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Forum musulman pour un islam laïque, argumentation contre l'islam politique et le fondamentalisme, défense des thèses du réformateur musulman égyptien Ali Abderraziq (1925) - Michel Renard

jeudi 29 mai 2008

Islam : réponse à Robert Redeker

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Islam : réponse à Robert Redeker

Leïla BABÈS


Invité dans l’émission de France 2 "On n’est pas couché" du 17 mai, vous avez reproduit, à peu de chose près, le contenu de l’article publié par le Figaro (19 septembre 2006) et qui vous avait valu une condamnation à mort sur Internet. À l’époque des faits, le choc produit par les menaces qui pesaient sur vous, et l’urgence de la mobilisation contre cette atteinte à la liberté d’expression, me paraissaient plus importants qu’une réponse dont, de surcroît, je n’aurais souhaité pour rien au monde qu’elle fût interprétée par vos détracteurs comme un témoignage à charge. C’est pourquoi je m’étais bornée à intervenir sur votre site pour expliquer en quelques mots les raisons de mon soutien, et mon désaccord avec le contenu de votre brûlot.

Il est temps à présent que l’on ouvre le débat, moins pour vous répondre que pour poser les questions qui font cruellement défaut dans le tissu de poncifs qui vous tient lieu d’analyse. À commencer par l’idée que les «musulmans modérés» ne vous ont pas assez soutenu. Voilà bien un qualificatif insultant, consacré par toute une vulgate médiatique qui s’interroge régulièrement sur le silence des «modérés», cette poignée de musulmans noyés dans le milliard d’extrémistes, tout juste assez civilisés pour être capables de répondre sans chercher à exterminer l’autre. J’en ai plus qu’assez d’entendre cette rengaine, lorsque ceux-là mêmes qui n’invitent que des prédicateurs islamistes, au mépris de tous les autres courants de l’islam, s’étonnent de ne pas nous entendre.

Lorsque j’ai signé la pétition de soutien, je ne l’ai pas fait en tant que musulmane «modérée», mais en tant que citoyenne convaincue qu’aucune critique, fût-elle blasphématoire - pour parler comme ceux qui instrumentalisent les religions pour nous intimider -, malhonnête ou ignorante, ne mérite de valoir à son auteur une condamnation. La critique radicale de l’islam - et pas seulement de l’islamisme - est un exercice auquel je me livre périodiquement dans mes chroniques à Médi1, radio franco-marocaine écoutée par des millions de Maghrébins. Vous voyez, je n’ai rien d’une «modérée».

Si au lieu de vous contenter de lancer des stéréotypes du genre «christianisme = religion de l’amour, islam = religion de la haine», vous aviez sérieusement soumis votre objet de détestation à la critique rationnelle dont vous vous piquez en vous comparant à Voltaire, vous auriez peut-être évité de comparer le prophète de l’islam à Hitler. Ce qui, au-delà de toute considération religieuse, est une niaiserie et un non-sens épistémologique surprenant de votre part.

Mais vous avez décidé que l’islamisme est définitivement l’islam, comme le prouve votre article qui porte en son titre le premier terme alors que l’ensemble du texte ne parle que du second. Vous me pardonnerez d’ajouter que les islamistes sont décidément bien bêtes de condamner quelqu’un qui apporte de l’eau à leur moulin. Bien entendu, vous avez raison de dénoncer le chantage à l’islamophobie, la ségrégation des sexes et le soutien apporté par des courants gauchistes aux islamistes, qu’ils considèrent comme les nouveaux damnés de la terre.

Le problème est que vous rabattez tous ces faits sur une vision essentialiste et culturaliste de l’islam, que vous désignez comme l’ennemi de la civilisation. Vous pouvez bien vous défendre d’attaquer les musulmans, vous ne faites pas autre chose lorsque vous les comparez aux adeptes de Hitler qui suivent leur chef (Mahomet). Lorsque vous parlez de l’islam qui «tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme», vous me paraissez hélas plus proche de Geert Wilders et d’Oriana Fallaci que de Voltaire, et certainement pas de l’islamologue Maxime Rodinson que vous citez dans votre article pour étayer votre maigre savoir sur l’islam.

Vous vous essayez au comparatisme dans une vision binaire séparant le christianisme, sécularisé, qui fait toujours passer l’autre avant lui, de l’islam, qui «tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des mœurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence». Le seul constat qui s’impose face à un tel concentré d’inexactitudes qui mêle théologie, préjugés et événements contemporains, de cette lecture grossière du choc des civilisations, est que l’historicité est le moindre de vos soucis. C’est oublier (ou ignorer ?) que la sécularisation s’est d’abord construite contre la religion, qu’elle a soumise à n’être rien d’autre qu’une confession. Vous dites que «le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.»

Le problème est qu’au lieu d’ouvrir un débat serein sur la question de la violence dans l’islam, vous ne faites qu’opposer les deux religions, et ça, c’est violent. Il est dommage que les quelques vérités que vous rappelez là soient submergées par une vision caricaturale des choses. Un exemple : la figure d’amour et de non-violence de Jésus, non pas celle des Evangiles, mais celle du Coran où il est présenté comme le seul prophète exempt de péché (à part Marie), né du souffle de Dieu. Force est d’admettre qu’à l’exception des courants soufis, la tradition musulmane a escamoté la dimension d’amour de Jésus pour ne retenir de lui que l’image d’un prophète important certes, mais un prophète parmi d’autres, ce qui est loin de correspondre à la place et au statut exceptionnels que le Coran confère au «Fils de Marie».

La question n’est pas d’opposer à votre schéma comparatiste l’argument naïf et contre-productif de ceux des musulmans qui s’indignent en répondant que non, l’islam est une religion de paix et de fraternité et qu’il est détourné de son sens profond par les méchants islamistes, mais de s’interroger sur les causes profondes de la violence, y compris en l’articulant, comme l’a fait Benoît XVI, à la foi. Vous écrivez : «Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran». Là, vous dites des sottises, M. Redeker. Ce qui habite les islamistes, ce n’est pas le Coran, qui ne leur sert que de source pour légitimer leurs actes, mais la prédication sauvage qui s’est développée à partir du début du XXe siècle. Je sais de quoi je parle, je descends d’une lignée de théologiens.

Vous avez pris soin, pour expliquer les causes profondes de la violence actuelle, de ne citer que les épisodes les plus troublants de la conscience musulmane, à commencer par le massacre de la tribu juive de Médine, les Qurayza. Nous ne savons que peu de chose de cet épisode inouï, et les raisons d’un tel massacre nous échappent. D’autres que moi vous l’ont certainement dit, si le texte coranique contient des versets de violence, il en contient d’autres qui contredisent cette orientation, comme c’est le cas pour la Bible. La vraie question aujourd’hui est là : que faire pour empêcher que l’on se serve des sources qui légitiment la violence ? Quels sont les instruments théologiques et politiques qui permettront d’élaborer une charte de paix et de compromis avec l’autre ?

Ce qui empêche tout aggiornamento, ce n’est pas «la haine qui fonde l’islam dans ses origines», ce sont les despotes qui instrumentalisent la religion comme source de légitimation et comme moyen de censure et de répression de toute velléité d’expression libre et de démocratisation ; ce sont des clergés qui puisent dans les lois les plus régressives - y compris en en détournant le sens - pour perpétuer leur pouvoir ; ce sont, enfin, les islamistes qui entendent faire de la loi religieuse l’unique source de leur projet totalitaire.

Ce qui manque, c’est le courage politique de décréter qu’il est interdit à quiconque de recourir aux textes religieux pour justifier la violence, de couper l’herbe sous le pied des terroristes et de tous les islamistes qui les soutiennent en les privant de toute légitimité religieuse. Il est urgent de constituer un comité de sages composé de dirigeants politiques et d’hommes et de femmes de bonne volonté pour établir ce consensus. C’est seulement dans ces conditions, en isolant les sources qui posent problème, en les protégeant même, qu’il sera possible d’entreprendre la réforme tant attendue.

Leïla Babès
Libération, "rebonds", 29 mai 2008

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- Leïla Babès professeure de sociologie des religions à l’université catholique de Lille

- le blog de Leïla Babès

- dernier ouvrage paru :  Le voile démystifié, Bayard, 2004.

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Posté par michelrenard à 17:51 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Merci Leïla pour ce très beau texte que je viens seulement de découvrir. Et également à Michel qui le relaie.

Amitiés.

Didier Bourg

Posté par Didier Bourg, dimanche 15 février 2009 à 18:17

Islam maïque mensonge

Extrait du livre « LES GLORIEUSES »




INTEGRATION ?????


Cultures trop courtes - MAMOUD ET IBRAHIM ne se comprennent pas.

Mamoud est un" beur". Ibrahim, un patriote algérien de l'époque de la guerre d'indépendance, est un homme fier. Comme le tribun révolutionnaire DANTON, il ne renie ni ses origines ni sa patrie. Il faut rappeler que Danton, la tête engagée sous le couperet de la guillotine s'est vu proposer ou la mort ou l'exil. Il aurait répondu :

"On n'emporte pas sa patrie à la semelle de ses souliers."

Pendant la guerre d'Algérie, Ibrahim travaillait en France dans le bâtiment. Il faisait partie des commandos du FLN chargés de la perception des "cotisations" et du devoir d'assistance patriotique. Cette assistance patriotique était une sorte de "volontariat obligatoire" tel qu'on l'entend dans tous les mouvements de guérilla.
Mahmoud n'était pas d'accord sur l'influence de l’Islam :

"Nous les jeunes, Allah on s'en fout. On est plus que laïques; on est athées. Ce n'est pas demain la veille du jour où on nous verra à la mosquée. La mosquée on en a rien à foutre, on aimerait mieux un local pour nous retrouver entre nous. D'accord, on fait le Ramadan mais ce n'est pas pour la Religion, c'est que pour la fête. On dort le jour et on a toute la nuit pour rigoler. Si y avait pas l'Islam, on pourrait même s'envoyer les filles qui sont au ramadan."
"Alors, si l'Islam veut nous recruter on enverra l'Imam sur les roses."

Ibrahim écoutait en rigolant. Son expérience paramilitaire de clandestin lui donnait un meilleur jugement. Son raisonnement était tout d'exécution.

"Mon petit Mahmoud, tu ne sais pas de quoi tu parles. C'est de notre faute. On ne vous a rien raconté, rien appris. On a tellement été habitués à fermer nos gueules, qu'on n'a jamais rien dit, ni rien expliqué parce que les beaux sentiments n'ont pas cours dans la clandestinité.
Si un mouvement politique armé (plus ou moins) décide de t'enrôler et que tu refuses de marcher. Si ce mouvement est en plus, religieux et puissant comme l'Islam, tu n'auras pas le choix. Tu marcheras ou tu mourras. Le FLN ne s'embarrassait pas de considérations morales dans son action. Une guérilla avec des considérations morales, ça ne tient pas la route. Alors, tu sais la mosquée dans l'affaire, c'est un bon centre de recrutement et de regroupement, surtout à l'heure des prières.
"Mets-toi bien dans la tête, mon petit Mahmoud, qu'il ne suffit pas de porter un fusil pour être le patron, mais qu'il faut surtout ne pas hésiter à s'en servir.
"Les combattants islamiques violents connaissent cela. Les faux-culs, à quatre pattes dans les mosquées, prêchent la tolérance en pensant au grand proverbe arabe :

"Assieds-toi au bord de l'oued et attends de voir passer le cadavre de ton ennemi."

"Te tracasse pas, les violents viendront les chercher, les fouettards de la tolérance, pour que cela aille plus vite. Pour l'instant, ils semblent en bonne voie d'intégration, ils font le gros dos en recrutant le plus possible de vrais croyants. Ils attendent leur heure :

"La main que tu ne peux couper; Baise là."

Ibrahim se foutait de la religion. Il la pratiquait comme beaucoup d'anciens du FLN, pour éviter des heurts avec les Musulmans convaincus. Il tenait à sa tranquillité et tout simplement à sa peau. En cela, il était sage et sans illusions. Mahmoud n'avait ni son expérience ni sa culture révolutionnaire. Ibrahim a voulu résumer, pour essayer de lui faire comprendre son avenir.

"Tu devrais lire les journaux, Mahmoud. Le Ministre de l'Intérieur, qui est aussi le Ministre des religions, a donné des chiffres. D'après lui, il y aurait en France cinq millions de Musulmans pratiquants qui se mettent à quatre pattes dans les mosquées. Il y aurait, en plus, cinq millions de Musulmans qui ne pratiquent pas. Les mecs comme toi, qui se prétendent athées, seraient aussi cinq millions. Pour l'instant, les agités sont dans tes cinq millions. Ce n'est même pas la peine de les mobiliser puisqu'ils continuent la guerre d'Algérie. Evidemment, ils font ça n'importe comment, plus en délinquants qu'en résistants. Ils brûlent des bagnoles, même celles de leurs copains, ils font des" tournantes" avec leurs copines françaises, pour se vider les couilles. Leur goût du vandalisme et du chahut est facile à canaliser dans une organisation structurée.
Quand j'étais au FLN, on était tous communistes ou assimilés. On voulait faire de l'Algérie une Démocratie Populaire. C'est raté ! Mais maintenant que l'affaire est reprise par l'Islam, tout le flouss du pétrole fera plus que la tchatche soviétique.
"Tu vois Mahmoud, que tu le veuilles ou nom, tu auras droit au casse-pipes au nom d'Allah. Tes racines sont autour de la Méditerranée, là où il y a tant de peuples d'assassins et de maffieux.
Lis le JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE et tu verras que ceux qui prennent leurs précautions pour se planquer, commencent par changer leur nom ou leur prénom; celui qui est trop Arabe. Cela ne sert à rien si tu as la tronche sémite.
"La conquête, elle est déjà commencée. Les médias nous aident pour cela. Le Ramadan et l'Aït el Kabîr deviennent petit à petit des fêtes nationales françaises. On en parle dans les journaux et à la télé. Dans peu de temps ce sera des jours fériés. Déjà, pour le ramadan en mélangeant avec le ski, on dispose des "vacances d'hiver". Pour l'instant, la JIHAD se fait en douceur."

Posté par artilleur, mardi 7 avril 2009 à 18:19

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