Le Point.fr
Brice Hortefeux a fait procéder à "l'expulsion en urgence d'un imam
islamiste radical, Ali Ibrahim El Soudany", a-t-il fait savoir jeudi
soir dans un communiqué. L'homme, de nationalité égyptienne, qui
prêchait dans des mosquées de Saint-Denis, en région parisienne, a été
renvoyé dans son pays d'origine, précise le ministre de l'Intérieur,
confirmant une information du figaro.fr.
Ali Ibrahim El Soudany, né en Égypte en 1973, officiait dans plusieurs
mosquées de l'Est parisien, principalement à Pantin ou à Montreuil
(Seine-Saint-Denis), mais aussi dans certaines autres de la capitale,
notamment dans les XVIIIe et XIXe arrondissements. Ses prêches
constituaient "une apologie du Djihad", selon des sources proches du
dossier, et étaient "assez durs", ont-elles ajouté. Il faisait l'objet
d'une surveillance particulière depuis 2008.
"Les services spécialisés avaient identifié cet
individu dangereux qui se livrait depuis plusieurs mois, dans des
mosquées de Seine-Saint-Denis, à des prêches appelant à la lutte contre
l'Occident, méprisant les valeurs de notre société et incitant à la
violence", détaille le communiqué. Cette expulsion fait suite au
renforcement des mesures de sécurité prises en France, en particulier
dans les aéroports, après l'attentat manqué d'un islamiste nigérian
dans un avion à destination des États-Unis, le 25 décembre dernier.
Mais le procédé n'est pas nouveau : selon le ministre de l'Intérieur,
ce sont "129 islamistes radicaux - dont 29 imams ou prédicateurs - qui
ont été expulsés du territoire national depuis 2001".
La burqa n'est pas une pratique musulmane
Le savant indien de l'islam Maulana Wahiduddin Khan :
la burqa n'est pas
une pratique musulmane mais
une pratique culturelle
Dans l'Etat de Karnataka au sud de l'Inde, l'Institut d'études supérieures Sri Venkatarama Swamy (SVS) de Bantwal et l'Institut d'études supérieures gouvernemental du district d'Appanagri ont interdit le port du foulard islamique et de la burqa sur le campus, selon un quotidien en ourdou.
L'institut gouvernemental a empêché 50 filles musulmanes vêtues de la burqa d'assister aux cours, tandis que le SVS a empêché une étudiante de 19 ans en section commerciale d'assister aux cours tant qu'elle ne se serait pas conformée au règlement de l'institut : à savoir, ne pas afficher d'identité religieuse, dans son cas en portant le foulard.
Ci-dessous un échantillon des réactions à ces interdictions : [1]
Le savant de l'islam Maulana Wahiduddin Khan : "Si le règlement d'un institut d'études supérieures impose aux filles de ne pas porter de burqa ou de foulard, celles-ci doivent le respecter."
L'éminent savant musulman indien Maulana Wahiduddin Khan (ci-dessus), qui a écrit plus de 200 livres sur l'islam, a déclaré: "La burqa ne fait pas partie de l'islam mais de la culture, cette culture qui est celle du peuple du sous-continent depuis des siècles. Personne ne peut imposer un code vestimentaire au nom de l'islam. C'est catégoriquement non islamique."
Il a ajouté : "Si le règlement d´un institut d'études supérieures impose aux filles de ne pas porter de burqa ou de foulard, celles-ci doivent le respecter. Celles qui ne sont pas d´accord quitteront l'Institut".
L'érudite musulmane Fareeda Khan: "La burqa est devenue un symbole de rigidité et n´a rien à voir avec l'islam."
Fareeda Khan, une érudite musulmane qui enseigne à l'Université Jamia Millia Islamia de New Delhi, s'est faite écho de Maulana Wahiduddin Khan, déclarant : "La burqa est devenue un symbole de rigidité et n´a rien à voir avec l´islam."
Elle a ajouté : "Il faut bien reconnaître que le port la burqa, qui fait partie de la culture du sous-continent, a été détourné pour commettre des attentats-suicide. Pourquoi ne pas éviter la burqa ? La burqa ne fait partie d'aucun code vestimentaire islamique .... Je suggère aussi à mes étudiantes ne pas porter la burqa à l'université. "
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[1] www.theindian.com, Inde, 20 août 2009 ; Roznama Rashtriya Sahara, Inde, 19 août 2009.
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MEMRI Middle East Media Research Institut
Dépêche spéciale n° 2522
burqa en France
France : un député pose la question
du port de la burqa
Le 17/06/2009 : Proposition de résolution n° 1725 de André Gerin
pour une commission d'enquête sur le port de la burqa
|
apartheid mortuaire pour musulmans ?

il veut un cimetière musulman
De plus en plus de musulmans veulent se faire enterrer en France dans un cimetière islamique, ce qu’interdit la loi. Une association vient pourtant d’en faire la demande.
L’initiative est unique en France, et risque de froisser les
défenseurs de la laïcité. Une association de musulmans de Limoges
recherche activement, et ce depuis plusieurs mois, un terrain dans la
Haute-Vienne qui permettrait d’accueillir un cimetière uniquement
réservé aux musulmans. Les membres de l’AMLF (Association des musulmans
de Limoges pour la fraternité) savent bien que la loi française
interdit les cimetières confessionnels et n’autorise que les carrés à
l’intérieur des cimetières communaux. Mais le
président Fethi Belabdelli compte bien trouver un moyen légal pour le
créer. «Nous espérons que notre démarche aboutira un jour».
«Nous ne voulons pas provoquer qui que ce soit»
En attendant, l’association démarche des communes du département. Elle
a même fini par trouver un terrain à Mézières-sur-Issoire. «Il
appartenait à un particulier, mais j’ai expliqué à la personne qui
était venue me voir qu’une déviation du bourg allait être construite à
cet endroit. La transaction n’a donc pas pu être menée», se rappelle
le maire de Mézières, Pascal Godrie.
À Limoges, la place ne manque pourtant pas au carré musulman du cimetière de Louyat. Mais les anciens, comme Mohamed Anfouh, refusent d’y être enterrés. «J’habite Limoges, mes enfants et petits enfants vivent en France. J’aimerais reposer ici, mais sur un terrain réservé aux musulmans», martèle cet homme de 62 ans.
«Beaucoup d’anciens ne veulent pas être enterrés aux côtés des juifs, des chrétiens, et encore moins des athées», explique le secrétaire de l’AMLF, Mohamed Ouladmoussa. Au début du mois, les positions radicales de cette association lui avaient déjà valu de cinglantes critiques de la part de Ni putes ni soumises ou SOS Racisme, qui l’avaient taxée de sexisme et d’antisémitisme.
Fethi Belabdelli les balaie d’un revers de
main : «Pour nous, la laïcité, c’est respecter les religions, pas les
rejeter. Nous ne voulons pas provoquer qui que ce soit. Nous répondons
seulement à une demande toujours plus croissante de la part des
anciens. Leur vie est ici, en France, et ils sont de plus en plus
nombreux à ne pas vouloir être enterrés au bled, mais sur le territoire
français, dans des cimetières musulmans».
Franck Lagier, Le Parisien, 30 mai 2009
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la conception laïque

carré militaire du cimetière de La Horgne (source)

carré militaire du cimetière de La Horgne (source)
"les porcs descendent des juifs" selon un cheikh d'al-Azhar
un responsable du ministère égyptien
des cultes explique :
les porcs d'aujourd'hui descendent
des Juifs et doivent être abattus
MEMRI - Middle East Media Research Institute
dépêche spéciale n° 2359
Selon un rapport datant du 9 mai 2009, paru sur le site jordanien en arabe www.factjo.com,
l'inspecteur des affaires relatives à la Dawa au ministère égyptien des
cultes, le cheikh Ahmad Ali Othman, a émis une fatwa établissant que
tous les porcs d´aujourd´hui descendent des Juifs et doivent donc être
abattus. Extraits :
"L'une
des actions de Jésus quand il reviendra sur terre au Jour du Jugement
sera de tuer tous les porcs, et c´est là la preuve qu'ils descendent
des Juifs"
Selon
le site, le cheikh Othman établit dans sa fatwa que tous les porcs
descendent des Juifs, qu'Allah a transformés en singes, en porcs, et en
adorateurs de Satan, et doivent donc être abattus. Il se base sur le
Coran (5:60) : "Dois-je vous indiquer quelque chose de pire que cela,
[à en juger par] le traitement administré par Allah ? Ceux qui se sont
attirés la malédiction d'Allah et Sa colère, dont certains ont été
transformés par Lui en singes et en porcs, ceux qui ont adoré Satan –
ceux-là sont pires en rang et bien plus égarés du droit chemin !"
Le
rapport établit : "Othman affirme que ce verset [fait référence] au
peuple de Moïse, et que [les commentateurs musulmans] Ibn Kathir,
Al-Tabari et Al-Qassimi en apportent les preuves dans leurs ouvrages.
Il note [en outre] qu'il existe deux écoles de pensée parmi les
commentateurs coraniques : une opinion veut que les Juifs qui ont été
transformés en porcs par Allah soient morts sans se multiplier, tandis
que l´autre opinion stipule qu´ils se sont multipliés et que leurs
descendants sont encore en vie aujourd'hui.
Appuyant
[cette dernière hypothèse], le cheikh cite des hadiths dans lesquels le
Prophète décrit l'un des signes annonciateurs de Jour du Jugement : les
Juifs se transformeront en porcs pour être ensuite avalés par la terre."
Le rapport cite Othman en ces termes : "Je tends personnellement à croire que les porcs en vie aujourd´hui descendent de ces Juifs, et c´est pourquoi Allah nous en a interdit la consommation en ces termes : ´Seront pour vous interdits [à la consommation] les charognes, le sang et la chair du porc [Coran 5:3].´ En outre, l'une des actions de Jésus quand il reviendra sur terre au Jour du Jugement sera de tuer tous les porcs, et c´est là la preuve qu´ils descendent des Juifs. Tous les porcs de la Terre seront détruits par Jésus au Jour du Jugement."
Ali Abu Al-Hassan, chef du Comité de la fatwa d'Al-Azhar, qualifie les déclarations d'Othman d'inexactes
Othman dit aussi que "celui qui consomme du porc est comme celui qui consomme le pain d'un homme impur" et que "les religions divines [en référence au judaïsme et au christianisme], dans leur forme originelle, interdisent la consommation de porc."
D'après le rapport, Othman estime que sa fatwa bénéficie de l'appui de certains grands cheikhs d´Al-Azhar, qui craignent toutefois d´exprimer leur opinion en public. Othman est cité en ces termes : "J'ai présenté ma fatwa à l'académie [d´Al-Azhar] de recherche islamique, afin d´obtenir un avis clair, mais je n'ai pas encore reçu de réponse [officielle]. C'est parce qu'[Al-Azhar] craint d'émettre une telle fatwa, qui pourrait valoir aux oulémas des accusations d'antisémitisme."
Le rapport présente en outre la réaction du cheikh Ali Abu Al-Hassan, chef du Comité de la fatwa d´Al-Azhar. Ce dernier qualifie les déclarations d´Othman d'"inexactes", précisant : "Quand Allah punit un groupe de personnes parce qu'elles ont éveillé sa colère, le châtiment ne s´applique qu'à elles [et à nul autre]. Quand Allah se fâcha contre le peuple de Moïse, il les transforma en singes et en porcs. Ce fut un châtiment inhabituel, devant s'avérer dissuasif pour les autres. Mais [ces singes et porcs] ont péri et ne se sont pas multipliés, comme le prétend Cheikh Ahmad ´Ali Othman."
Les islamistes ont pris le contrôle de la vie des musulmans d’Occident
des auteurs progressistes du Golfe persique :
les groupes musulmans d’Europe
exploitent l’ouverture d’esprit des Européens
Dépêche spéciale n° 2309 Memri
Deux récents articles parus dans la presse du Golfe évoquent l´attitude des musulmans européens à l’égard de l’Occident. Le 2 décembre 2008, Dhiya Al-Mousawi, un religieux chiite libéral de Bahreïn, publie dans Awan, quotidien libéral koweïtien, un article sur les attentats de Bombay dont certains des auteurs étaient des musulmans naturalisés britanniques. Le deuxième article, de Khalil ’Ali Haidar, journaliste progressiste koweïtien, a été publié le 5 octobre 2008 dans Al-’Ittihad, quotidien des Emirats arabes unis.
Ces deux auteurs critiquent les groupes musulmans d’Europe pour le mal qu’ils font à l’Occident tout en profitant de ses libertés et services. Haidar évoque un problème général, critiquant tous les mouvements et partis islamiques d’Europe, accusés d´encourager l’extrémisme islamique et de contrôler la vie des musulmans européens. Au lieu de chercher à réduire l’écart entre l’Orient et l’Occident, ils ont délibérément favorisé l´isolement, le repli et, à terme, le terrorisme djihadiste contre l’Occident, estime-t-il.
Voici quelques extraits des articles de Al-Mousawi et Haidar :
Les musulmans européens crachent dans le puit d'où ils puisent leur eau
Dans un article intitulé «Quand le terroriste est britannique de naissance», Al-Mousawi écrit : « ..Il est triste que, dans les pays occidentaux, il y ait des milliers de musulmans qui obtiennent la citoyenneté pour eux-mêmes et leurs familles après avoir été expulsés de leur pays d’origine. [L’Occident] leur accorde l’asile et leur fournit le toit, du travail et l’assurance santé - [et pourtant] ce sont les premiers à se retourner contre leur nouvelle patrie. Pire, certains n’ont aucune problème à commettre un attentat suicide sur la place publique, au sein même des pays qui leur ont accordé leur protection, à eux et à leurs familles … Il est curieux de voir certains imams maudire et insulter l’Occident dans les prêches qu’ils font dans des [mosquées] occidentales, et appeler de leurs vœux la destruction des pays [occidentaux], alors même qu’ils sont placés sous la protection de la police de ces pays...» [1]
Les islamistes ont pris le contrôle de la vie des musulmans d’Occident
Dans la même veine, Al-Haidar écrit : «Le problème de l’Europe et des États-Unis, ce ne sont ni les Arabes ni les musulmans. Ce sont les islamistes, partis ou groupes, qui ont pris le contrôle de la vie politique, religieuse, sociale et culturelle, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des pays islamiques et arabes. [Ces partis et groupes] exercent une influence sur les minorités musulmanes des pays occidentaux... Leur action a consisté à imposer des restrictions à la première génération [d’immigrants], à endoctriner la deuxième génération et à excommunier des syndicats, des organisations et des mosquées.
Depuis de nombreuses années - en fait, depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale -, les pays occidentaux accueillent des Arabes et des musulmans et [leur] laissent une très grande liberté de prêche et marge de manoeuvre. Ils les ont traités avec une extraordinaire bienveillance. Avec le temps, les musulmans se sont renforcés et ils ont resserré leur emprise sur le cœur même de ces sociétés.
La présence d’islamistes [dans les pays européens], avec tous leurs différents partis, groupes et écoles de pensée, a constitué un banc d’essai des relations entre la minorité musulmane, placée sous l’influence de l’endoctrinement [des différents] partis, et ces sociétés démocratiques. Depuis de nombreuses années, les islamistes et tout particulièrement les Frères musulmans, se plaignent des [politiques] oppressives des régimes arabes, du gel des libertés, de la surveillance, etc.
Les écrits de [Abu A’la] Al-Mawdoudi, [2] [initialement publiés en langue urdu], sont de plus en plus populaires dans le monde arabe, corrompant la jeunesse et faussant sa vision du monde. [Al-Mawdoudi] a proclamé à la face du monde, et tout particulièrement à l'attention de [ses] adversaires européens libéraux, l’avènement d’un nouvel ordre social qui serait en tout point supérieur à la démocratie occidentale - qu’il s’agisse de liberté, de souplesse, de tolérance religieuse, etc. - et qui serait mis en place sous la conduite d’une jeunesse musulmane non contaminée par la saleté de la civilisation occidentale et ses [valeurs] matérialistes.»
Les islamistes ont favorisé la marginalisation et le terrorisme
«L’idéologie des Frères musulmans, du parti Al-Tahrir, [3] et d’autres groupes islamiques égyptiens, pakistanais et autres, a propulsé les Arabes et les musulmans d’Europe dans l’obscurité et la confusion. Avec leurs livres, leurs films et leurs idées séparatistes extrémistes, ils ont ouvert la voie à la prolifération de différentes formes d’extrémisme et, de là, au terrorisme déclaré.
Les attaques incessantes contre la civilisation occidentale, contre les lois humaines et les études orientales, ainsi que contre [ce qu’ils considèrent comme] une invasion culturelle et des complots de l'Occident - ont rendu difficile pour [les musulmans] l’intégration au nouvel environnement vers lequel ils ont émigré tout en le haïssant. [Pourtant, son intégration], au moins en ce qui concerne ses intérêts matériels ou les objectifs de son parti [n’a jamais été entravée].»
Aucune culture du renouveau et de l’innovation
«Le mouvement islamique n’a pas adopté l’idée de renouveau et d’innovation ; il n´a pas su voir le côté positif de la société occidentale ou étudier la littérature, la culture et l’art occidentaux afin de se créer un modèle moderne de culture, de littérature et d’art associant des [éléments] occidentaux et islamiques. Même les leaders des Frères musulmans, et d’autres qui sont fiers de la civilisation islamique et se proclament héritiers des civilisations de Bagdad et d’Andalousie - [même ceux-là], au cours du demi-siècle [qu´a duré leur séjour] à Paris, à Londres ou en Allemagne, n’ont pas produit [la moindre] idée nouvelle, et encore moins des [créations] artistiques ou culturelles notables...
Il est vrai qu’ils ont créé des maisons d’édition visant à diffuser les livres et publications de leurs partis ; ils n’ont jamais cessé de perfectionner leurs armes médiatiques que sont la presse, la télévision et d’autres supports ; ils ont développé leurs propres banques et institutions financières [en précisant qu’elles sont] ‘islamiques : pas d’intérêts’ ; ils ont créé des écoles privées, qui n’ont servi qu’à isoler davantage les petits musulmans de leur environnement européen, et ils ont ainsi renforcé le contrôle des partis islamiques sur leur [vie] - et ce n’est là qu’une liste partielle. Mais ce qu’ils n’ont pas fait, c’est agir pour créer un pont entre l’Orient et l’Occident comme l’ont fait, par exemple, les poètes de la diaspora [musulmane]. Ils n’ont jamais non plus cherché à semer les graines de la modernisation, de la démocratie et de la créativité - culturelle, artistique et littéraire - dans les mondes arabe et islamique.
La plupart des articles sur [les musulmans d’Europe], que les médias publient avec beaucoup d’enthousiasme, portent sur les querelles entre mosquées, les crimes d’honneur familiaux, ou le discours religieux extrémiste. Pas une seule de leurs associations n’a jamais patronné le moindre programme culturel utile, et aucun de leurs partis n’a jamais traduit une encyclopédie ou organisé un groupe d’étude s’intéressant à un aspect donné de la culture, de l’éducation ou des liens entre l’Orient et l’Occident. Aucun de ces cercles n’a jamais non plus investi le moindre effort [dans un projet] - pas même pour reconsidérer les écrits des partis islamiques et les moderniser en en supprimant les idées extrémistes et l’idéologie des accusations d’hérésie.»
Abus de tolérance
«La tolérance des Occidentaux envers les musulmans en Europe et aux États-Unis pour ce qui est de la liberté religieuse en général, et leur respect des conversions à l’islam, notamment de la part de juifs et de chrétiens, n’ont servi de modèle à aucun parti islamique : ils n’ont pas appris la tolérance religieuse ; ils n´ont pas été poussés à reconnaître que le choix de la religion est une affaire personnelle ; ils n’ont pas non plus été incités à protéger les non-musulmans dans le monde arabo-islamique. Au contraire, ils sont devenus de plus en plus agressifs, parce qu’ils ont compris que l’Occident cédait à leurs exigences et les traitait avec tolérance. Ils ont donc gagné du terrain et de la popularité, tandis que leur arrogance ne connaissait plus de limites...
La littérature, les publications et les sermons des islamistes, même en plein cœur de l’Europe, conservent pour l’essentiel la structure conceptuelle des anciens écrits [musulmans], puisqu’ils continuent à considérer tous les apports de la civilisation comme des déchets, toutes les prodigieuses innovations technologiques comme des avancées purement matérielles, et la vie et les valeurs de l’Occident comme décadentes et dégradantes.»
Le lien à la violence et au terrorisme
«On a souvent dit que les groupes islamiques modérés n’ont rien à voir avec la violence et le terrorisme. Mais c’est une illusion. Toutes les idées des groupes terroristes cadrent avec l’idéologie des Frères musulmans, du [parti] Al-Tahrir, de Al-Jama’a Al-Islamiyya au Pakistan, et d’autres encore. Des concepts comme l’idolâtrie, la loi de Dieu, l’instauration de la charia et d’autres encore, qui ont acquis de nouvelles connotations fondamentalistes liées aux nouveaux partis dirigeants, n’ont pas été inventés par Al-Qaida ou le Fath Al-Islam. Les notions d’isolement cognitif, d’invalidité des lois humaines et du service de Dieu, la dévalorisation des valeurs de patrie et de citoyenneté ainsi que toutes les facettes du réalisme politique, ou encore les proclamations telle la devise des Frères musulmans ‘la mort pour Allah est notre plus haute aspiration’ et beaucoup d’autres - tout cela n’a pas été inventé par Al-Zarqawi, ben Laden, ou [Sheikh Abu Muhammad] Al-Maqdisi…
Que peut-on attendre d’un jeune qui se trouve confronté à l’idée [suivante, que l’on trouve] dans un livre fréquemment étudié par les Frères musulmans : ‘Nous vivons aujourd’hui dans une jahiliya [l’ère pré-islamique du culte des idoles], similaire à l’idolâtrie du temps de [Mahomet], et même pire. Nous sommes entourés par l’idolâtrie. Les réalisations et les croyances des hommes, les traditions et coutumes des peuples, leurs sources traditionnelles, leurs arts et leur littérature, leurs lois et règlements, et même la plupart de ce que nous considérons comme des aspects de la culture islamique, les autorités islamiques, la pensée et la philosophie islamiques - toutes ces choses sont des produits de l’idolâtrie.
Il ne s’agit là que d’un passage du livre de Sayyed Qutb, Jalons. Ce livre a été traduit dans toutes les langues des pays islamiques : turc, perse, urdu, malais, indonésien, et d’autres encore, comme des centaines d’autres livres des Frères musulmans. Ces livres endoctrinent des milliers de jeunes du monde musulman et attirent [beaucoup d’entre eux] vers des organisations terroristes extrémistes.
Ce passage, qui est lu [et relu] par les islamistes depuis plus de 40 ans, n’est-il pas la principale raison du sentiment croissant de marginalisation des musulmans de leur propre société et de la société européenne, américaine ou australienne vers laquelle ils ont émigré ?
Il ne fait aucun doute que ce sont ces idées, ces textes et ces doctrines - dont certains [nous] paraissent ‘modérés’ et sans danger, [une fois] qu’ils ont empoisonné notre âme - qui ont façonné les idées de beaucoup de musulmans, hommes et femmes, à travers le monde, et ont fait naître une génération de terroristes djihadistes.
C’est ce [phénomène] qui a précipité la rupture entre les islamistes et les sociétés occidentales en Amérique et en Europe. » [4]
Notes
[1] Awan (Koweït), 2 décembre 2008.
[2] Sayyid Abul A’la Mawdoudi (1903-1979)(1903-09-25), également connu sous les noms de Mawlana (Maulana) ou du cheikh Sayyid Abul A’la Mawdudi, était un journaliste, théologien et philosophe politique sunnite pakistanais, et un penseur islamiste majeur. C’était également un personnage politique dans sa patrie du Pakistan, où il a fondé le parti revivaliste Jamaat-e-Islami.
[3] Hizb Al-Tahrir (Parti de la libération) est un groupe islamique radical dont l’objectif est de rallier les musulmans en appelant à l’instauration d’un nouveau califat.
[4] Al-Ittihad (Emirats arabes unis), 5 octobre 2008.
un livre d'Abdennour Bidar, professeur de philosophie
l'islam sans soumission
Abdennour BIDAR
quatrième de couverture
Des siècles de traditions idéologiques ont enfermé l'islam,
l'assimilant à la seule soumission à un Dieu dont les hommes ne
seraient que les serviteurs - créatures supérieures aux autres, certes,
mais dénuées de tout libre arbitre.
Et si l'islam était au contraire la chance pour l'humain de naître à sa pleine souveraineté, en tant qu'héritier d'un véritable pouvoir divin ? Si être musulman ne signifiait pas se soumettre éternellement mais au contraire se conduire en " immortel " et assumer en soi cette part de transcendance ? Abdennour Bidar, après avoir fondé son concept de self-islam, nous offre ici une manière radicalement moderne de lire le texte coranique et a l'audace d'édifier un nouvel existentialisme, non plus athée ni chrétien, mais pleinement musulman.
Ce sont ainsi des contrées
jamais explorées que défriche pas à pas le philosophe, porté par un
souffle inédit : l'espoir que l'islam puisse s'ouvrir à de nouveaux
horizons.
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- le blog d'Abdennour Bidar
Islam : réponse à Robert Redeker
Islam : réponse à Robert Redeker
Leïla BABÈS
Invité dans l’émission de France 2 "On n’est pas couché" du 17 mai, vous avez reproduit, à peu de chose près, le contenu de l’article publié par le Figaro (19 septembre 2006) et qui vous avait valu une condamnation à mort sur Internet. À l’époque des faits, le choc produit par les menaces qui pesaient sur vous, et l’urgence de la mobilisation contre cette atteinte à la liberté d’expression, me paraissaient plus importants qu’une réponse dont, de surcroît, je n’aurais souhaité pour rien au monde qu’elle fût interprétée par vos détracteurs comme un témoignage à charge. C’est pourquoi je m’étais bornée à intervenir sur votre site pour expliquer en quelques mots les raisons de mon soutien, et mon désaccord avec le contenu de votre brûlot.
Il est temps à présent que l’on ouvre le débat, moins pour vous répondre que pour poser les questions qui font cruellement défaut dans le tissu de poncifs qui vous tient lieu d’analyse. À commencer par l’idée que les «musulmans modérés» ne vous ont pas assez soutenu. Voilà bien un qualificatif insultant, consacré par toute une vulgate médiatique qui s’interroge régulièrement sur le silence des «modérés», cette poignée de musulmans noyés dans le milliard d’extrémistes, tout juste assez civilisés pour être capables de répondre sans chercher à exterminer l’autre. J’en ai plus qu’assez d’entendre cette rengaine, lorsque ceux-là mêmes qui n’invitent que des prédicateurs islamistes, au mépris de tous les autres courants de l’islam, s’étonnent de ne pas nous entendre.
Lorsque j’ai signé la pétition de soutien, je ne l’ai pas fait en tant que musulmane «modérée», mais en tant que citoyenne convaincue qu’aucune critique, fût-elle blasphématoire - pour parler comme ceux qui instrumentalisent les religions pour nous intimider -, malhonnête ou ignorante, ne mérite de valoir à son auteur une condamnation. La critique radicale de l’islam - et pas seulement de l’islamisme - est un exercice auquel je me livre périodiquement dans mes chroniques à Médi1, radio franco-marocaine écoutée par des millions de Maghrébins. Vous voyez, je n’ai rien d’une «modérée».
Si au lieu de vous contenter de lancer des stéréotypes du genre «christianisme = religion de l’amour, islam = religion de la haine», vous aviez sérieusement soumis votre objet de détestation à la critique rationnelle dont vous vous piquez en vous comparant à Voltaire, vous auriez peut-être évité de comparer le prophète de l’islam à Hitler. Ce qui, au-delà de toute considération religieuse, est une niaiserie et un non-sens épistémologique surprenant de votre part.
Mais vous avez décidé que l’islamisme est définitivement l’islam, comme le prouve votre article qui porte en son titre le premier terme alors que l’ensemble du texte ne parle que du second. Vous me pardonnerez d’ajouter que les islamistes sont décidément bien bêtes de condamner quelqu’un qui apporte de l’eau à leur moulin. Bien entendu, vous avez raison de dénoncer le chantage à l’islamophobie, la ségrégation des sexes et le soutien apporté par des courants gauchistes aux islamistes, qu’ils considèrent comme les nouveaux damnés de la terre.
Le problème est que vous rabattez tous ces faits sur une vision essentialiste et culturaliste de l’islam, que vous désignez comme l’ennemi de la civilisation. Vous pouvez bien vous défendre d’attaquer les musulmans, vous ne faites pas autre chose lorsque vous les comparez aux adeptes de Hitler qui suivent leur chef (Mahomet). Lorsque vous parlez de l’islam qui «tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme», vous me paraissez hélas plus proche de Geert Wilders et d’Oriana Fallaci que de Voltaire, et certainement pas de l’islamologue Maxime Rodinson que vous citez dans votre article pour étayer votre maigre savoir sur l’islam.
Vous vous essayez au comparatisme dans une vision binaire séparant le christianisme, sécularisé, qui fait toujours passer l’autre avant lui, de l’islam, qui «tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des mœurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence». Le seul constat qui s’impose face à un tel concentré d’inexactitudes qui mêle théologie, préjugés et événements contemporains, de cette lecture grossière du choc des civilisations, est que l’historicité est le moindre de vos soucis. C’est oublier (ou ignorer ?) que la sécularisation s’est d’abord construite contre la religion, qu’elle a soumise à n’être rien d’autre qu’une confession. Vous dites que «le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.»
Le problème est qu’au lieu d’ouvrir un débat serein sur la question de la violence dans l’islam, vous ne faites qu’opposer les deux religions, et ça, c’est violent. Il est dommage que les quelques vérités que vous rappelez là soient submergées par une vision caricaturale des choses. Un exemple : la figure d’amour et de non-violence de Jésus, non pas celle des Evangiles, mais celle du Coran où il est présenté comme le seul prophète exempt de péché (à part Marie), né du souffle de Dieu. Force est d’admettre qu’à l’exception des courants soufis, la tradition musulmane a escamoté la dimension d’amour de Jésus pour ne retenir de lui que l’image d’un prophète important certes, mais un prophète parmi d’autres, ce qui est loin de correspondre à la place et au statut exceptionnels que le Coran confère au «Fils de Marie».
La question n’est pas d’opposer à votre schéma comparatiste l’argument naïf et contre-productif de ceux des musulmans qui s’indignent en répondant que non, l’islam est une religion de paix et de fraternité et qu’il est détourné de son sens profond par les méchants islamistes, mais de s’interroger sur les causes profondes de la violence, y compris en l’articulant, comme l’a fait Benoît XVI, à la foi. Vous écrivez : «Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran». Là, vous dites des sottises, M. Redeker. Ce qui habite les islamistes, ce n’est pas le Coran, qui ne leur sert que de source pour légitimer leurs actes, mais la prédication sauvage qui s’est développée à partir du début du XXe siècle. Je sais de quoi je parle, je descends d’une lignée de théologiens.
Vous avez pris soin, pour expliquer les causes profondes de la violence actuelle, de ne citer que les épisodes les plus troublants de la conscience musulmane, à commencer par le massacre de la tribu juive de Médine, les Qurayza. Nous ne savons que peu de chose de cet épisode inouï, et les raisons d’un tel massacre nous échappent. D’autres que moi vous l’ont certainement dit, si le texte coranique contient des versets de violence, il en contient d’autres qui contredisent cette orientation, comme c’est le cas pour la Bible. La vraie question aujourd’hui est là : que faire pour empêcher que l’on se serve des sources qui légitiment la violence ? Quels sont les instruments théologiques et politiques qui permettront d’élaborer une charte de paix et de compromis avec l’autre ?
Ce qui empêche tout aggiornamento, ce n’est pas «la haine qui fonde l’islam dans ses origines», ce sont les despotes qui instrumentalisent la religion comme source de légitimation et comme moyen de censure et de répression de toute velléité d’expression libre et de démocratisation ; ce sont des clergés qui puisent dans les lois les plus régressives - y compris en en détournant le sens - pour perpétuer leur pouvoir ; ce sont, enfin, les islamistes qui entendent faire de la loi religieuse l’unique source de leur projet totalitaire.
Ce qui manque, c’est le courage politique de décréter qu’il est interdit à quiconque de recourir aux textes religieux pour justifier la violence, de couper l’herbe sous le pied des terroristes et de tous les islamistes qui les soutiennent en les privant de toute légitimité religieuse. Il est urgent de constituer un comité de sages composé de dirigeants politiques et d’hommes et de femmes de bonne volonté pour établir ce consensus. C’est seulement dans ces conditions, en isolant les sources qui posent problème, en les protégeant même, qu’il sera possible d’entreprendre la réforme tant attendue.
Leïla Babès
Libération, "rebonds", 29 mai 2008
- Leïla Babès professeure de sociologie des religions à l’université catholique de Lille
- dernier ouvrage paru : Le voile démystifié, Bayard, 2004.
La justice italienne absout la charia en famille (journal Libération)
La justice italienne absout la charia
en famille
Un père musulman acquitté malgré les violences infligées à sa fille Fatima
Eric JOZSEF
Libération, vendredi 10 août 2007
Les coups portés à Fatima, les mauvais traitements, la séquestration ? «Prouvés» reconnaît la Cour de cassation. Les juges italiens ont pourtant acquitté en fin de semaine dernière ses parents et son frère, d’origine maghrébine, provoquant un vif émoi dans la péninsule et relançant les polémiques sur la politique d’intégration du pays.
Déjà l’an passé, le
meurtre d’une jeune Pakistanaise de Brescia, Hina Saleem, égorgée par
son père parce qu’il ne tolérait plus son mode de vie «à
l’occidentale», avait provoqué une forte indignation et une vague
d’interrogations. Cette fois, l’affaire apparaît encore plus
déconcertante. Car ce sont des magistrats qui ont estimé que les
sévices subis par la jeune femme étaient en substance «pour son bien»
et que ses parents souhaitaient, en toute bonne foi, la punir
«pour son style de vie non conforme à leur culture».
Le cas de Fatima R.,
une adolescente musulmane de Bologne, avait été porté en 2003 devant le
tribunal local. En première instance, ses parents avaient été condamnés
pour séquestration et mauvais traitements. Avant que la cour d’appel ne
renverse le jugement en
septembre 2006. La semaine dernière, la Cour de
cassation [ci-contre] a confirmé l’absolution. Les juges ont en effet considéré que
la jeune fille avait été frappée «non pour des motifs vexatoires ou par mépris». Qui plus est, a estimé la cour, les violences n’étaient pas habituelles : son père ne l’aurait frappée
«qu’à trois reprises durant toute sa vie», de surcroît au motif
«que les comportements de la fille avaient été jugés incorrects».
«Automutilation». Le procureur de Bologne qui avait
déposé un recours contre l’acquittement en appel a rappelé que Fatima
avait été séquestrée et attachée à une chaise, «puis libérée uniquement pour être brutalement battue par ses
parents, qui voulaient la punir de sa fréquentation avec un ami et plus
généralement pour son style de vie».
En vain. La Cour de cassation a jugé qu’aucun délit ne peut être relevé étant donné
«qu’au cours des débats, il est apparu avec certitude que la jeune
fille était terrorisée face aux possibles réactions de ses parents.
Elle ne s’était pas rendue à son travail préférant retrouver un homme
et avait en conséquence menacée de se suicider.» En clair, les
juges ont conclu que son père, sa mère et son frère avaient été
contraints de l’attacher pour éviter que l’adolescente ne commette des «actes d’automutilation».
«C’est une honte, s’insurge Souad Sbai [ci-contre], présidente de
l’Association des femmes marocaines en Italie,
c’est une décision digne d’un pays arabe où serait en vigueur la
charia. Au nom du multiculturalisme et du respect des traditions, les
juges appliquent deux types de règles, l’une pour les Italiens, l’autre
pour les immigrés. Un père catholique, qui se serait comporté de la
sorte, aurait été durement condamné.»
Dans la classe
politique aussi, la décision de la Cour de cassation a suscité désarroi
et incompréhension. La ministre (centre gauche) pour l’Egalité des
droits, Barbara Pollastrini, s’est déclarée «blessée» par la sentence et a admis
«qu’il est urgent d’affronter la question de la tutelle et des
droits de très nombreuses immigrées dans notre pays. Une adoption
rapide de la loi contre la violence sur les femmes est nécessaire.» «Doit-on attendre que dix femmes soient lapidées sur la place publique pour que la politique se mobilise ?»
s’est exclamée la parlementaire de droite, Daniela Santanché, qui
vit depuis deux ans sous escorte après avoir été durement attaquée par
un imam milanais, qui l’avait traitée «d’ignorante» pour ses positions en faveur de l’interdiction du voile islamique sur le modèle de la loi française.
«Le verdict de la cassation légitime des systèmes éducatifs qui
n’ont rien à voir avec notre culture et qui ne s’insèrent pas dans
notre cadre institutionnel», a pour sa part expliqué la vice-présidente des parlementaires Verts, Luana Zanella.
Alors que l’Italie a connu tardivement le phénomène de l’immigration, «on constate une tolérance excessive envers certains comportements», estime néanmoins Souad Sbai, «à droite et encore plus à gauche, très souvent c’est le politically correct qui prévaut. Il faut faire respecter la loi italienne», insiste-t-elle. «Surtout en défense des femmes, investir de l’argent pour l’intégration des parents qui sont souvent illettrés, renforcer les centres d’accueil des femmes victimes de violences.» Le nombre de jeunes musulmanes battues par leurs parents parce qu’elles adoptent le mode de vie occidental et fréquentent des Italiens serait en forte augmentation. Le procès à l’encontre du père d’Hina Saleem, qui «ne voulait pas qu’elle devienne comme les autres», débutera en septembre. Mais selon l’Association des femmes marocaines, ce ne sont pas moins de neuf musulmanes qui auraient été retrouvées mortes en Italie, au cours de la dernière année, victimes des brutalités de leurs proches. Le problème est d’autant plus brûlant que certains responsables politiques soufflent sur les braises.
Fanatiques. Depuis des années, des parlementaires
xénophobes de la Ligue du Nord mènent en particulier une croisade
contre l’immigration musulmane. Lundi soir, devant la mosquée de
Segrate, dans la banlieue de Milan, la voiture d’un imam a été
incendiée par un cocktail Molotov. «C’est un épisode qui couronne les attaques que nous subissons depuis longtemps», a commenté l’imam modéré et président du centre islamique de Milan, Abu Shwaima.
«On veut faire croire que toutes les mosquées sont des repaires de terroristes».
Les risques de dérapage se multiplient. En juin, une jeune militante
musulmane, Dounia Ettaib, a été agressée par deux fanatiques parce
qu’elle manifestait en hommage à Hina Saleem.
Plus généralement,
l’Association des femmes marocaines dénonce le nombre de plus en plus
important de jeunes filles contraintes, «dès l’âge de 8 ou 12 ans», de porter le voile en public et celui d’adolescentes fuyant le domicile familial.
«Nombre d’entre elles cherchent à trouver refuge en France», affirme Souad Sbai. Agée de 19 ans, Fatma R. se trouverait aujourd’hui dans un centre social accueillant les femmes battues.
Libération, 10 août 2007
Je viens de lire "Le voile déchiré", de Carmen Bin Laden
Je viens de lire "Le voile déchiré",
de Carmen Ben Laden
Quand la perversion d'une religion jongle avec l'horreur et la barbarie... c'est le FONDAMENTALISME MUSULMAN INTEGRISTE.......
Je viens de lire Le voile déchiré, de
Carmen Bin Laden (belle-sœur d'Oussama Ben Laden). Ce livre m'a
profondément marqué. C'est l'histoire d'une jeune fille élevée en
Suisse, de père suisse et de mère iranienne, qui tombe amoureuse d'un
séduisant Saoudien, l'épouse et va vivre avec lui en Arabie saoudite.
Elle y passe quatorze ans et lui donne trois enfants.
Elle raconte en détail ce qu'est la vie
d'une femme dans ce pays soumis au wahhabisme, c'est-à-dire au
fondamentalisme musulman : une femme doit être soumise à son mari et ne
peut voyager sans son consentement écrit ; elle ne peut sortir de sa
maison sans accompagnement masculin, même pour traverser la rue; elle
ne doit sortir que voilée de la tête aux pieds, sans montrer un
centimètre carré de sa peau; elle ne peut adresser la parole à un homme
et celui-ci doit détourner le regard sur son passage ; elle ne peut ni
conduire une voiture ni travailler, etc.
Elle décrit aussi des blocages qui
résultent d'une stricte obéissance au Coran dans la société saoudienne
et les situations cruelles qui en résultent, le fanatisme de certains
Saoudiens comme son beau-frère Oussama, et les déchirements auxquels
sont soumis les hommes et femmes qui essaient de concilier culture
occidentale et wahhabisme.
Son livre, qui se lit d'un trait,
complète celui de Betty Mahmoody, Jamais sans ma fille, qui raconte
les malheurs d'une Américaine mariée à un Iranien et exposée aux
pratiques chiites, à peine moins tyranniques que le wahhabisme.
À la lecture de ces livres, témoignages
accablants des ravages du fondamentalisme musulman, on ne peut
s'empêcher de conclure que la pratique de la religion musulmane, telle
qu'elle y est décrite, est incompatible avec la vie dans une démocratie
occidentale. La religion musulmane y apparaît seulement compatible avec
les mœurs de tribus de Bédouins nomades du septième siècle, car elle
impose à tout instant sa manière de vivre, sa vision inégalitaire et
antidémocratique de la vie en société, de l'autorité et de la justice.
Une femme ne peut être soignée par un
médecin homme. Lorsqu'en Arabie saoudite un incendie a ravagé une école
de jeunes filles, la police religieuse a empêché les pompiers de porter
secours aux filles, préférant les voir brûler vives plutôt que de
laisser ces hommes s'en approcher. Ne pouvant travailler, ne pouvant
même pas s'exprimer en public, une femme est un être inférieur, qui n'a
aucune chance de se réaliser. Son mari a le droit de prendre plusieurs
épouses et d'avoir des aventures, mais elle n'a pas le droit de le
tromper, sous peine de lapidation.
Un voleur a la main coupée. Un chef de
clan a droit de vie ou de mort sur toute femme de son clan, qui doit
épouser l'homme que celui-ci aura choisi pour elle, etc. En Arabie
saoudite il n'y a ni médias libres, ni élections démocratiques, ni
syndicats, ni justice indépendante du gouvernement. Les Saoudiens ont
des droits que n'ont pas les immigrés qui travaillent pour eux, même
lorsqu'ils sont musulmans. On y enseigne la haine des Juifs et le
mépris des autres non-musulmans. Et on y a financé les terroristes d'al
Qaida qui ont commis les attentats du 11 septembre 2001… entre autres.
Les lois saoudiennes sont basées sur le
Coran et les hadiths (autres textes sacrés de la religion musulmane,
qui réunissent ce que la Tradition a pu consigner des propos du
Prophète). Ces textes ont été écrits à une époque où les lois des
sociétés étaient très différentes des nôtres. C'est ainsi qu'on trouve,
dans le Nouveau testament (Saint Paul, première épître aux Corinthiens
- XI, 6-10) le passage suivant :
"Si la femme ne porte pas le voile, qu'elle se fasse tondre! Mais si c'est une honte pour une femme d'être tondue ou rasée, qu'elle porte un voile! L'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l'image de la gloire de Dieu... Car ce n'est pas l'homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme. Et l'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme. Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance..."
Le christianisme a donc, lui aussi, des textes aujourd'hui tombés en désuétude. Mais il a su évoluer sur des points fondamentaux, par exemple lors du Concile Vatican II.
Un Islam tolérant
J'ai aussi lu deux
livres de M. Dalil Boubakeur, Recteur de l'Institut musulman de la
Mosquée de Paris, médecin ayant exercé pendant 25 ans et enseigné à
l'hôpital de la Pitié-Salpétrière et président du Conseil français du
culte musulman : Les défis de l'Islam (éditions Flammarion) et Non!
l'Islam n'est pas une politique (éditions Desclée de Brouwer). Le
Recteur Boubakeur y présente un islam tolérant, moderne et encourageant
la réflexion personnelle, diamétralement opposé au formalisme wahhabite
qui exige l'obéissance inconditionnelle. La religion musulmane qu'il y
décrit est parfaitement adaptée à une intégration réussie dans une
société occidentale.
samir de casa
19/05/2007 08:02:14
source : http://www.emarrakech.info
Manuels scolaires tunisiens d'instruction religieuse (M. Feki et N. Maruani - MEMRI)

des "savants" musulmans ouverts à l'humanisme
Des manuels scolaires tunisiens
d'instruction religieuse
prônent la tolérance et le dialogue
M. FEKI et N. MARUANI
Contrairement aux manuels d'instruction religieuse (islamique) de certains États arabes, les manuels tunisiens d'instruction religieuse sont des compilations d’articles et d’extraits d'ouvrages divers et variés. A titre d'exemple, le Livre de pensée islamique de Première [1] est une compilation d’articles de 29 auteurs : il inclut des extraits d'ouvrages de savants renommés comme le grand historien nord-africain du XIVe siècle Ibn Khaldun, le théologien irakien des IX-Xe siècle Abou Al-Hassan Al-Ash'ari, et le grand théologien Abou Hamid Al-Ghazali, ainsi que des extraits d'ouvrages modernes signés par des réformistes musulmans comme Rifa'a al-Tahtawi, Jamal Al-Din Al-Afghani, Muhammad Abdu', Ali Abdel Razeq, Abdel Rahman Al-Kawakibi, Muhammad Rashid Rida et Saadeddine Ibrahim [2].
Un examen attentif des manuels scolaires tunisiens d’instruction religieuse des classes de Première et de Terminale révèle le rôle déterminant que joue l'État tunisien dans trois domaines : la séparation des pouvoirs, la liberté individuelle et la tolérance vis-à-vis d'autrui.
En outre, ces manuels ne se limitent pas à un seul courant religieux, mais prennent en considération les différents courants de l'islam. Ainsi, bien que la Tunisie soit majoritairement sunnite, elle accorde une place au chiisme dans ses manuels religieux.
Le rapport qui suit porte sur les manuels d'instruction religieuse des classes de Première et de Terminale ("deuxième et troisième années secondaires") et plus particulièrement sur certains de leurs grands thèmes de prédilection : la laïcité au regard de la religion, la nécessité d'éviter les conflits d'ordre religieux, l'éducation comme facteur de liberté et d'harmonisation entre religion et modernité, le siècle des Lumières en Europe, l'importance de la concertation, de la tolérance et du dialogue.
Il s'avère que le programme des manuels scolaires tunisiens d'éducation religieuse est fidèle à l'esprit de la salafiyya (ancien courant réformiste musulman). Bien qu'aujourd'hui le terme "salafiste" ne soit pas loin de signifier "extrémiste", les premiers salafistes, dont certains écrits ont été repris dans ces manuels, encourageaient un islam modéré, l'ouverture et la modernité. Ce mouvement d'origine a par la suite été récupéré par le nationalisme et l'islamisme arabes, ce qui a progressivement contribué à marginaliser le progressisme musulman. La Tunisie a toutefois échappé à cette tendance, ainsi que le révèle la lecture des manuels scolaires.
Certains chapitres semblent toutefois entrer en contradiction avec la réalité politique de la Tunisie contemporaine de Ben Ali, comme par exemple celui sur la "connaissance, remède du despotisme" ou sur la "liberté comme fondement du pouvoir." Voilà qui laisse perplexe quant à l'usage toujours actuel de ces manuels. Il convient ainsi de noter que ces derniers ont été rédigés sous le règne de Habib Bourguiba, fondateur de la Tunisie moderne, dont le gouvernement était plus populaire et plus libéral, bien que pas tout à fait démocratique, et dont l'orientation réformiste demeure l'idéologie officielle du régime actuel.

Tunis, cour du Palais du Bardo
L'Etat laïque et les réformes institutionnelles
Dans un chapitre intitulé "Le renouveau et les mouvements de réforme", le manuel de Première souligne la nécessité d'institutions étatiques laïques pour un bon fonctionnement de la société arabe : "L'une des causes de l'anarchie, des complots et de l'effritement dans les rangs de la nation [arabe], ainsi que de la faiblesse et de la colonisation qui s'ensuivent, est l'absence d’institutions constitutionnelles (...), de pouvoir législatif représentant le peuple et promulguant des lois qui le protègent et assurent la stabilité [de la nation arabe]." [3]
La religion comme source de dissensions
Le manuel d'instruction religieuse de la classe de Première va jusqu'à présenter la religion comme une source possible de conflits. Un article [4] évoque le conflit qui a jadis opposé les mutazilites [5] à l’orthodoxie islamique, notamment hanbalite [6], au sujet de la "création du Coran". Pour les mutazilites, le Coran aurait été "créé" au moment de l’avènement de Mahomet tandis que pour les théologiens officiels, le Coran aurait été rédigé par Allah avant la création du monde. Il serait "descendu" au moment de l’avènement du Prophète de l’islam. "Cette controverse est à l’origine d’une épreuve cruelle (…) qui équivaut à l'Inquisition pour l’Europe chrétienne. À notre époque, les différences d'opinions sur ce sujet purement théorique peuvent surprendre (…) ainsi que la violence, l’amertume, la jalousie, voire les meurtres qu'elles peuvent entraîner. Ces répercussions sont la meilleure preuve que le conflit entre les mutazilites affirmant que le Coran est une création humaine d'une part, et les hanbalites et les autres [musulmans] pour qui il est antérieur [à la création du monde], n’était pas un conflit purement théorique, mais (…) religieux." [7]
En outre, un article du cheikh réformiste Mohammad 'Abdu [8] dénonce ce qu’il qualifie d'"immobilisme des théologiens" : "Quelqu'un peut-il nier l'immobilisme des docteurs de la charia et demeurer avec les expressions des auteurs, malgré leurs divergences d'opinions et leurs incompréhensions ? Dans les cas où nulle opinion n'a été exprimée, ils évitent de trancher et cherchent à pervertir le sens [du texte] afin de le rendre conforme aux affirmations de tel ou tel ouvrage. [9]
Dans un texte intitulé "Le lien entre la science et la religion, et la contagion du fanatisme chez les musulmans" [10], le manuel s'attaque aussi aux pratiques obsolètes attribuées à l'islam : "D'où vient ce grand nombre de religieux que nous trouvons aujourd’hui dans les pays de l'islam, chargés de veiller sur l'observance de cérémonies religieuses que le Coran n’a jamais mentionnées, comme les enterrements et autres cérémonies liés aux différents aspects de la vie publique – les naissances, les mariages, les intronisations, etc. ? Et comment voyons-nous aujourd’hui chez les musulmans – et c’est une chose qui peut être associée à l’idolâtrie – le grand nombre de saints, de justes et de chefs religieux qui ont fondé des courants diffusés aux quatre coins du monde musulman ? Et comment est-il possible que les croyants implorent ces saints, ces justes et ces chefs religieux sans doute plus qu’ils n’implorent Dieu ? [11]".

bibliothèque publique médiévale musulmane
"Séances" de Harîrî. Copie réalisée en 1237 par Yahya al-Wâsitî,
école de Bagdad. Paris, BNF, ms. arabe 5847, f. 5.
(bibliothèque publique de la ville de Hulwân près de Bagdad)
"Seul le savoir… permet de dépasser des moeurs obsolètes" ;
l'instruction est l'ennemi des dictatures
Le manuel explique, dans un passage extrait d’un ouvrage intitulé "La parole utile dans la démonstration de l’effort et de l’imitation" [12], que toute tentative de réforme dans le monde arabe provoque des réactions négatives, la population étant très attachée aux traditions locales. Cet état de fait est si fort que si une tradition venait à être présentée comme une innovation (condamnable dans l'islam), la population se rebellerait : "Tout [homme] raisonnable sait que si un docteur de l’islam déclarait dans une ville musulmane, en n'importe quelle circonstance, que l’imitation est une innovation interdite [sans fondement dans l’islam] (…), il serait attaqué par la majorité de ses habitants, soit par des injures, soit par la violation de ses biens, de son corps et de son honneur." [13]
Un article présente l'instruction comme l'ennemi de la dictature. Sous le thème "Le despotisme et la science" [14] : "La liberté politique responsable et organisée garantit le dialogue entre la nation et le pouvoir", l'auteur pose la question : "Qu'est-ce qui ressemble plus au despotisme que la tutelle d’un traître puissant et infidèle sur les orphelins de riches, qui utilise leurs biens et leurs âmes comme bon lui semble tant qu’ils sont mineurs ? De même que le tuteur n’a pas intérêt à ce que les orphelins atteignent leur majorité, le despote n’a pas intérêt à ce que le peuple soit éclairé par la connaissance. Ce n'est pas un secret pour l'autocrate qu'il ne peut y avoir de coercition et d'esclavage si les sujets demeurent dans l'obscurité de l'ignorance (…)
Le despote ne craint pas l'étude de la philologie destinée à corriger la langue tant que celle-ci n'inclut pas de maximes susceptibles de soulever le peuple (contre le dirigeant) ou de rhétorique génératrice d'engouement [contre le pouvoir] qui affaiblit les armées.
"On peut dire de façon générale que le despote ne craint pas toutes les sciences mais seulement celles qui ouvrent l'esprit et éveillent en l'homme la conscience de ses droits et de son absence de droits, ainsi que des moyens d'acquérir et de préserver ses droits. Le despote est un usurpateur et un fourbe, tandis que les savants éveillent la conscience et mettent en garde. Le despote a des affaires et des intérêts que seul le savant est en mesure de gâter." [15]
Le même manuel fait en particulier l'éloge du savoir profane. Un article de Muhammad 'Abdu dénonce la "contagion du fanatisme" en ces termes : "Le savoir élève les nations, tandis que l’ignorance les affaiblit et en fait la proie des errances du fanatisme, que ce [fanatisme] soit d'ordre idéologique, clanique ou confessionnel." [16]

La Bataille d’Aboukir, Louis François Lejeune,
huile sur toile, An XII - Châteaux de Versailles et de Trianon
© RMN / G. Blot / J. Schormans
L'Europe, source des Lumières
S'agissant du savoir comme rempart contre le fanatisme, le manuel mentionne notamment le côté positif de la campagne napoléonienne en Egypte, qui a apporté les sciences en Egypte. Un passage extrait d’un livre intitulé "La pensée réformiste chez les Arabes à l’époque de la renaissance [arabe]" [17] souligne que la campagne napoléonienne a élevé le niveau d'instruction générale en Egypte : "La campagne [française] [18] n’était pas une simple opération militaire, mais comportait un aspect scientifique et culturel qui a eu le mérite d’allumer l’étincelle de la renaissance arabe moderne. Car cette campagne a fait venir de nombreux chercheurs français bien équipés en Egypte, qui ont initié des recherches dans les domaines des mathématiques, de l'ingénierie, de la géographie, de l'astronomie, de la mécanique, de la géologie, de la métallurgie, de la médecine, de l'archéologie, de la littérature et des arts. Une revue était éditée tous les trois mois pour présenter les résultats de ces recherches. Ils [les scientifiques français] ont également diffusé un précieux ouvrage descriptif de l’Egypte [Ketab Wasf Misr], auquel ils ont incorporé des photos, des cartes et des tableaux. Ces connaissances qui étaient nouvelles pour les Egyptiens ont suscité tout leur étonnement !"
"Cette campagne a développé l'imprimerie ; Napoléon a amené une imprimerie dont il s’est servi pour [diffuser] son appel au peuple égyptien. (…) Et la première imprimerie arabe que l’Egypte a connue est l’Imprimerie orientale française. Parmi ses publications se trouvaient un livre de phonétique, un livre de lecture et un dictionnaire français-arabe. Une autre imprimerie a ensuite été créée, qui a publié Barid Misr [19]. Voilà qui révèle l’intérêt que portait la campagne [française] pour le journalisme, dans la mesure où elle a également donné naissance à un deuxième journal, Al-Ashriya al-Misriya [qui sortait tous les dix jours]."
"En examinant les débuts de la renaissance en Egypte, on constate que sa source est unique : c’est l’Europe, grâce à son fort développement dans les différents domaines."
Le manuel ne prend toutefois pas partie pour la France : "Si Napoléon s’est appuyé sur la science moderne durant sa campagne, son but n'était pas d'instruire le peuple [égyptien], mais de rallier les élites pour étendre son pouvoir. Aussi, la campagne, de courte durée, et les difficultés encourues, n’ont pas permis aux Egyptiens de participer à cette campagne." [20]
"La réflexion est un commandement religieux."
L'auteur définit comme suit la liberté de pensée : "La liberté de pensée, c'est le respect de l'esprit, le fait de lui donner une place honorable et de lui permettre de s'exprimer dans tous les domaines, aussi bien politique, scientifique que culturel. Le développement culturel dans tous les domaines est révélateur de la bonne santé de la société. Et la liberté de pensée est une composante – voire même le fondement – de la liberté d'opinion et d'expression. La réflexion est un commandement religieux." [21]
Le manuel fait l'éloge de la liberté individuelle comme étant la condition de toute connaissance. Dans une partie intitulée "Des causes du retard des musulmans", il présente un extrait d'une lettre adressée au sultan ottoman par Moustafa Fadel Pacha [22] : "La liberté est l'enseignant n°1 des nations ; c'est elle qui forme les enseignants. Nul autre ne peut la remplacer. La nation opprimée méprise le savoir car il ne lui est pas utile. Les nations désirent le savoir quand elles jouissent des droits auxquels elles croient ; l'instruction leur permet de mieux profiter de leurs droits, et toute nation ignorante opprimée est soit lâche soit traître."
La liberté individuelle et le progrès
Le manuel de Première insiste le droit inné à la liberté individuelle [23] dans un passage intitulé "La liberté est la base du pouvoir" : "Certains besoins vitaux dépassent l'alimentation et l'habillement, même s'ils sont la condition première de la vie. Parmi les besoins essentiels se trouve la liberté. L’homme naît libre, il n’a d'autre seigneur que Dieu ; c’est pourquoi il doit vivre libre et mourir libre. La liberté inclut la liberté politique, la liberté de pensée, voire même la liberté religieuse."
Il développe en particulier le concept de liberté politique, ramification naturelle de la liberté individuelle. L'individu avait le droit de critiquer le pouvoir : "La liberté politique signifie en premier lieu la liberté d’opinion et d’expression. Aux tous débuts de l’Etat islamique avaient été établies des libertés politiques ne muselant pas l’individu, même si ce dernier critiquait le gouverneur. L'Etat islamique autorisait même la formation de groupes et de partis aux opinions et aux principes différents [de ceux du gouverneur], que ces derniers défendaient franchement et explicitement." [24]

"vers la liberté dans le monde arabe" (source)
La Shura (principe de consultation dans l'islam)
Un autre article [25] souligne la nécessité d'une diversité d'avis antérieure à la prise de décision par le dirigeant. La "Shura" (principe de consultation dans l'islam) est considérée comme "faisant partie des valeurs morales relatives à l'exercice du pouvoir qui permettent à la concertation d'aboutir à un point de vue commun utile à la collectivité, que ce soit au sein de la pyramide du pouvoir politique, de la tribu, du clan ou même de la famille où les époux se concertent… Nous avons toujours besoin d'un minimum de concertation pour arriver à une direction qui garantisse la participation de tous ou [au moins] de la majorité." [26]
En outre, les décisions déterminantes devaient être prises en accord avec l'avis du peuple : "La liberté politique inclut aussi la consultation [des gouvernés par les gouverneurs] comme il est écrit dans le Coran : "[Qu'ils] se consultent entre eux à propos de leurs affaires…" (Sourate Al-Shura, verset 38). La Shura [consultation] suppose [l'existence de] la liberté d'expression et la garantit. S'il n'y a pas eu dans [l'historie de] l'islam d'institutions officielles chargées de veiller à la pluralité des opinions relatives à la politique de l'Etat, comme le Parlement ou les assemblées consultatives, l'islam approuve toutefois le principe [de consultation], voire l'ordonne (…). La pluralité des opinions nécessite – surtout à une époque où l'espace de l'Etat s'est élargi et où les problèmes de gouvernance se sont multipliés – la reconnaissance de l'opinion inverse dans un esprit de liberté et de tolérance totale." [27]
La tolérance et le dialogue
À travers ses manuels scolaires, la Tunisie – majoritairement sunnite – fait preuve d’une grande tolérance à l'égard des chiites [28]. Le manuel d'instruction islamique de Seconde se réfère au texte [29] d’un éminent théologien réformiste du XIXe siècle, Jamal Al-Din al-Afghani (1839-1897). Ce dernier évoque le pluralisme religieux qui a toujours existé en islam et cite parmi les grandes écoles "les chiites qui imitent l’imam Jaafar al-Sadeq [30]", un des plus grands théologiens des Ahl al-Bayit [31], précisant que "leur préférence pour l’imam Ali [32] ne doit pas les exclure de la communauté des musulmans".
Le texte du manuel souligne l'inutilité des opinions revanchardes entre sunnites et chiites : "Si les sunnites se mettaient d’accord aujourd’hui et approuvaient le choix des chiites, des Arabes et des Perses, et admettaient qu'Ali ibn Abi-Talib était plus apte à assurer la [fonction] califale que [son prédécesseur] Abou-Bakr [33], est-ce que les Perses [chiites] s’en trouveraient valorisés ? Ou la condition des chiites s’améliorerait-elle ? Et si [au contraire] les chiites approuvaient [le choix] des sunnites [et admettaient] qu’Abou-Bakr avait eu raison d'assurer la [fonction] califale d'Ali, cela valoriserait-il les musulmans sunnites et les sauverait-il de la servitude, de l’humiliation et de l’insécurité où ils sont tombés aujourd’hui ?" [34]
Annexe
Ci-dessous la liste des textes des manuels scolaires :
Manuel de pensée islamique de Première
Auteurs : Al-Saddiq Al-Khawni, Salim Al-Masahli, Zuhayr Al-Juwayni, Rashid Al-Qanuni, 'Izz Al-Din Al-Juwali. Sous la direction du Professeur Kamal 'Amran.
Première partie – Les fondements de l’islam
- Extrait de L’aube de l’islam, Ahmed Amin, Dar Al-Kitab Al-'Arabi, Beyrouth, pp.1-9.
- Extrait de L’épître de l’unicité d’Allah, Muhammad ‘Abdu, Beyrouth, 1982, pp. 43-45.
- "Les limites de l’esprit et l’unicité d’Allah", Ibn Khaldun, Al-Muqaddima (Introduction à l’Histoire), Tunis, 1989, pp. 557-559.
- "Les racines et les branches de la religion", Abu Al-Fath Al-Shahrastani, Le livre des religions et des sectes (Al-Milal w'Al-Nihal), pp. 19-20.
- "Les convictions fondamentales des sunnites", Abu Al-Hassan 'Ali ibn Ismail Al-Ash'ari, La clarification des principes de la religion (Al-Ibana 'an Usul Al-Diyana), Dar Al-Bayan, Damas.
- "Les erreurs dans [l’interprétation de] la révélation," Al-Qadi 'Abd Al-Jabbar, L’explication des cinq principes (Sharh Al-Usul Al-Khamsa), Maktabat Wahba, Le Caire, 1965, pp. 226-230.
- "L’historicité de l’étude de la prédestination", Dr. Muhammad Abd Al-Rahman Marhaba, De la philosophie grecque à la philosophie islamique (Min Al-Falsafa Al-Yunaniyya ila Al-Falsafa Al-Islamiyya), pp. 282-285.
- "La position des mutazilites par rapport à l’unicité d’Allah", Al-Ash'ari, Les opinions des [penseurs] islamiques et les différentes points de vue des croyants (Maqalat Al-Islamiyin wa-Ikhtilaf Al-Musallin), Tahqiq Writer, pp. 155-156.
- "L’émergence du débat théologique sur la prédestination", Ibn Al-Qayyim, La guérison du patient et la question de la prédestination (Shifaa Al-'Alil fi Masa'il Al-Qada' wa-Al-Qadar), Beyrouth, 1978, pp. 3-4.
Deuxième partie – Le Renouveau et les mouvements de réforme
- Textes introductifs incluant : "L’effondrement [de la société]", Fahmi Jid'an, Les fondements de l’évolution des penseurs musulmans dans le Monde arabe moderne (Bawakir Al-Nahda), p. 15.
- "Les réformes dans les temps anciens et dans les temps modernes", Ali Umalil, Le réformisme arabe et l’Etat-nation (Al-Islah Qadiman wa-Hadithan), pp. 18-21.
- "Des causes du retard des musulmans", Mustafa Fadel Pasha, Lettre au sultan Abd Al-Aziz (Risala ila Al-Sultan 'Abd Al-'Aziz), Kararis Tunis, Tunis, No. 95-96, pp. 332-335.
- "La protection de l’intérêt public", Najm Al-Din Al-Tufi, L’intérêt public dans la législation islamique (Al-Maslaha fi Al-Tashri' Al-Islami), Mustafa Zayd, Supplément, pp. 35-41.
- "Deux types de théologiens : le Mujtahid (innovateur) et l’imitateur", Muhammad ibn 'Ali Al-Shawkani, L’opinion utile sur l’évidence de l’ijtihad et l’imitation (Al-Qawl Al-Mufid fi Adillat Al-Ijtihad wa Al-Taqlid), Dar Al-Qalam, Koweït City, pp. 46-51.
- "L’effet du contact avec l’Europe sur la Nahda [renaissance arabe]," Muhammad Al-Qadi and 'Abdallah Sulah, La pensée réformiste arabe dans l’Age de la Nahda (Al-Fikr Al-Islahi 'inda Al-'Arab fi 'Asr Al-Nahda), éditions Dar Al-Janoub, Tunis, 1992, pp. 15-24.
- "Un azharite dans la ville des Lumières [Paris]", Muhammad 'Ammara, Travaux complets (Al-A'mal Al-Kamila), pp. 11-12.
- "Atteindre les objectifs par les réformes administratives", Khayr Al-Din Al-Tunsi, Les meilleures voies dans la connaissance des États (Aqwam Al-Masalik fi Ma'rifat Ahwal Al-Mamalik), pp. 92-98.
- "L’unification des écoles religieuses [islamiques]", Jamal Al-Din Al-Afghani, Travaux complets (Al-A'mal Al-Kamila), pp. 324-325.
- "Despotisme et savoir", 'Abd Al-Rahman Al-Kawakibi, La nature du despotisme et l'élimination de la servitude (Taba'i' Al-Istibdad wa Masari' Al-Isti'bad), pp. 28-33.
- "La réforme de l’éducation", Muhammad ‘Abdu, Travaux complets (Al-A'mal Al-Kamila), pp. 113-114.
- "L’identité culturelle et le colonialisme", 'Ammar Al-Talbi, Les travaux de Ben Badis (Athar Ben Badis), Alger, 1968, pp. 309-310.
- "La raison de la charia dans l’établissement du système de la nation islamique", Muhammad Al-Taher ibn 'Ashur, Les raisons de la charia (Maqasid Al-Shari'a), p. 139.
- "L’islam aujourd’hui : une nouvelle prise de conscience", Dr Muhammad 'Aziz Al-Hababi, L’individualisme dans l’islam (Al-Shakhsaniyya Al-Islamiyya), pp. 141-142.
- "L’intérêt commun est lié aux raisons [de la Loi]," 'Allal Al-Fasi, Les raisons de la loi islamique et ses vertus (Maqasid Al-Shari'a Al-Islamiyya wa Makarimiha), pp. 177-179.
- "[A propos de] la monarchie limitée par le droit", Ibn Abi Al-Diaf, L’action des gens de notre époque dans l’information des rois de Tunisie et la promesse de sûreté (Ithaf Ahl Al-Zaman bi Ikhbar Muluk Tunis wa 'Ahd Al-Aman), Tunis, 1989, pp. 58-59.
- "L’appel à la création d'un conseil national représentatif ", Général Hussein, Parmi les lettres du General Hussein (Min Rasa'il Hussein), Al-'Ahd Al-Rutbi l'il-Risala, p. 146.
- "Critique de la pensée réformiste", Kamal 'Abd Al-Latif, Interprétation allégorique et paradoxe (Al-Ta'wil wa Al-Mufaraqa), p. 17.
- "Evaluation du mouvement réformiste", 'Abd Al-Samad Belkabir, Études sur le mouvement salafiste (Durus fi Al-Haraka Al-Salafiyya), pp. 122-123
Troisième partie – Tradition : Présentation de Muhammad 'Abdu
Extraits du livre Islam et chrétienté dans la relation entre la science et la civilisation (Al-Islam wa Al-Nasraniyya ma'a Al-'Ilm wa Al-Madaniyya), Muhammad ‘Abdu, Le Caire, 1938 :
- "La stagnation des juristes islamiques" (Jumud Al-Fuqaha'), pp. 107-108.
- "La relation étroite entre la science et la religion et la contagion du fanatisme parmi les musulmans" (Mulazamat Al-'Ilm l'il-Din wa 'Aswa Al-Ta'assub fi Al-Muslimin), pp. 150-151.
- "L’état de la théologie" (Hal 'Ulum Al-Din), pp. 152-153.
- "Al-Taqlid" [L’imitation des autorités religieuses], pp. 157-158.
Quatrième partie – Coran : Sourate Al-Hujurat (49)
Manuel de pensée islamique de Terminale
Auteurs : 'Abd Al-Jalil Al-Missawi, Al-Hadi Al-Khudri, Ahmed Al-Mushriqi, 'Abd Al-Razeq Al-'Iyyari. Sous la direction du Professeur 'Ali 'Abd Al-Jalil. Révisions finales : 'Abd Al-Majid Al-Sharfi.
Première partie – Inspiration : entre interprétation et explication
- "L’interprétation courante", Muhammad Rashid Rida, Le phare de l’exégèse (Tafsir Al-Manar), pp. 24-26.
- "Les textes et la réalité", Nasr Hamed Abu-Zayd, La notion du texte (Mafhoum Al-Nass), Al-Markaz Al-Thiqafi Al-'Arabi, Beyrouth, 1990, pp. 8-9.
- "Le sens de la révélation", Muhammad Rashid Rida, La révélation de Mahomet (Al-Wahy Al-Muhammadi), Dar Al-Maktab Al-Islami, Beyrouth et Damas, 1985, p. 44.
- "La signification de la révélation et son rapport à la prise de conscience", Khalil Ahmed Khalil, La dialectique du Coran (Jadaliyat Al-Quran), Beyrouth, 1997.
- "La création du Coran : de l’idée à l’épreuve", Ahmed Mahmoud Subhi, La science du Kalam [i.e. Théologie islamique] (Fi 'Ilm Al-Kalam), Mu'assasat Al-Thaqafa Al-Jami'iyya, Alexandrie, pp. 127-129.
- "La signification philosophique de la question de la création du Coran", Hussein Ahmed Amin, Le guide du musulman triste (Dalil Al-Muslim Al-Hazin), Dar Al-Janoub l'il-Nashr, Tunis, 1993, pp. 133-134.
- "L’inimitabilité du Coran", Muhammad 'Ali Al-Sabouni, L’exposition des sciences du Coran (Al-Tibyan fi 'Ulum Al-Quran), Le Caire, 1980, pp. 86-125.
- "L’esprit et la tradition", Abu-Hamid Al-Ghazali, Le renouveau de la théologie (Ma'arij Al-Quds fi Madarij Ma'rifat Al-Nafs), Le Caire, 1927, p. 59.
- "Exégèse et interprétation allégorique", Muhammad Al-Tahir Ben 'Ashur, L’exégèse de l’écriture et de l’instruction (Tafsir Al-Tahrir wa Al-Ta'wil), Al-Dar Al-Tunisiyya l'il-Nashr, Tunis, 1984, p. 12.
- "Le sens de l’interprétation allégorique", 'Ali Harb, Innovation et interprétation allégorique (Al-Tajdid wa Al-Ta'wil), Majalat Dirasat 'Arabiyya, 1982, No. 8-12.
- "Les étapes progressives de [l’évolution de] la religion et de son interprétation", Al-Sayyed Ahmed Khalil, L’évolution de l’exégèse des livres saints et du Coran (Nasha't Al-Tafsir fi Al-Kutub Al-Muqadassa wa Al-Quran), Al-Wikala Al-Sharqiyya l'il-Thaqafa, Alexandrie, 1954, pp. 69-83.
- "L’esprit et le poids de la tradition", Fu'ad Zakaria, La pensée scientifique (Al-Tafkir Al-'Ilmi), Silsalat 'Alam Al-Ma'aref, Koweït, 1988, pp. 83-85.
- "Entre interprétation allégorique et Fiqh," Nasr Hamed Abu-Zayd, La notion de texte [sacré] (Mafhum Al-Nass), pp. 237-240.
Deuxième partie – Civilisation : La question politique dans la pensée islamique
- "L’historicité de l’Etat dans la civilisation islamique", Ahmed Amin, L’aube de l’islam (Doha Al-Islam), Dar Al-Kitab Al-'Arabi, Beyrouth, pp. 4-6.
- "La liberté comme fondement du pouvoir", Kamal 'Abdallah Al-Mahdi, La religion et la vie (Al-Din wa Al-Hayat), Dar Al-Jil, Beyrouth, 1988, pp. 291-293.
- "La Shura [consultation dans l’islam]", Muhammad Al-Talbi, Les enfants d’Allah ('Iyyal Allah), Dar Siras lil-Nashr, 1992, pp. 90-93.
- "Egalité et justice", Kamal 'Abdallah Al-Mahdi, La religion et la vie (Al-Din wa Al-Hayat), pp. 293-295.
- "L’Etat et les valeurs", Muhammad Iqbal, Le renouveau de la pensée religieuse (Tajdid Al-Tafkir Al-Dini), Le Caire, 1968, pp. 177-179.
- "Le califat et l’imamat", Ibn Khaldun, Introduction à l’Histoire (Al-Muqaddima), Tunis, 1989, pp. 1-244.
- "Le califat et l’institution civile", 'Ali Harb, La laïcité de l’État dans l’islam ('Ilmaniyyat Al-Dawla), Majalat Al-Naqid.
- "Les principes de l’islam concernant l’imamat", Abu Al-Hassan Al-'Ash'ari, Les fondements de l’islam et les différences d’opinion parmi les croyants (Maqalat Al-Islamiyin wa Ikhtilaf Al-Musallin), Maktabat Al-Nahda Al-Misriyya, Le Caire, 1954, pp. 132-136.
- "La question du califat et de la gouvernance dans les temps modernes", 'Abd Al-Majid Al-Sharafi, L’islam et la modernité (Al-Islam wa Al-Hidatha), pp. 189-223.
- "L’islam est une religion qui apporte le savoir", 'Ali 'Abd Al-Razeq, L’islam et les fondements de la gouvernance (Al-Islam wa Usul Al-Hukm), Dar Maktabat Al-Hayat, Beyrouth, pp. 143-153.
- "Le Prophète était-il un dirigeant politique ?", Muhammad Al-Khidr Hussein, Critique de l’islam et fondements de la gouvernance [de 'Abd Al-Razeq] (Naqd Kitab Al-Islam wa Usul Al-Hukm), Al-Matba'a Al-Salafiyya, Le Caire, 1923, pp. 135-137.
- "Les constances et les variables dans la relation entre religion et politique", ‘Abd Al-Hamid Mutawalli, Législation islamique et législation [séculière] (Al-Tashri' Al-Islami wa Al-Nuzum Al-Qanunia), Al-Hay'a Al-Misriyya Al-'Amma l'il-Kitab, Le Caire, 1978, pp. 85-86.
- "L’interaction entre les principes islamiques et le savoir des temps modernes", Muhammad Rida Muharram, La modernisation de la pensée politique islamique (Tahdith Al-'Aql Al-Siyasi Al-Islami), Dar Al-Fikr lil-Dirasat wa Al-Nashr wa Al-Tawzi', Le Caire, 1986, pp. 155-159.
- "L’islam respecte le droit de propriété", Ali 'Abd Al-Wahed Wafi, L’islam protège la vie et l’honneur (Himayat Al-Islam l'il-Anfas wa Al-A'rad), Matba'a Al-Sha'b, Le Caire, pp. 44-46.
- "Le prophète de la compassion et de la guerre", Hassan Sa'b, L’islam et les défis de l’époque [moderne] (Al-Islam wa Tahadiyyat Al-'Asr), Dar Al-'Ilm lil-Malayin, Beyrouth, pp. 39-41.
- "La solidarité sociale", Saadedine Ibrahim, Majallat Al-Mustaqbal Al-'Arabi.
- "L’imamat selon les Kharijites", Abu-Said Al-Qalhati, Exposition et clarification (Al-Kashf wa Al-Bayan), Tunis, 1984, pp. 151-152.
- "L’imamat selon les mutazilites", Muhammad Hamud, La pensée politique mutazilite (Al-Fikr Al-Siyasi 'inda Al-Mu'tazala), Dirasa min Majallat Al-Fikr Al-'Arabi, 1981, p. 344.
- "L’imamat selon les Ash'arites", Ahmed Mahmud Subhi, La science du Kalam [i.e., Théologie islamique] (Fi 'Ilm Al-Kalam), Alexandrie, 1982, p. 90.
- "L’islam respecte le droit du propriétaire d’utiliser sa propriété comme bon lui semble", Ali 'Abd Al-Wahed Wafi, L’islam protège la vie et l’honneur (Himayat Al-Islam l'il-Anfas wa Al-A'rad), Matba'a Al-Sha'b, Le Caire, pp. 48-58.
- "Activité économique et valeur du travail humain", Ibn Khaldun, Introduction à l'histoire (Al-Muqaddima), Dar Al-Kitab Al-Lubnani, Beyrouth, 1967, pp. 678-681.
Troisième partie – La tradition : L’islam et les fondements de la gouvernance (par 'Ali 'Abd Al-Razeq)
- Biographie du cheikh 'Ali 'Abd Al-Razeq [par le ministère de l’Éducation].
- "Les responsables", Ali 'Abd Al-Razeq, L’islam et les fondements de la gouvernance (Al-Islam wa Usul Al-Hukm), Dar Maktabat Al-Hayat, Beyrouth, pp. 122-123.
- "Le califat et la force", Ali 'Abd Al-Razeq, L’islam et les fondements de la gouvernance (Al-Islam wa Usul Al-Hukm), Dar Maktabat Al-Hayat, Beyrouth, pp. 73-75.
- "Le prophète et le pouvoir politique", Ali 'Abd Al-Razeq, L’islam et les fondements de la gouvernance (Al-Islam wa Usul Al-Hukm), Dar Maktabat Al-Hayat, Beyrouth, pp. 151-154.
- "Le califat n’est pas une institution politique", Ali 'Abd Al-Razeq, L’islam et les fondements de la gouvernance (Al-Islam wa Usul Al-Hukm), Dar Maktabat Al-Hayat, Beyrouth, pp. 181-182.
- "Les besoins du gouvernement diffèrent de ceux du califat", Ali 'Abd Al-Razeq, L’islam et les fondements de la gouvernance (Al-Islam wa Usul Al-Hukm), Dar Maktabat Al-Hayat, Beyrouth, pp. 80-83.
*M. Feki et N. Maruani sont chercheurs à l’Institut MEMRI
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[1] Deuxième année secondaire en Tunisie.
[2] Célèbre réformiste égyptien. Voir :
http://www.memri.org/bin/french/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SP119106.
[3] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 84.
[4] Hussein Ahmed Amin, Dalil al-Moslem Al-Hazin, Editions Al-Janoub lil-Nashr, Tunis, 1993, pp. 133-134.
[5] Une école de pensée théologique musulmane apparue au VIIIe siècle qui se développe sur la logique et le rationalisme, et cherche à combiner les doctrines islamiques avec celles-ci, en montrant ainsi leur compatibilité.
[6] Une des quatre maddhabs (écoles de pensée religieuse formant le droit musulman) de l'islam sunnite. Prônant l'origine divine du droit en réaction au mutazilisme, le hanbalisme doit son nom à l'imam Ahmed ben Hanbal (780-855) qui en fut le théoricien.
[7] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de troisième année secondaire, p. 18.
[8] Muhammad 'Abdu, L'islam et le christianisme, Le Caire, 1938, pp. 107-108.
[9] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 98.
[10] Muhammad 'Abdu, L'islam et le christianisme, Le Caire, 1938, pp. 150-151.
[11] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 100.
[12] Muhammad Ben Ali Al-Shawkani, La parole utile dans la démonstration de l’effort et de l’imitation, Editions Al-Qalam, Koweït City, pp. 46-51.
[13] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 52.
[14] Abdelrahman al-Kawakibi, Les caractéristiques du despotisme et la mort de l'esclavagisme, pp. 28-33.
[15] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 67.
[16] Muhammad ‘Abdu, L'islam et le christianisme, pp. 150-151.
[17] Muhammad Al-Qadi et Abdallah Solah, La pensée réformiste chez les Arabes à l’époque de la renaissance, Editions Al-Janoub lil Nashr, Tunis, 1992, pp. 15-24.
[18] En référence à la Campagne d'Egypte de Bonaparte (1798-1801).
[19] En arabe : la messagerie d’Egypte, un journal qui sortait tous les quatre jours.
[20] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 54.
[21] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de troisième année secondaire, p. 38.
[22] Frère du khédive (roi d'Egypte) Ismaïl.
[23] Kamal Abdallah Al-Mahdi, La religion et la vie, Editions Al-Jil, Beyrouth, 1988, pp. 291-293.
[24] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de troisième année secondaire, p. 38.
[25] Muhammad al-Talbi, La famille de Dieu, éditions Dar-Serras, 1992, pp. 90-93.
[26] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de troisième année secondaire, p. 40.
[27] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de troisième année secondaire, p. 38.
[28] La majorité des chiites du Moyen-Orient (à l’exception du Yémen) sont duodécimains, c’est-à-dire croient dans l’existence des douze imams. Près de 80% des chiites sont duodécimains ; ils sont majoritaires en Azerbaïdjan, à Bahreïn, en Iran, en Irak, et au Liban.
[29] Al-Aamal al-Kamela, pp. 324-325.
[30] Le sixième des douze imams du chiisme duodécimain auquel se réfère les chiites imâmites, souvent dits jaafarites.
[31] Maison de Mahomet.
[32] Gendre de Mahomet.
[33] Successeur de Mahomet et premier des quatre califes bien-guidés (al-Kholafa’ al-Rashedoun).
[34] Livre de pensée islamique enseignée aux étudiants de deuxième année secondaire, p. 65.
Source - MEMRI : Institut de recherche des médias du Moyen-Orient
Enquêtes et analyses - No. 339 Avril 29, 2007
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Voilà ce qu'on aurait dû faire en France, depuis longtemps... au lieu d'être captivé et a-critique devant la production éditoriale des librairies fondamentalistes et la propagande des islamistes.
Michel Renard
Identité française (Pascal Hilout)
Identité française
Pascal HILOUT
Ce message a été publié en commentaire de l'article sur l'identité française (réponse à Laurent Lévy, avocat du MRAP). Son auteur anime un site : nouvel-islam.
Bonjour,
Il me semble que bien des bienveillants ou faisant semblant de l'être, comme M. Laurent Lévy, ne veulent pas admettre que l'identité nationale française a toujours eu quelques problèmes avec l'islam et son intégration au sein de cette même identité.
À mon sens, la France (comme l'Europe) est gréco-latine autant qu'elle est judéo-chrétienne. Certes, l'Afrique du Nord, mon aire d'origine, est judéo-islamique mais elle n'est absolument pas gréco-latine dans l'âme.
C'est dans le domaine esthétique que cela est patent : la présentation et la représentation de la beauté divine du nu est la caractéristique majeure qui sépare ce qu'il est convenu d'appeler Orient et Occident. Le voile est le révélateur, en négatif, de cette identité à nulle autre semblable. Les odalisques bien orientales sont aussi le fantasme occidental par excellence. Le couple Vénus-Apollon peuvent être choisis comme marqueur identitaire de l’Europe, comme pourrait être choisi le voile, ne laissant apparaître que les yeux de la femme, comme marqueur identitaire de l’aire islamique.
L'héritage judéo-chrétien avec sa Bible et ses Évangiles a eu droit à une critique en règle pour laisser émerger une culture laïque où la liberté de conscience est garantie. L'héritage islamique avec son Coran+Mahomet a toujours été préservé, même lorsque l'Empire musulman de la France avait succédé à l'Empire Ottoman.
Il était temps d'élever l’islam à la dignité de la République et de lui appliquer une égalité de traitement, c'est à dire une critique réservée, jusqu'à maintenant, au judéo-christianisme.
L'égalité des chances est enfin en train de se réaliser, les langues en train de se délier : mon islam a lui aussi droit à la une de Charlie Hebdo ! N'en déplaise à tous les archaïques qui ont peur de la critique et de la caricature : je suis enfin citoyen à part entière. L’identité française ne peut s’enrichir de mon apport que si mon islam renonce à ses démons et change son regard sur la beauté divine du corps humain. Il faut aussi qu’il intègre le crédo qui a fait de la France ce qu’elle est : la dignité humaine est sacrée, pas les religions.
C’est cette France et cette identité que j’aime et c’est à mon islam de changer pour intégrer le nouveau monde et le concert de ses nations.
"la laïcité est une affaire d'État" (Leïla Babès)
"la laïcité est une affaire d'État"
Leila BABÈS
Poser la question en ces termes suggère qu'il s'agit là d'une
expérience particulière de
séparation entre l'Église et l'État, un
exemple parmi d'autres. La formulation peut même laisser entendre que
le modèle est critiquable, justiciable d'une remise en question. Et il
l'est. Pas simplement en Europe, mais en France même, y compris par des
laïcs qui se laissent prendre au piège de la culpabilité, à la honte
d'appartenir à une tradition jugée «trop» radicale, «trop»
singulière, «trop» ignorante des préoccupations identitaires. Bref,
la France serait non pas laïque, mais laïciste.
En vérité, en voulant nous faire peur, toute cette vulgate en est venue à banaliser le procès de la laïcité. C'est d'autant plus efficace lorsqu'on oppose au modèle une laïcité «ouverte», «humaine», «plurielle». Il va sans dire que les candidats à ces réformes seraient bien en peine de nous expliquer de quoi il retourne et ce que signifient concrètement ces vagues formules. Ignorance des significations réelles de la laïcité ou militance antilaïque ? À coup sûr, les deux explications sont valides et jouent de pair. Comme dans cette manie détestable de traduire le concept en «isme», la valeur en scénario du pire, l'incompréhension du principe côtoie le désir d'en découdre et la nostalgie du tribalisme.
Confusionnisme, déconstructivisme à tout va et surenchère, voilà qui résume en trois mots la fronde, ou plutôt le front des antilaïques. La contestation est parfois directe, mais la plupart du temps sournoise. Lorsqu'elle n'est pas accusée de porter atteinte à la «liberté religieuse», la République laïque est interpellée sur le bien-fondé de son modèle d'intégration ou sa politique néocolonialiste à l'égard de ses «indigènes».
Mais voilà qu'à ceux qui rêvent d'une République fourre-tout, une coquille vide destinée à accueillir à bras ouverts ces «pestes communautaires» que sont les identités collectives lorsqu'elles investissent l'espace public, d'autres opposent ses valeurs comme un privilège civilisationnel hérité de la culture chrétienne. Curieux chassé-croisé que ce nouveau pacte imaginaire entre la laïcité et le catholicisme lorsqu'on se souvient que les anticléricaux croyaient dur comme fer que celle-ci ne pouvait se construire que contre celui-là.
L'État laïque n'est ni pour ni contre telle ou telle identité religieuse, il est tout simplement dans cet ailleurs qui est à la fois extérieur par indifférence - sauf en tant que garant de la liberté de l'exercice du culte, et non de la «liberté religieuse» -, et supérieur par la prévalence de sa loi. C'est cela qui garantit la paix civile dans une société pluraliste. C'est pourquoi toute ambiguïté, toute confusion sur les rôles respectifs de l'État et des religions, surtout lorsque celles-ci sont déplacées du cadre confessionnel tel qu'il est défini par la loi vers le terrain conflictuel des identités, ne peuvent être que dangereuses.
Évidemment, la laïcité «à la française» est une exception. Serait-ce
en soi une faute ? Dans le fond, à quelle autre laïcité pourrions-nous
nous référer ? Peut-on être un peu, modérément, excessivement laïc ?
Les deux sphères sont séparées ou ne le sont pas. La laïcité est
d'abord une affaire d'État. Ensuite, elle est un contrat qui engage
l'ensemble de la communauté. Elle n'est pas une alternative, une
option, une opinion personnelle. Elle est un cadre de loi, la
traduction institutionnelle d'un processus de sécularisation qui a
touché l'ensemble des sociétés modernes.
Il n'y a pas de laïcité à la française car la laïcité est française. Il
n'y a pas de honte à le reconnaître. Cela empêche-t-il qu'elle soit
porteuse d'universalité ? Au contraire. Le propre d'un État laïque est
d'être neutre, au-delà des religions comme différences. Sans
distinction, sans discrimination ni favoritisme, sans relativisme. Et
c'est parce qu'il se place dans cet «au-delà» qui transcende les
particularismes religieux qu'il est fédérateur et le seul garant de
l'unité fondée sur l'adhésion de tous les citoyens aux valeurs
centrales.
Rappeler ce qu'est la laïcité, expliquer, clarifier, enseigner, mener une vraie campagne pédagogique, voilà ce qui manque cruellement. Pourquoi pas un ministère de la Laïcité ?
Leïla Babès
Le Figaro, 9 avril 2007
* Leïla Babès est professeur de sociologie des religions à l'université catholique de Lille, auteur du livre Le voile démystifié (Bayard, 2004).
identité française : réponse à Laurent Lévy (Michel Renard)
à propos de l'identité française
réponse à Laurent Lévy sur Oumma.com
posté le 14 mars 2007
Bonjour,
Laurent Lévy a décidé de s’affirmer par la haine de soi. C’est son droit. Mais cela le conduit à des considérations d’une ridiculité intellectuelle consternante.
Ainsi, cette phrase : "L’identité nationale, toujours et partout, se définit par rapport à ses ennemis". Et alors... ? Quel mal à cela ?
La Déclaration des Droits de l’homme - dont on aura du mal à prétendre qu’elle n’est pas un élément de l’identité française - se définit par rapport à des ennemis qui sont la tyrannie, "l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme"... N’est-ce pas louable ?
L’historien britannique d’expression française, Theodore Zeldin, a écrit dans les années 1970 une Histoire des passions françaises. On y trouve ce développement à propos du "rôle novateur" de la France dans l’établissement de la démocratie :
- "Il est vrai que la France a été le premier pays à adopter le suffrage universel. Elle a secoué le monde entier avec sa Déclaration des droits de l’homme, son usage répété de la révolution pour renverser des gouvernements arbitraires ou impopulaires, son triple principe de liberté, d’égalité et de fraternité et les chances de carrière qu’elle a offert au talent. Aussi son histoire ne concerne-t-elle pas seulement ses propres enfants, elle est également inséparable de celle de la modernisation survenue à chaque coin du globe. Aucune nation, aucune démocratie ne peut écrire sa propre histoire sans reconnaître à la France une dette ou une influence directe. L’histoire de France aura toujours un sens pour l’histoire universelle." (Histoire des passions françaises, 1848-1945, tome 5, Points-Seuil, 1981, p. 446 [conclusion])
On peut dire cela en dehors de tout "projet ethnique", sans penser que "la haine est la face cachée de la nation" comme l’écrit Laurent Lévy... D’autant que l’historien britannique complète son constat par celui des limites concrètes d’un tel rôle :
- "Il n’est cependant pas douteux que la société française telle qu’elle émergea de ces révolutions a progressivement cessé d’être un modèle. Des crises politiques répétées ont permis de penser que la démocratie, même en France, a échoué. La diversité d’opinions et d’intérêts semble avoir débouché sur l’immobilisme. Les privilèges sociaux n’ont pas été éliminés. Nombreuses sont les contradictions flagrantes entre les grands principes proclamés par les Français et la façon dont ils se sont comportés dans la pratique." (ibid.).
La lucidité historienne peut ainsi mêler des réflexions sur l’identité nationale (sans racisme nationaliste) et sur les limites des grands principes (sans haine de soi pathologique).
Ce à quoi était parvenu Fernand Braudel qui, écrivant au soir de sa vie L’identité de la France (1986) livrait son sentiment en prenant soin de de dire qu’il "n’interviendrait guère dans les pages de (son) ouvrage" :
- "Je le dis une fois pour toutes : j’aime la France avec la même passion exigeante et compliquée que Jules Michelet. Sans distinguer entre ses vertus et ses défauts, entre ce que je préfère et ce que j’accepte moins facilement".
Laurent Lévy dira-t-il que Braudel fut raciste, xénophobe et pétainiste... ?
Michel Renard
- Histoire des passions françaises, Theodore Zeldin, rééd. Payot, 2003.
- Identité de la France, Fernand Braudel, (1986), éd. poche Champs-Flammarion, 1999.



























































