mercredi 17 juin 2009
burqa en France
France : un député pose la question
du port de la burqa
Le 17/06/2009 : Proposition de résolution n° 1725 de André Gerin
pour une commission d'enquête sur le port de la burqa
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jeudi 11 janvier 2007
Plaidoyer pour l’égalité dans l’héritage, en Tunisie
Plaidoyer pour l’égalité dans
l’héritage, en Tunisie
15 septembre 2006
Ce plaidoyer pour l’égalité dans l’héritage est le fruit d’un engagement collectif et pluriel mené en association par les militantes de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et de l’Association tunisienne des femmes pour la recherche sur le développement (AFTURD). Inscrit dans le prolongement de la campagne de sensibilisation lancée en 1999 sous forme de pétition nationale ainsi que de débats, rencontres et ateliers d’écriture qui en ont jalonné les étapes, il s’adresse à toutes et à tous, décideurs politiques et acteurs de la société civile avec la démonstration en 15 arguments que l’égalité dans l’héritage n’est ni de l’ordre de l’impensable, ni de l’ordre de l’impraticable dans notre pays.
Le changement social est majeur et s’inscrit dans l’histoire de la société tunisienne dans son rapport à la modernité. Loin d’être le fait exclusif des acteurs institutionnels et de l’Etat - dont il ne s’agit pas ici de sous-estimer l’action mobilisatrice -, ces changements sont aussi le fait de citoyens ordinaires qui, au quotidien, au sein de la famille, dans les lieux de travail, la cité, se posent en acteurs, refusant les contraintes, tissant de nouveaux rapports et inventant de nouvelles manières d’agir, de vivre le mariage, la maternité, les liens conjugaux, les responsabilités parentales, les charges familiales, les pratiques successorales.
Or si le changement social se mesure à l’ensemble de ces nouvelles réalités en rupture avec l’ancien (l’émergence de l’individu et de la famille conjugale, l’essor du travail féminin, la généralisation de l’enseignement, l’extension de la couverture sanitaire, les mouvements citoyens pour l’égalité et la démocratie), il reste aussi prisonnier de la force de l’ancien et des modèles qui perdurent et dont rendent compte les «objections» à l’égalité successorale entre les sexes.
1- Plaidoyer pour l’égalité dans l’héritage … Quelles objections ?
Les débats sur l’égalité dans l’héritage ont permis de prendre la mesure des attentes et des avancées réalisées dans la société mais aussi de dégager le poids des résistances. Ces résistances sont justifiées selon les personnes par :
1. La priorité accordée aux combats pour la consolidation des droits et des libertés publiques et la réticence à soulever une question «délicate». À quoi bon, se demande-t-on, revendiquer l’égalité successorale alors même qu’elle ne représente aucune urgence sociale et qu’elle ne concerne qu’une infime catégorie sociale? Ne faut-il pas plutôt oeuvrer à consolider les acquis et à inscrire dans la réalité les droits et libertés déjà conquis ?
2. L’attachement à l’islam, à ses institutions et à l’identité culturelle. À quoi bon, ajoute-t-on, exiger l’égalité dans l’héritage alors même qu’elle se heurte au donné divin et au texte sacré de l’Islam ? Quelle est l’urgence à exhumer une question qui risque de soulever les passions et de provoquer des crispations : crispations religieuses en raison de sa “racine charaïque” et de ses liens avec le texte sacré, crispations sociales en raison de son rôle structurant de la famille tunisienne, crispations politiques en raison de son inopportunité au regard des revendications identitaires ?
3. L’inopportunité sociale de la question. Pourquoi, insiste-ton, changer un système qui, en vigueur depuis des siècles, assure à sa manière une répartition «équitable» des biens et donne la preuve de son efficacité sociale? Pourquoi donc le changer et risquer de perturber un ordre établi et accepté?
2 - Plaidoyer pour l’égalité successorale … Pour en finir avec les privilèges !
Il s’agit aujourd’hui, cinquante ans après la promulgation du Code du
statut personnel, de contribuer par le plaidoyer à lever «l’hypothèque»
qui pèse encore sur la condition de millions de Tunisiennes
·
Parce que le régime successoral applicable aux Tunisiennes est
discriminatoire, fondé encore sur les privilèges masculin et religieux
(la règle du double au profit des hommes de la lignée masculine) ;
·
Parce qu’il est temps, cinquante ans après l’indépendance du pays, de
réaliser enfin l’égalité juridique pleine et entière entre les sexes
dans tous les domaines ;
· Parce que rien du point de vue éthique,
sociologique, économique, politique, culturel et juridique n’excuse les
discriminations à l’égard des femmes ;
· Parce que le développement économique et social atteint, plaide pour l’égalité des droits et des chances ;
· Parce que l’avenir de tous est dans la capacité du pays à développer le potentiel économique des femmes ;
· Parce que l’avenir commun des femmes et des hommes, d’une nation et d’un peuple est dans l’égalité et le juste partage.
Réformons la loi successorale et
établissons l’égalité
entre les sexes dans l’héritage !
3 - Plaidoyer pour l’égalité dans l’héritage … Quels types d’arguments ?
Appuyé sur l’observation, l’étude et l’argumentation, le plaidoyer poursuit l’objectif de :
·
Revoir la question successorale à la lumière des changements
économiques et des transformations sociales que la Tunisie a
enregistrés depuis l’indépendance. Le but est d’identifier dans la
société actuelle les éléments de rupture avec le modèle inégalitaire et
de rendre compte des nouvelles dimensions économiques et sociales que
revêt la question de l’inégalité successorale (I - Argumentaire
socio-économique).
· Repenser la question successorale à la lumière
des évolutions législatives et jurisprudentielles que la Tunisie a
enregistrées au cours de ses cinquante ans d’intense production
juridique (II- Argumentaire juridique).
· Approcher la question
successorale dans ses dimensions culturelles et ses constructions
symboliques et religieuses afin de lever le voile sur ses présupposés
idéologiques et ses fonctions de légitimation de l’ordre patriarcal. A
contrario, il s’agit de rendre compte des changements culturels, de
l’adhésion des acteurs aux valeurs d’égalité et de leur capacité à
mobiliser plusieurs registres pour atteindre en pratique l’égalité (III
- Argumentaire culturel).

La première femme gynécologue au milieu de ses collègues
du corps médical. Aujourd’hui (2005) elle a près de 80 ans - source
Arguments complémentaires
déployés en 15 points tirés de l’analyse objective
et méthodique du terrain, ils
plaident pour
la levée des inégalités successorales.
I - POUR L’ÉGALITÉ SUCCESSORALE : LES ARGUMENTS SOCIO-ÉCONOMIQUES
Puisées dans la réalité et le vécu des acteurs, ces données rendent compte de l’anachronisme du système de l’inégalité successorale au regard des avancées économiques et sociales du pays et des nouveaux rôles assumés par les femmes.
ARGUMENT 1 - MUTATIONS DE LA FAMILLE TUNISIENNE : DÉCALAGE ENTRE LA RÉALITÉ CONJUGALE ET LE MODÈLE LÉGAL SUCCESSORAL
Les études socio-économiques font état de l’ampleur du changement
social en Tunisie. A la famille traditionnelle de type patriarcal
-fondée sur le groupe avec sa hiérarchie des sexes et des âges- se
substitue progressivement la famille conjugale (69% du total des
familles). Cette transformation, dont les facteurs sont multiples, est
en voie de produire de nouveaux types de comportements et d’induire de
nouveaux rapports entre les hommes et les femmes favorables à
l’émergence de l’individu et à la reconnaissance de son autonomie. Le
déphasage est de plus en plus en plus flagrant entre le système légal
de transmission des biens par héritage, bâti sur le modèle traditionnel
de la famille patriarcale et les structures actuelles de la famille
moderne tunisienne, famille de type conjugal. En réalité l’argument
s’il en faut, est de mettre le dispositif juridique en harmonie avec la
nouvelle échelle de valeurs en usage dans une société où l’accès des
femmes au travail, à l’éducation, à l’espace public, pulvérise les
schèmes traditionnels de la domination patriarcale dont la
discrimination successorale constitue un des fondements et un des
mécanismes de reproduction.
ARGUMENT 2 - LA CONTRIBUTION ÉCONOMIQUE DES FEMMES
Actives, les femmes contribuent fortement à la prise en charge
familiale. Elles en assument une part importante et participent par
leur salaire ou leurs revenus au bien être et au confort familial.
L’accès massif des femmes au travail et au salariat représente une
nouvelle réalité. Il impose de nouvelles représentations et implique de
nouveaux engagements dans le couple et la famille. «Les femmes gagnent
un salaire, gèrent le budget, s’occupent du foyer et exercent un
métier». Prenant part au bien-être matériel de la famille et de la
collectivité, elles se posent désormais en productrices de biens et de
sens.

Pr. Habiba Bouhamed Chaabouni, Tunisie
Toutes les enquêtes montrent que le travail des femmes contribue à consolider leur autonomie financière, à instaurer des rapports de partenariat au sein du couple, à affermir l’indépendance économique de la famille et sa capacité à faire face aux aléas de la vie moderne, à valoriser le statut économique du couple qui gagne en confort matériel et en prestige social, à assurer une meilleure prise en charge des besoins de la famille en termes d’éducation des enfants, de soins et de culture. La contribution des femmes est aussi perceptible à leur participation à la constitution du patrimoine familial immobilier par l’acquisition du logement au moyen du crédit ou par apport propre, l’amélioration des conditions d’habitat et la charge de l’entretien du bâti. Il est juste dans ces conditions d’équilibrer le potentiel économique des femmes en abolissant la discrimination en matière successorale. A responsabilité égale, une part égale dans l’héritage des biens.

Pr. Habiba Bouhamed Chaabouni, Tunisie
ARGUMENT
3 - L’INÉGALITÉ SUCCESSORALE EST UN HANDICAP SOCIAL ET UN FACTEUR
AGGRAVANT LA PRÉCARITÉ ÉCONOMIQUE ET LA VULNÉRABILITÉ SOCIALE DES FEMMES
Phénomène universel, la féminisation de la pauvreté ou la paupérisation
des femmes rend compte non seulement de la conjonction de deux facteurs
cumulatifs (d’une part, la pauvreté économique, d’autre part, les
rapports inégaux de sexe), mais aussi de leurs effets multiplicateurs
sur la condition socioéconomique des femmes. Toutes les études montrent
que la précarité (prise dans un sens restrictif ou extensif) touche
plus durement les femmes et menace les plus vulnérables d’entre elles
de sombrer dans la pauvreté absolue. Ainsi, il y aurait dans le monde 3
milliards de personnes vivant dans la pauvreté, dont 70 % seraient des
femmes. L’inégalité successorale constitue un handicap social et un
facteur aggravant la précarité économique et la vulnérabilité sociale
des femmes.
Ces travaux soulignent l’effet multiplicateur de la
précarité économique en cas de violence. Celle-ci agit en renforçant
l’impact de la violence sur les femmes. Lutter contre la pauvreté,
c’est lutter contre les législations patrimoniales discriminatoires.
Lutter contre la pauvreté, c’est aussi lutter contre les facteurs
multiplicateurs de la violence à l’égard des femmes, dont les lois
patrimoniales discriminatoires.
ARGUMENT 4 - LA FORCE DES MODÈLES ET LES BRÈCHES APPORTÉES AU SYSTÈME DE L’AGNATION DE LA PROPRIÉTÉ FONCIÈRE
Comme par le passé, mais non dans les mêmes proportions, la terre
continue dans le présent d’appartenir aux hommes. Participant de la
structure même de la famille patriarcale, de sa reproduction, de sa
puissance, de sa diffusion et de ses stratégies matrimoniales, le
patrimoine foncier s’est construit et continue de se construire sur le
principe de l’agnation et de sa transmission aux mâles par les mâles.
Toutefois les études montrent que lorsque les législations nationales
s’y prêtent, les femmes sont capables de développer, à l’égal des
hommes, l’esprit d’initiative et d’entreprise foncière. Ainsi en dépit
des handicaps dans le domaine de la propriété foncière marquée par
l’agnation de la terre, les femmes tunisiennes ont su développer un
entreprenariat agricole. Ce potentiel attend d’être confirmé par une
législation établissant l’égalité des droits et des chances dans le
circuit de la gratuité patrimoniale.
ARGUMENT 5 - STRATÉGIES INDIVIDUELLES ET PRATIQUES INNOVANTES DE PARTAGE ÉGALITAIRE
Force est de constater que la réalité sociale est parfois en avance sur
les législations nationales et les règles officielles. Adhérant aux
valeurs d’égalité, les individus, femmes et hommes, mettent en place
des stratégies compensatoires et usent des multiples ressorts que leur
offre le système juridique. Les partages égalitaires et les pratiques
innovantes constituent une réalité qui s’impose tous les jours
davantage : donations à parts égales au profit des enfants, ventes et
libéralités entre ascendants et descendants, testament au profit de
l’épouse, des filles, des nièces, partage égal des biens du vivant des
parents, liquidation de l’héritage à part égale entre les frères et les
soeurs, entre les époux, etc. Il s’agit d’un phénomène dont le sens ne
peut laisser indifférent le législateur moderne à qui revient la
régulation juridique des rapports sociaux.
II - POUR L’ÉGALITÉ SUCCESSORALE : LES ARGUMENTS DE DROIT
Ces arguments tirés de la logique positive de l’ordre juridique tunisien et de ses principes fondamentaux invalident en droit les inégalités successorales.
ARGUMENT
6 - L’INÉGALITÉ SUCCESSORALE EST CONTRAIRE AUX PRINCIPES
CONSTITUTIONNELS D’ÉGALITÉ DES CITOYENS ET DE GARANTIE DES LIBERTÉS
FONDAMENTALES
Deux principes sont élevés au rang supérieur
de principes constitutionnels déterminant la validité en droit de tout
l’édifice juridique : les principes des articles 5 et 6 de la
constitution tunisienne du 1er juin 1959.
Article 5 : «La république
tunisienne garantit les libertés fondamentales et les droits de l’homme
dans leur acception universelle, globale, complémentaire et
interdépendantes. La république tunisienne a pour fondements les
principes de l’état de droit et du pluralisme et oeuvre pour la dignité
de l’homme et le développement de sa personnalité (…). La république
tunisienne garantit l’inviolabilité de la personne humaine et la
liberté de conscience et protège le libre exercice des cultes sous
réserve qu’il ne trouble pas l’ordre public».
Article 6 : «Tous les citoyens ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi».
Principes constitutionnels auxquels est attachée une valeur supérieure,
ils s’imposent aux lois et invalident les discriminations
successorales. Sur cette base il a été jugé dans les affaires
d’héritage où il y a différence confessionnelle entre les époux que «la
prohibition de toute discrimination sur des bases religieuses est un
principe fondamental de l’ordre juridique tunisien» et que toute
discrimination sur des bases religieuses contredit l’article 6 de la
constitution tunisienne «en créant deux catégories de Tunisiens».
[Tribunal de Tunis, 18 mai 2000. 2000/7602]
ARGUMENT
7 - L’INÉGALITÉ SUCCESSORALE EST CONTRAIRE AUX STANDARDS UNIVERSELS
RECONNUS DANS LES TRAITÉS DÛMENT RATIFIÉS PAR LA TUNISIE
L’État tunisien n’est pas resté indifférent au discours sur les droits
universels de la personne humaine qui, au plan des relations
internationales est aujourd’hui déterminant et qui, au plan interne, se
fait entendre par la voie des associations pour la défense des droits
de la personne et des libertés fondamentales, des syndicats, des
partis, etc. Élevés au rang de "substrat minimum" auquel la communauté
internationale dans son ensemble se sent tenue, les droits de la
personne humaine proclamés dans les instruments internationaux
conventionnels et autres ne peuvent se suffire à une existence purement
internationale. Leur effectivité est toute entière suspendue à leur
réception et à leur intégration dans les ordres juridiques internes des
États. En droit tunisien, cette intégration est assurée au moyen de la
ratification qui confère aux traités une autorité supérieure aux lois.
L’article 32 nouveau § 3 in fine de la constitution tunisienne consacre en termes clairs cette supériorité : «Les traités ratifiés par le président de la République et approuvés par la chambre des députés ont une autorité supérieure à celle des lois». Trois effets s’attachent à la supériorité des traités par rapport aux lois. En premier lieu, le traité modifie automatiquement dès son approbation et sa ratification les lois contraires antérieures, et ce, en vertu du principe selon lequel une règle est abrogée par une règle contraire d’une valeur juridique égale ou supérieure. En second lieu, il ne peut être porté atteinte au traité de quelque manière que ce soit par une loi postérieure : la loi nouvelle ne peut aller à l’encontre d’un traité sans violer la hiérarchie des normes et donc la constitution. En troisième lieu, les tribunaux judiciaires et administratifs sont tenus, en cas de contrariété entre les normes, d’écarter la norme législative contraire à la norme du traité.
Partant de ces principes, l’inégalité
successorale est contraire aux traités suivants :
• Le Pacte
international relatif aux droits civils et politiques. Traité
multilatéral. Adoption : A.G./ONU. 16 décembre 1966. Entrée en vigueur
: le 3 janvier 1976. Ratifié sans réserve par La Tunisie : Loi n° 68-30
du 29.11.1968. JORT du 29 novembre - 13 décembre 1968. Publication :
Décret n° 83-1098 du 21.11.1983, JORT du 6 Décembre 1983. p. 3143.
•
La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination
à l’égard des femmes. Adoption : A.G./ONU.18 décembre 1979.
Ratification : loi n° 85-68 du 12 juillet 1985, JORT, n° 54, 1985, p.
919. Réserves : art. 9 §2, art 16 § c,d,f,g,et h, et déclaration
générale.
Les discriminations à l’égard des femmes en matière
successorale sont contraires aux dispositions des articles 2 et 3 du
Pacte ainsi qu’à l’article 1er de la convention de Copenhague «Aux fins
de la présente convention, l’expression “discrimination à l’égard des
femmes”, vise toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le
sexe qui a pour objet ou pour but de compromettre ou de détruire la
reconnaissance, la jouissance, ou l’exercice par les femmes quel que
soit leur état matrimonial, sur la base de l’égalité de l’homme et de
la femme, des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans les
domaines politiques, économique, social, culturel, et civil ou dans
tout autre domaine». Du point de vue du droit international, les
réserves qui servent à exclure ou à modifier l’effet juridique de
certaines dispositions du traité dans leur application à l’Etat qui les
a exprimées ne sont possibles qu’à la condition, entre autre, que «la
réserve ne soit pas incompatible avec l’objet et le but du traité».
(Article 19 de la convention internationale sur le droit des traités
(ratifiée par la Tunisie le 23 juin 1971). Pour sa part, la convention
de Copenhague sur l’élimination de toutes les formes de discrimination
à l’égard des femmes prévoit en son article 28 «Aucune réserve
incompatible avec l’objet et le but de la présente convention ne sera
autorisée».
ARGUMENT 8 - L’INÉGALITÉ SUCCESSORALE EST CONTRAIRE À L’ESPRIT LIBÉRAL DU LÉGISLATEUR TUNISIEN
Dans un système de droit positif, comme le système tunisien,
l’interprétation des textes ne peut se faire sans tenir compte de la
cohérence générale des lois et de l’esprit du législateur qui les a
insufflées. Comment continuer à admettre l’inégalité successorale dans
le pays du CSP marqué dès sa promulgation le 13 août 1956 par son
esprit d’innovation (l’interdiction de la polygamie, l’abolition du
droit de “jebr” (droit de contrainte), la suppression du tuteur
matrimonial, l’instauration du divorce judiciaire, l’abrogation de la
répudiation) et par l’esprit de justice des lois qui l’ont complété et
amélioré : l’adoption plénière, l’abolition du devoir d’obéissance, la
réciprocité dans le traitement bienveillant entre époux, la tutelle des
mères gardiennes de leurs enfants mineurs en cas de divorce, la
communauté des biens limité aux acquêts, l’action en recherche de
paternité ?
ARGUMENT 9 - L’INÉGALITÉ SUCCESSORALE EST CONTRAIRE AUX RÉCENTES ÉVOLUTIONS JURISPRUDENTIELLES
L’examen de la jurisprudence des tribunaux permet de relever que face à
un traditionnel courant conservateur, une nouvelle tendance se fait
jour, mettant au fondement du droit les principes d’égalité des
citoyens, de non-discrimination et de liberté. La jurisprudence des
tribunaux est de plus en plus favorable à l’application des principes
d’égalité et de non discrimination. L’évolution vient de se confirmer
avec l’inédite décision de la cour de cassation en date du 22 décembre
2004 (Cour. Cass. n° 3843/2004) qui apporte confirmation à l’arrêt du
14 juin 2002 de la cour d’appel de Tunis (C.A, Tunis, n° 82861) et à
celui du 18 mai 2000 du Tribunal de première instance de Tunis (TPI, n°
7602/ 2000).
Plusieurs dispositions du droit positif ont été mises à profit et ont développé leur potentiel émancipateur : celles d’abord du statut personnel dans les rapports de droit international privé pour écarter la polygamie, rejeter la répudiation, imposer le libre et plein consentement, valider le mariage de la musulmane avec un non musulman ; les dispositions tirées de la constitution par référence à l’article 5 sur la liberté de conscience et le libre exercice des cultes pour faire échec à la «disparité de culte» comme cause d’empêchement à succession, et à l’article 6 sur l’égalité en droits et en devoirs des citoyens et devant la loi pour faire échec à la répudiation. Il n’est pas jusqu’aux conventions internationales, supérieures aux lois après ratification, qui ne soient invoquées pour faire barrage aux interprétations discriminatoires : en particulier la convention de New York sur l’âge au mariage et l’enregistrement du mariage, la convention de Copenhague sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, les deux pactes internationaux sur les droits civils et politiques, économiques et sociaux, voire même la Déclaration universelle des droits de l’homme dénuée pourtant de valeur juridique.
ARGUMENT 10 - L’INÉGALITÉ SUCCESSORALE EST PERTURBATRICE DES RELATIONS SOCIALES ET FAMILIALES
Le propre de la règle de droit est d’assurer l’équilibre des relations
sociales. Pousser les individus à adopter, par défaut législatif, des
stratégies de contournement est préjudiciable non seulement à la
cohérence de l’ordre juridique tunisien dans son ensemble mais aussi à
l’équilibre des rapports sociaux. Par son double registre à la fois
laïc et religieux, traditionnel et moderne le C.S.P. installe une
schizophrénie juridique génératrice de troubles d'identification et
ouvre la voie aux interprétations et aux applications les plus
fantaisistes. Il installe un antagonisme dans les valeurs du droit et
cesse par effet d’annulation de jouer son rôle régulateur des rapports
sociaux. A quand des rapports apaisés par la loi ?
III - POUR L’ÉGALITÉ SUCCESSORALE : LES ARGUMENTS CULTURELS
Dans les sociétés musulmanes la question successorale relève, dit-on, du dogme. La règle que «à même degré de parenté les hommes ont deux fois plus que les femmes» apparaît comme un donné immuable. Or, l’observation montre qu’en pratique les sociétés musulmanes ont, sur cette question, inventé des stratégies «d’évitement» de la loi charaïque et que, comme sur d’autres aspects, les sociétés islamiques ont vécu en «armistice» avec le modèle légal. Plusieurs éléments en témoignent dont les suivants :
ARGUMENT 11 - L’HISTOIRE DE LA TRANSMISSION DES BIENS EN PAYS D’ISLAM OU AUX ORIGINES DU SYSTÈME SUCCESSORAL
L’histoire de la constitution des biens en pays d’islam et leur
transmission par héritage mérite d’être rappelée. Les travaux
d’anthropologie historique montrent que le régime successoral trouve
son principe de cohérence dans l’ancien ordre tribal de l’Arabie
préislamique et dans la structure de la société patriarcale et
guerrière d’alors. Il est attesté que l’exclusion des femmes de
l’héritage durant la période préislamique n’est pas fondée sur des
considérations de genre mais bien sur des considérations tenant à
l’organisation tribale de la société arabique. Le patrimoine était
commandé par le degré de participation aux combats. Il constituait une
source principale de revenus et un moyen de défense de la tribu. C’est
pourquoi les femmes n’étaient pas les seules exclues du système. En
étaient aussi privés les enfants et «tous ceux qui n’avaient pas de
monture, ne portaient pas le sabre, ne triomphaient pas d’un ennemi».
Cet état n’est pas propre à la société arabe préislamique. Il prévalait
dans presque toutes les sociétés dont l’économie était fondée sur le
butin de guerre et dans lesquelles les biens étaient remis entre les
mains des hommes. Le deuxième facteur tient à la règle de prise en
charge (qawama). Puisqu’il il revenait à l’homme de subvenir aux
besoins des membres de la famille, c’est à lui que revenait en
exclusivité la possession des biens. Plus rien ne justifie dans le
monde moderne le maintien d’un tel régime discriminatoire et archaïque
ARGUMENT 12 - LES PROCÉDÉS TRADITIONNELS DÉROGATOIRES VISANT L’EXCLUSION DES FEMMES
L’existence, de tout temps, de pratiques dérogatoires à l’obligation
religieuse d’attribuer aux femmes leurs parts de l’héritage est
attestée par de nombreux travaux d’histoire. Le “habous” a constitué un
moyen «autorisé» d’éviction des femmes de la propriété foncière. Les
actes des “habous”, au moyen desquels le fondateur du bien, par
contournement des règles charaïques sur l’héritage des femmes,
attribuait l’exclusivité de leur jouissance et possession à ses
ayants-droit parmi sa descendance mâle, était une pratique courante qui
avait triomphé des interdits du droit savant. Ni leur annulation par
Ûmar Ibn Abdel Aziz, ni les conditions draconiennes posées par les
docteurs malékites (la privation du testateur de son bien dès
l’établissement de l’acte, la prise de possession immédiate par le
bénéficiaire), n’en ont empêché l’usage général. Jouant des multiples
ressorts qu’offraient les divergences doctrinales (al ikhtilaf al
fiqhi) et les mettant à leur profit, les légataires choisissaient de se
placer sur «la voie de Abu Youssef le compagnon de l’Imam Abu Hanifa»,
sacrifiant ainsi le rigorisme aux ruses et les femmes à l’ordre de la
famille patriarcale. La loi charaïque n’a pas constitué un obstacle à
la spoliation des femmes!
ARGUMENT 13 - LES CONSTRUCTIONS HISTORIQUES DU SYSTÈME SUCCESSORAL EN TUNISIE ET L’EXCLUSION DES FEMMES
Les «hiyal», les subterfuges légaux, ont existé aussi en Tunisie. Ils
ont constitué des modes dérogatoires participant à l’exclusion des
femmes. Les études montrent que le système des “habous” a constitué
- sauf à de rares exceptions- le plus grand moyen d’éviction des femmes
de la propriété foncière. Admises et pratiquées par les malékites,
réputés pourtant rigoristes, par emprunt aux doctrines hanéfites, ces
stratégies de contournement n’ont pas semble-t-il choqué la conscience
musulmane. Cette pratique a été abolie en Tunisie par l’effet des lois
de 1957-1958. En quoi l’égalité est-elle sacrilège ?
ARGUMENT 14 - RÉFORMISME MUSULMAN, PREMIÈRES REMISES EN CAUSE PAR TAHAR AL HADDAD ET CRISPATIONS CULTURELLES AU SUJET DES FEMMES
C’est à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle que s’amorce dans
les pays musulmans le lent et difficile processus de modernisation de
l’État et de son droit. Le réformisme tunisien qui se présente déjà
comme un nationalisme s’alimente de cet apport. Or, dans le cadre de la
pensée réformiste la question de la «Musulmane», tout en faisant
l’objet d’un traitement nouveau, finit par prendre et pour longtemps
des contours culturalistes et identitaires. Dans la perspective
réformiste et son néo-classicisme théologique, «l’émancipation» des
femmes se réduit au thème de l’instruction des jeunes filles musulmanes
avec cette triple limite qu’il s’agit de l’apprentissage de la langue
arabe, axé sur la morale et l’histoire de l’islam et préparant les
jeunes filles, à travers des travaux manuels de type domestique, au
rôle traditionnel qui leur est assigné au sein de la famille musulmane.
Sous la poussée des nouvelles réalités socio-politiques du pays
(domination coloniale), ce réformisme a subi de nouvelles mutations et
s’est transformé soit en conservatisme, fournissant à l’islam officiel
des Etats sa doctrine et ses instruments d’hégémonie politique et
culturelle, soit en son opposé, l’islam contestataire et radical des Frères Musulmans. Dans l’ordre de la pensée réformiste, c’est seulement
sous la plume de Tahar al Haddad, que la question de l’émancipation des
femmes, a pris en 1930, une dimension novatrice.
Comment admettre
qu’on en soit encore là à se poser toujours les mêmes questions au
sujet de l’égalité en droit et en dignité ? Ne faut-il pas mettre fin
aux atermoiements ?
ARGUMENT 15 - EXCLUSION DES FEMMES DE L’HÉRITAGE ET PRATIQUES INÉGALITAIRES
Les pratiques inégalitaires et l’exhérédation des femmes du patrimoine
sont toujours de mise dans notre pays. Les enquêtes sociologiques
révèlent leur persistance sous différentes formes et modalités. Le
partage inégalitaire prend soit la forme du favoritisme familial à
caractère parental soit celle de la main - mise à l’intérieur de la
famille (hawz). Ces «escroqueries» subies en silence et visant en
particulier les femmes, constituent, selon les enquêtes, les cas les
plus fréquents : détournement de l’objet de la procuration générale à
l’insu de la personne qui l’a signée, main mise du tuteur ou du
curateur sur le bien en héritage, falsification des actes notariés,
certificats de décès ne comportant pas le nom de tous les héritiers (en
particulier les épouses non musulmanes), libéralités consenties par
forcing (en cas de maladie ou de faiblesse liée au grand âge), prise de
possession des biens appartenant aux héritiers vivant à l’étranger,
refus de partage. Ces pratiques montrent que la question successorale
participe de réflexes autres que religieux.
► Compte tenu de ce qui précède, il est temps de :
1 - Abolir les privilèges,
2 - Modifier la loi sur l’héritage,
3 - Établir l’égalité successorale entre les sexes
source : Kalima Tunisie (15 septembre 2006)
mercredi 3 janvier 2007
réaction à un article de François Burgat (Michel Renard)
Réaction à un article de François Burgat
Michel RENARD
Sur le site Oumma.com, François Burgat a publié, le 1er janvier 2007, un court article consacré à la place injustifiée, selon lui, que les médias en France accorderaient aux analyses critiques des "humeurs protestataires et (du) goût intempestif de la violence de l’immense majorité… de ces intégristes". Il écrit notamment :
- "Depuis le «psychanalyste musulman» qui a découvert (et qui le lui reprocherait !) tout le plaisir qu’il a à ne plus l’être, jusqu’au converti de fraiche date qui vient avec entrain, du haut de son soufisme tout neuf (ah… le bon soufisme !), pourfendre si opportunément la résistance du Hamas et du Hezbollah, sans oublier bien sûr la banlieusarde qui refuse d’être «soumise», l’imam adoubé par les généraux d’outre méditerranée, le roi de la caméra cachée régulièrement «infiltré chez les terroristes», le spécialiste des pathologies de la pensée musulmane et, de l’extrême droite chrétienne à l’extrême gauche marxiste, toute la cohorte des perdants récents de la politique arabe, venus sur le ton de l’expertise nous dire combien nous avons raison de penser tout ce mal de «nos ennemis communs», la palette sans cesse renouvelée des médiateurs «islamiquement corrects» de l’autre musulman s’enrichit et se renouvelle à l’infini.Chacune et chacun de ces hérauts de nos «autres» a bien évidement son charme, sa respectabilité et sa légitimité. Le problème est que leur fortune médiatique est trop souvent inversement proportionnelle à leur ancrage dans la population qu’ils sont supposés représenter. Et qu’ils ne doivent leur temps d’antenne qu’à leur capacité à occulter beaucoup d’autres visions, bien d’autres sensibilités, de multiples autres exigences, qui sont souvent celles de la vaste majorité de leurs concitoyens ou de leurs compatriotes, ainsi privés de voix." (...)
(François Burgat)
Pertinence intellectuelle et "représentativité"
- j'ai adressé au site le commentaire suivant :
as salam ‘aleikum
François Burgat - dont j’appréciais les analyses sur le conflit algérien dans les années 1990 mais dont je ne partage plus les vues sur l’islamisme international - écrit :
"Chacune et chacun de ces hérauts de nos «autres» a bien évidement son charme, sa respectabilité et sa légitimité. Le problème est que leur fortune médiatique est trop souvent inversement proportionnelle à leur ancrage dans la population qu’ils sont supposés représenter".
En vertu de quel étrange raisonnement la pertinence intellectuelle devrait-elle être liée à une quelconque "représentativité"... ?
Bien sûr, les médias doivent tenir compte des réalités sociologiques, mais la valeur du débat intellectuel n’est pas le reflet de la sociologie. Il importe de donner la parole aux porteurs d’une analyse critique qui n’ont pas forcément une "majorité" derrière eux.
Je préfère réfléchir avec les propos de ce "spécialiste des pathologies de la pensée musulmane" (je suppose qu’il s’agit d’Abdelwahab Meddeb), plutôt qu’avec les vociférations antisémites et négationnistes d’Ahmadinejad, président de la République islamique d’Iran...
wa salam
Hilal-Michel Renard
PS - Ce commentaire a été publié mais le lien avec ce blog a été censuré, bien sûr...
- Abdelwahab Meddeb, La maladie de l'islam, Seuil, éd. de poche, 2005.
- Abdelwahab Meddeb, Contre-prêches, Seuil, 2006.
Abdelwahab Meddeb, écrivain et poète, né en 1946 à Tunis, a publié une vingtaine de livres. Il enseigne la littérature comparée à l'université Paris X-Nanterre et anime l'émission " Cultures d'islam " sur France Culture.
samedi 16 décembre 2006
interviews de Wafa Sultan, psychologue américano-arabe

Wafa Sultan sur la chaîne quatarie al-Jazeera, le 21 février 2006
interview de Wafa Sultan
psychologue américano arabe,
sur Al Jazeera
21 février 2006
Extraits de l’interview de Wafa Sultan, psychologue américano arabe, sur Al Jazeera.
Wafa Sultan : "Le conflit auquel nous assistons n’est pas un conflit de religions ou de civilisations. C’est un conflit entre deux opposés, entre deux époques. C’est un conflit entre une mentalité qui appartient au Moyen-Âge et une autre qui appartient au XXIe siècle. C’est un conflit qui oppose la civilisation au retard, ce qui est civilisé à ce qui est primitif, la barbarie à la raison. C’est un conflit entre la liberté et l’oppression, entre la démocratie et la dictature. C’est un conflit entre les droits de l’Homme d’une part, la violation de ces droits de l’autre. C’est un conflit qui oppose ceux qui traitent les femmes comme des animaux à ceux qui les traitent comme des êtres humains. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est pas un conflit de civilisations. Les civilisations ne s’affrontent pas ; elles se complètent.
Voir l’interview avec sous-titrage en Francais :
- http://www.dailymotion.com/video/65587
(…)
Animateur : Si je comprends bien, vous dites que les événements actuels représentent l’opposition de la culture occidentale au retard et à l’ignorance des musulmans ?
Wafa Sultan : Oui, c’est ce que je dis.
(…)
Animateur : Qui a inventé le concept de conflit de civilisations ? N’était-ce pas Samuel Huntington ? Ce n’était pas Ben Laden. J’aimerais évoquer le sujet, si vous voulez bien…
Wafa Sultan : Les musulmans sont les premiers à avoir employé cette expression. Ce sont les musulmans qui ont déclenché le conflit des civilisations. Le Prophète de l’islam a déclaré : ’J’ai reçu l’ordre de combattre ceux qui ne croient pas en Allah et en son Messager.’ En divisant la population entre musulmans et non-musulmans et en appelant à combattre les autres jusqu’à ce qu’ils adoptent leurs propres croyances, les musulmans ont ouvert le conflit et déclenché la guerre. Les ouvrages et programmes islamiques regorgent d’appels au takfir et au combat des infidèles.
Mon collègue a déclaré qu’il n’offense jamais autrui dans ses croyances. Quelle civilisation au monde l’autorise à donner aux autres des appellations qu’ils ne se sont pas choisies eux-mêmes ? Une fois, il les appelle ’Ahl Al-Dhimma’, une autre fois ’le Peuple du Livre’ ; une autre fois encore, il les compare à des singes et des porcs, où il appelle les chrétiens ’ceux qui éveillent la colère d’Allah’. Qui vous a dit qu’ils sont le ’Peuple du Livre’ ? Ils ne sont pas le Peuple du Livre ; ils sont le Peuple de nombreux livres. Tous les ouvrages scientifiques utiles que vous possédez aujourd’hui sont à eux ; c’est le fruit de leur libre pensée et de leur créativité. Qui vous donne le droit de les appeler ’ceux qui éveillent la colère d’Allah’ ou ’les égarés’, pour venir ensuite raconter que votre religion vous défend d’offenser les croyances d’autrui ?
Je ne suis ni chrétienne, ni musulmane, ni juive. Je suis un être humain laïque. Je ne crois pas à surnaturel, mais je respecte le droit d’autrui à y croire.
Dr Ibrahim Al-Khouli : Etes-vous hérétique ?
Wafa Sultan : Appelez-moi comme vous voudrez. Je suis un être humain qui ne crois pas au surnaturel…
Dr Ibrahim Al-Khouli : Si vous êtes hérétique, il ne sert à rien de vous faire des reproches, vu que vous avez blasphémé contre l’islam, contre le Prophète et le Coran…
Wafa Sultan : C’est un problème personnel qui ne vous concerne pas.
(…)
Wafa Sultan : Mon frère, vous pouvez croire aux pierres tant que vous ne me les lancez pas dessus. Vous êtres libre d’adorer qui vous voulez, mais les croyances des autres ne vous regardent pas, qu’ils croient que le Messie est Dieu, fils de Marie, ou que Satan est Dieu, fils de Marie. Laissez les gens croire en ce qu’ils veulent.
(…)
Wafa Sultan : Les Juifs ont derrière eux la tragédie de l’Holocauste et ont [néanmoins] obligé le monde à les respecter au moyen de leur savoir, non de leur terreur ; [ils ont forcé le respect du monde] par leur travail, non en pleurant et en criant. L’humanité doit la plus grande partie des découvertes et de la science des 19ème et 20ème siècles aux scientifiques juifs. 15 millions de personnes, éparpillées à travers le monde, se sont unies pour gagner leurs droits grâce à leur travail et à leurs connaissances. Nous n’avons pas vu un seul Juif se faire sauter dans un restaurant allemand. Nous n’avons pas vu un seul Juif détruire une église. Nous n’avons pas vu un seul Juif protester en commettant des meurtres. Les musulmans ont transformé en décombres trois statues de Bouddha. Nous n’avons pas vu un seul bouddhiste réduire en cendres une mosquée, tuer un musulman ou incendier une ambassade. Seuls les musulmans défendent leurs croyances en brûlant des églises, en tuant, en détruisant des ambassades. Cette façon de faire ne donnera aucun fruit. Les musulmans doivent se demander ce qu’ils peuvent faire pour l’humanité avant d’exiger que l’humanité les respecte."
lien : Wafa Sultan sur MEMRI TV (The Middle East Media Research Institute TV)
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Éléments d'information fournis par le site IRAN-RESIST.org

II y a trois
semaines, Dr. Wafa Sultan une psychiatre Syro-Américaine était une
inconnue de Los Angeles soignant sa colère et son profond désespoir au
sujet de ses coreligionnaires musulmans. Aujourd’hui, par la grâce
d’une interview inhabituellement acerbe et provocante sur la chaîne Al
Jazeera le 21 Février, elle est une vedette internationale, présentée
par certains comme la voix pure de la raison, et par d’autres comme une
hérétique et une infidèle qui mérite la mort.
Dans cette interview, qui a été téléchargée sur Internet plus d’un million de fois en deux semaines et a été transférée par mail des centaines de milliers de fois, Dr. Sultan a critiqué les musulmans, leurs saints, leurs combattants et leurs chefs politiques qui d’après elle ont déformé les enseignements de Mahomet et du Coran vieux de 14 siècles.
Elle a dit que les musulmans du monde, qu’elle compare en leur défaveur aux Juifs, se sont enfoncés dans un tourbillon d’apitoiement sur soi et de violence. Selon elle le monde n’est pas le témoin d’un désaccord des religions ou des cultures, mais d’une bataille entre barbarie et modernité, une bataille que les forces de l’islam violent et réactionnaire vont perdre.
En réponse, les ecclésiastiques musulmans du monde entier l’ont condamnée, et son répondeur téléphonique déborde de menaces de mort. Mais les réformateurs islamiques l’ont félicitée pour avoir dit, et en arabe sur le réseau télévisé le plus vu du monde arabe, ce que peu de musulmans osent dire même en privé.
«Je crois que nos peuples sont otages de leur propre croyance et des enseignements», a-t-elle dit à une journaliste cette semaine à Los Angeles.
Dr. Sultan, 47 ans, porte un polo et une jupe très élégante, avec des chaussons fourrés et de grosses chaussettes. Ses yeux et ses cheveux sont d’un noir vif et ses manières simples contrastent avec ses intenses paroles : «la connaissance m’a libérée de cette pensée rétrograde. Quelqu’un doit nous aider à libérer le peuple Musulman de ces croyances erronées.»
Peut-être ses mots les plus provocateurs sur Al Jazeera sont ceux qui comparent l’attitude des Juifs et des Musulmans face à l’adversité. Evoquant l’Holocauste, elle a dit : «Les Juifs sont sortis de cette tragédie et ont forcé le monde à les respecter, par leur travail de mémoire, et non par leur terrorisme ; par leur labeur, et non par leurs lamentations et leurs cris.»
S’adressant aux musulmans, elle a continué : «Nous n’avons jamais vu un seul juif se faire exploser dans un restaurant allemand. Nous n’avons jamais vu un seul juif détruire une église. Nous n’avons pas vu un seul juif protester en tuant des gens».
Elle a conclu : «Seuls les musulmans défendent leur croyance en brûlant des églises, en tuant des personnes et en détruisant des ambassades. Cette voie ne donnera aucun résultat. Les musulmans doivent se demander ce qu’ils peuvent faire pour l’humanité, avant d’exiger que l’humanité les respecte».
Ses idées ont attiré l’attention du Congrès Juif Américain, qui l’a invitée à s’exprimer en Mai à l’occasion d’une conférence en Israël. «Nous avons discuté avec elle de l’importance de son message et prévu un rendez-vous pour qu’elle s’adresse aux chefs juifs», dit Neil B. Goldstein, directeur général de l’organisation.
Elle est sans doute la bienvenue à Tel Aviv, plus qu’elle ne le serait à Damas. Peu après l’émission, des religieux Syriens l’ont dénoncée comme infidèle. L’un d’eux a dit qu’elle avait infligé à l’Islam plus de dommages que les caricatures Danoises se moquant du prophète Mahomet !
Mme Wafa Sultan travaille actuellement à la rédaction d’un livre qui s’il trouvait un éditeur ferait se retourner le monde islamique. «J’ai atteint un point de non-retour qui ne permet pas de revenir en arrière, je n’ai plus le choix. Je remets en cause chaque enseignement de notre Livre Saint». Le titre prévu est Le prisonnier échappé : Quand dieu est un monstre.
Dr. Sultan a grandi dans une famille musulmane traditionnelle de Banias en Syrie, petite ville sur la Méditerranée à deux heures de Beyrouth. Son père était un négociant en céréales et un musulman dévot, et elle a suivi les préceptes religieux jusqu’à l’âge adulte.
Mais, elle dit que sa vie a basculé en 1979 quand elle était étudiante en médecine à Alep. À cette époque, le groupe radical des Frères Musulmans utilisait le terrorisme pour tenter de saper le gouvernement du Président Hafez al-Assad. Un jour les des membres des Frères Musulmans sont entrés dans une salle à l’université et ont tué son professeur sous ses yeux.
«Ils ont tiré des centaines de balles en criant : Dieu est grand ! (Allah Akbar)» et elle ajoute, «à ce moment précis,j’ai perdu la foi en leur dieu, et commencé à remettre en question tous nos enseignements. C’était le tournant de ma vie, et cela m’a amenée à la situation présente. J’ai dû partir. J’ai dû rechercher un autre dieu».
Elle et son mari, qui a maintenant américanisé son nom en David, ont dressé des plans pour partir aux Etats-Unis. Leurs visas sont arrivés finalement en 1989, et les Sultan et leurs deux enfants (ils en ont eu un troisième depuis), se sont installés avec des amis à Cerritos en Californie, une communauté prospère en limite du comté de Los Angeles.
Après une succession de métiers et de problèmes de langue, Dr. Sultan a terminé sa licence de médecine. Wafa et David Sultan ont acheté une maison dans la région de Los Angeles et mis leurs enfants dans les écoles locales.
Mais alors même que le Dr. Sultan s’installait dans une vie confortable de classe moyenne Américaine, la colère grondait en elle. Elle a commencé à écrire, d’abord pour elle avant de s’occuper d’un site réformateur de l’islam «Annaqed» (la critique) crée par un syrien expatrié à Phoenix. Un de ses essais sur les Frères Musulmans a attiré l’attention d’Al Jazeera qui l’a invitée à discuter avec un ecclésiastique algérien en juillet.
Au cours de la discussion, elle a remis en cause les enseignements religieux qui incitent les jeunes à se suicider au nom de dieu. Elle lui a demandé «pourquoi un jeune musulman, avec la vie devant lui, doit-il se faire exploser ? Dans nos pays, la religion est l’unique source d’éducation et est la seule boisson dont le terroriste a été abreuvé jusqu’à ce que sa soif soit étanchée».
Ses remarques ont suscité des débats dans le monde entier et son nom a commencé à apparaître dans les journaux et les sites Internet Arabes. Mais sa réputation s’est accrue de façon exponentielle lorsqu’elle est réapparue sur Al Jazeera le 21 Février, une intervention qui a été traduite et largement diffusée par l’Institut de Recherche sur les Medias du Moyen-Orient, connu sous le nom de Memri.
Memri a dit que la vidéo de son intervention de février a été regardée plus d’un million de fois.
«Le choc dont nous sommes témoins sur terre n’est pas un choc des religions ou un choc des civilisations, c’est un choc entre deux opposés, entre deux ères. C’est un choc entre une mentalité qui appartient au Moyen Age et une mentalité différente qui appartient au XXIe siècle. C’est un choc entre la civilisation et le retard, entre civilisé et primitif, entre barbarie et rationalité». Elle a dit qu’elle ne pratique plus pratique l’islam. «Je suis un être humain laïque».
L’autre invité était un professeur égyptien des études religieuses, Ibrahim Al-Khouli, qui lui a lancé, «êtes-vous une hérétique ?», ajoutant qu’il n’avait aucune raison de discuter (avec une hérétique), parce qu’elle avait blasphémé contre l’Islam, le prophète Mohamed et le Coran !
Dr. Sultan a dit qu’elle a pris ces mots comme une fatwa formelle, une condamnation religieuse. Depuis lors, elle a dit avoir reçu de nombreuses menaces de mort sur son répondeur et par e-mail.
Un message sur répondeur : Vous êtes encore vivante ? Attendez et vous verrez !
Un message mail, en arabe : Si quelqu’un devait vous tuer, ce serait moi.
Dr. Wafa Sultan a dit avoir peur de contacter sa mère qui vit toujours en Syrie, préférant passer par sa soeur résidant au Qatar. Elle dit qu’elle se fait plus de soucis pour la sécurité des membres de sa famille ici et en Syrie que pour elle-même.
«Je n'ai pas peur, je crois en mon message. Il est comme un voyage d'un million de kilomètres, et je crois que j'ai parcouru les premiers 10 km, les plus durs».
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Les murs de nos prisons
Interview de Wafa Sultan à la télévision danoise,
le 30 septembre 2006
Question : Bienvenue, Wafa Sultan. Selon vous qu’y a-t-il eu de positif dans la crise des caricatures ?
Wafa Sultan : Merci beaucoup de me recevoir dans votre émission. Nous en tant que musulmans, nous avons été otages de notre propre système, otages de croyances ; depuis des siècles nous avons été otages de notre propre prison. Nous n’avons jamais entendu d’autres voix, des voix venant du dehors ; nous ne sommes pas habitués à entendre d’autres voix. Il nous est à peine permis d’entendre notre propre voix. Alors je vois la publication des caricatures comme la première fissure dans les murs de notre prison, parce que, en tant que prisonnier, il est quasiment impossible de mettre à bas les murs de notre prison. Vous avez besoin de quelqu’un à l’extérieur pour vous aider à le démolir.
Question : Mais vous considérez-vous comme une prisonnière ?
Wafa Sultan : Oui ; j’étais une prisonnière ; j’étais une prisonnière ; vivre aux USA pendant 17 ans m’a libérée, m’a aidée à sortir de la boîte et nous devons en faire sortir aussi les musulmans vivant dans les pays islamiques. Nous devons leur apprendre comment écouter d’autres gens, d’autres opinions, même s’ils n’aiment pas ce qu’ils entendent.
Question : Ce que vous êtes en train de dire, c’est que les caricatures ont aidé beaucoup de gens au Moyen-Orient ?
Wafa Sultan : Absolument. Je vois cela comme un pas dans la bonne direction.
Question : Mais qu’en est-il des aspects négatifs de la crise des caricatures ?
Wafa Sultan : Je n’en vois aucun. Publier des caricatures et des critiques encore et encore poussera les musulmans à examiner de plus près leur religion et c’est le seul moyen d’améliorer notre culture, d’améliorer notre religion. Nous devrions être heureux d’entendre la façon dont les autres perçoivent notre religion de telle sorte que nous puissions l’améliorer.
Question : Mais la crise des caricatures n’a-t-elle pas, au contraire, radicalisé les musulmans du Moyen-Orient plutôt que de leur faire...
Wafa Sultan : C’est peut-être ce qu’il semble, mais sur le long terme, ça ne sera pas le cas. Vous êtes en train d’aider les musulmans à s’habituer à la critique, parce que je crois que l’islam, comme tout autre religion, n’est pas au-dessus de la critique. Il y a tant de gens qui critiquent le christianisme, le judaïsme, et ... qui s’en soucie ? Alors, pourquoi n’en serait-il pas de même avec l’islam ?
Question : Mais que... je veux dire, vous êtes très critique envers l’islam bien que née et élevée dans cette religion. Qu’est-ce que fait que vous soyez si critique envers l’islam ?
Wafa Sultan : Je crois que le problème de l’islam est profondément enraciné dans ses enseignements. L’islam n’est pas seulement une religion, l’islam est aussi une idéologie politique, qui prêche la violence et applique son programme par la force. Je n’ai jamais critiqué la part religieuse de l’islam. Je respecte la partie religieuse autant que je respecte toute autre religion. Mais je crois que nous devons extirper la politique de l’islam et confiner l’islam - en tant que religion - aux lieux de culte et aux foyers. C’est la seule solution.
Question : Au lendemain de la crise des caricatures, quelle est la force, selon vous, des musulmans modérés dans le monde arabe ?
Wafa Sultan : Je crois que l’appellation de modérés n’est pas correcte ; je ne crois pas qu’il y ait de musulman modéré. Je crois qu’il y a des modérés en terme de culture, des musulmans culturels (modérés), mais pas en ce qui concerne la religion parce qu’en islam, vous DEVEZ croire à TOUS les préceptes comme étant sacrés. Vous ne pouvez pas les changer, vous devez les accepter comme ils sont, sinon vous n’êtes tout simplement pas musulman..
Question : Mais s’opposer à l’islam - les préceptes religieux et les préceptes politiques de l’islam en particulier - comporte toujours une certaine menace pour celui qui le fait, comme vous.
Wafa Sultan : Oui.
Question : Quelles en ont été les conséquences personnelles pour vous ?
Wafa Sultan : Je reçois des menaces de mort quotidiennement, mais au plus profond de moi, je me sens en paix, vous savez. Je n’ai pas peur.
Question : Vous êtes en paix avec ce que vous faites ?
Wafa Sultan : Absolument. Je crois en ce que je fais, et j’ai décidé de continuer à le faire jusqu’à la fin de mes jours même si je dois sacrifier ma propre vie parce que je crois que nous sommes ici pour une raison et nous n’avons qu’une vie. Il faut donc bien l’utiliser. Vous devez être ici pour une bonne raison. Vous savez, je crois que nos pères, nos grands-pères, nos aïeux ne nous ont légué que des problèmes ; alors pourquoi aurions-nous à laisser le même problème à la génération (suivante) ? Pourquoi ? Nous devons faire quelque chose.
Question : Mais vous avez dit au début qu’une fissure avait été ouverte dans le mur par le Jyllands-Posten et les 12 caricatures.
Wafa Sultan : Oui.
Question : Pensez-vous que cette fissure s’agrandira, que le mur...
Wafa Sultan : Aucun doute quant à cela. Ça se produira, aucun doute. Je ne... Écoutez, la mentalité musulmane a été façonnée au cours de 14 siècles, sans aucune remise en question, alors il n’est pas facile de changer cette mentalité du jour au lendemain ; ça prendra longtemps et énormément d’efforts. Mais à la fin, nous obtiendrons des résultats positifs. Nous devons être optimistes là-dessus. Nous devons avoir de l’espoir pour aller de l’avant. Je n’abandonnerai jamais espoir quelles que soient les circonstances.
Question : Même si les forces radicales dans le monde arabe - en Égypte, en Irak ou en Syrie, votre propre pays - semblent gagner des forces à l’heure actuelle ?
Wafa Sultan : Je ne suis pas surprise de leurs réactions, parce qu’ils n’ont jamais entendu d’autres voix ; c’est, je crois, une réaction très naturelle. Mais plus vous le ferez, plus ils s’habitueront à cela. Alors, continuez simplement dans cette voie.
Question : Pensez-vous que l’islam ait un rôle à jouer dans le monde moderne ?
Wafa Sultan : Bien entendu, mais pas dans son état actuel. J’ai une opinion très différente sur ce point et beaucoup d’amis m’ont conseillé de polir mon message et d’adoucir ma façon de dire ces choses. J’ai essayé mais je n’y arrive pas. Je perçois la vérité comme étant nue et je crois qu’il est plus important de la laisser nue. Je ne peux pas, pour l’enjoliver, lui mettre une plus belle robe. Alors, je vais le dire franchement comme j’ai fait jusqu’ici. Je ne crois pas que l’islam puisse être réformé. Je n’y crois vraiment pas. Je crois que l’islam sera transformé et il faudra des chefs religieux intrépides et des gens très fin pour conduire à cette transformation. Si l’islam était transformé, alors oui, il aurait une rôle et jouer dans notre monde.
Question : Mais voyez-vous de tels leaders et de telles personnalités intellectuelles quelque part dans le monde arabe ?
Wafa Sultan : Il faut que nous fassions davantage pression sur eux s’ils affirment qu’ils peuvent réformer l’islam, il faut que nous les mettions au défi. Prouvez-nous, prouvez-moi que j’ai tort et faites-le. S’ils pensent, s’ils déclarent qu’ils peuvent réformer l’islam, nous devons leur donner l’opportunité de le faire et nous devons faire davantage pression sur eux pour qu’ils le fassent. Nous devons les encourager à le faire. Une fois l’islam transformé, nous serons dans la bonne direction. Une fois qu’il sera transformé, à ce moment, l’islam sera capable de jouer un rôle positif dans nos vies.
Question : Wafa Sultan, vous êtes au début d’une très longue route. Merci beaucoup d’être venue.
Wafa Sultan : C’était un plaisir d’être ici. Merci beaucoup.
Original en anglais. © Maryse Haslé, ReSPUBLICA n° 478 (journal de la Gauche Républicaine), traduction Pistache
الناقــد
annaqed (la critique)
dimanche 10 décembre 2006
Réponse à Bernard Dréano (Michel Renard)
Réponse à Bernard Dréano
un pas de plus dans la compromission
avec les valeurs réactionnaires et anti-démocratiques
des islamistes...!
Michel RENARD
* Après lecture de l'article de Bernard Dréano*, intitulé "Les doubles machoires du piège" sur Oumma.com (dimanche 12 février 2006)
Et un pas de plus dans la compromission avec les valeurs réactionnaires et anti-démocratiques des islamistes...!
Après la laïcité (islamophobe, bien sûr) et les droits des femmes (qu'il faut culturaliser pour leur être mieux fidèles, bien sûr), voilà la liberté d'expression qui est brocardée au nom d'une alliance sans principes avec les petits soldats du fondamentalisme Frère Musulman.
Bravo...! quel chemin pour un leader de l'anti-impérialisme des années 1980. Et quelle conclusion ne sème-t-on pas dans les esprits... Car si une défense rigoureuse de la laïcité, des droits des femmes et de la liberté d'expression conduit à être placé dans le camp "islamophobe" et "raciste", quelle raison d'être "islamophile" (éventuellement), "anti-raciste" et "anti-impérialiste" ? Le Cedetim recruterait-il désormais pour de Villiers ?
Et la compromission ira s'accentuant car vous n'avez plus de principes, donc plus de moyens de raisonner face à la logique des fondamentalistes qui, eux, ont logique et principes. Votre seule préoccupation, c'est le "terrain", la "base de masse" censée être celle des islamistes dans la jeunesse. Vous êtes donc conduits à fermer les yeux sur ce que révèle, peu à peu, ce mouvement de ses convictions profondément réactionnaires. Cela ne rappelerait-il pas la politique suicidaire du Parti communiste allemand sous la République de Weimar ?
On prétend : "lutter aux cotés de ceux qui sont opprimés par ces cléricalismes"... Mais, la réalité, c'est qu'ils sont surtout opprimés par des appareils politiques et des clans prédateurs, et cherchent, justement dans ces cléricalismes, les catégories idéologiques de leur combat. On me répondra peut-être, comme le faisaient les anciens maoïstes : "contradiction principale et contradictions secondaires"... à moins que vous ne soyez carrément passés sur les positions politiques et culturelles des islamistes ? En tout cas des "islamistes" que vous qualifiez "d'ouverts". Mais "ouverts" à quoi ? "ouverts" à quelle régression des principes démocratiques ?
Quand les islamistes reprochent aux États arabo-musulmans leur manque de démocratie, cela signifie : le manque de démocratie à leur égard. Mais quand ils parviennent au pouvoir, que font-ils de la démocratie ? Ils la remisent au magasin des accessoires et imposent les dispositions profondément réactionnaires de la "charî‘a". Et qu'on ne vienne pas me parler du régime "républicain" en Iran : le suffrage universel n'a pas le pouvoir de désigner les vrais dirigeants du pays...!
Voilà où vous en êtes arrivés, le Cedetim, les altermondialistes pro-Ramadan, etc. : à justifier les limites à la liberté d'expression - limites que revendiquent les islamistes et tous les fondamentalistes...! Vous auriez embastillé Voltaire !
Quant à la manière de "mener la lutte pour la liberté de conscience et pour la liberté d'expression, l'une et l'autre et pas l'une contre l'autre", la formule est illusoirement facile...
Dans la réalité, on peut être amené, pour défendre la liberté de conscience de tous, à restreindre la liberté d'expression dans certains espaces : c'est le cas de la loi prohibant les signes religieux à l'école (laïcité). Ou bien, pour défendre la liberté d'expression de tous, non pas de restreindre la liberté de conscience (car elle n'est pas menacée par ces caricatures), mais d'empêcher l'exclusivisme d'une certaine conscience d'infliger ses propres critères aux autres : c'est le cas de la défense de la liberté d'expression à l'égard des religions ou des idéologies.
Michel Renard, directeur de
l'ex-revue Islam de France
* Bernard Dréano est dirigeant du Cedetim et d'un réseau appelé (avec quelle légitimité ?) "l'Assemblée européenne des citoyens". Il est signataire de l'appel des "Indigènes de la République" et a participé au collectif anti-laïcité "Une école pour tous-tes".
Réponse de Bernard Dréano
Bernard DRÉANO, par courriel
Organisateur de rencontres avec Salman Rushchdie du temps ou des centaines de tueurs étaient à ses trousses, compagnon de combat de militants afghans ou irakiens tués par les islamistes radicaux, toujours engagé dans la lutte contre les fascistes de l'extrémisme islamique, (y compris et surtout en France), je ne vois pas pourquoi je devrais maintenant ipso facto m'enroler dans l'Union Sacrée islamophobe à la manière de Philippe Val et consort.
Évidemment il est plus simple de m'attribuer des positions idiotes que d'argumenter. Moi je part des pratiques réelles des gens rééls ce qui me conduit, sur le terrain à combattre par tous les moyens les djihadistes enragés et les conservateurs tablighis, à lutter politiquement, avec mes amis musulmans, chrétiens ou athés, ici ou la bas, contre les frères musulmans tendance Hamas ou PJD, et pas à esquiver ces luttes au nom de la "laïcité" contre tous les musulmans.
Je prèfère toujours la laïcité et l'anticolonialisme de Jaures et de Louise Michel à celles de Combes et de Jules Ferry.
Mais libre à vous de préférer l'Union sacré et de croire que Tariq Ramadan est un fils naturel d'Hitler...
Sera-t-il possible un jour de parler de ces questions sérieusement?
Bernard Dreano
Réponse à la réponse
Michel RENARD
"Organisateur de rencontres avec Salman Rushdie du temps ou des centaines de tueurs étaient à ses trousses"... c'est bien ce que je dis : les temps ont changé. Demandez donc à vos "alliés islamistes ouverts" ce qu'ils pensent de Rushdie... Ils l'exècrent comme les auteurs des caricatures, comme ils exècrent les modernistes musulmans tels l'égyptien Nasr Abû Zaid condamné à l'exil. Ce sont les mêmes qui manifestaient contre Rushdie et qui se démènent aujourd'hui contre la publication des caricatures.
Il n'y a pas plus "d'Union sacrée" aujourd'hui qu'il y en a eu au moment du NON au traité constitutionnel. L'amalgame est trop simple. On peut défendre la liberté d'expression sans épouser les positions de Philippe Val ou celles de de Villiers...
Vous dites : "combattre par tous les moyens les djihadistes enragés et les conservateurs tablighis, à lutter politiquement, avec mes amis musulmans".
Cette caractérisation est intellectuellement fantaisiste :
- faut-il seulement combattre les djihadistes "enragés" ? les autres, qui sont-ils ? existe-t-il des djihadistes "modérés" ?
- en admettant qu'on ait voulu dire que tous les djihadistes étaient enragés, qu'est-ce qui les sépare des autres islamistes, sur le fond ? Le passage à l'acte, me direz-vous. Mais les différences d'appréciation sur le passage à l'acte ne relèvent que de l'opportunité, ne relèvent que d'évaluations divergentes du rapport des forces et des étapes dans un combat général qui, pour tous les fondamentalistes, est perçu comme devant déboucher sur un État islamique appliquant la sharî‘a. Cela est-il admissible ?
- les "conservateurs tablighis" sont, peut-être plus conservateurs que les islamistes dans le sens où ils refusent tout rôle à la femme (sauf celui de faire la cuisine pendant que les hommes effectuent les "khourouj", sortie missionnaire...!), mais tous s'entendent pour une nette séparation des hommes et des femmes dans la société, et la subordination de ces dernières aux premiers. Les "amis musulmans" du Cedetim fondent leur pensée sur celle de Hassan al-Bannâ pour qui «la société musulmane n'est pas une société mixte, mais une société monosexuelle ; il y a donc des "sociétés pour les hommes" et des "sociétés pour les femmes". La mixité est pour lui une coutume importée de l'Occident, donc étrangère à l'islam» selon la sociologue Leïla Babès.
- j'aimerais bien savoir comment on peut lutter "contre les frères musulmans tendance Hamas" et faire alliance avec les partisans de Tariq Ramadan qui exultent à la victoire électorale du Hamas.
Quant à l'anticolonialisme de Jaurès... il faut le tempérer par son approbation de l'occupation de la Tunisie, par le fait qu'il a toujours soutenu Jules Ferry dans l'affaire du Tonkin... Même après son ralliement au socialisme en 1893, son attitude "anticoloniale" n'est pas évidente. En 1898 il écrit : "Si quelques fous songeaient à dépouiller la France de son domaine colonial, toutes les énergies françaises et toutes les consciences droites dans le monde se révolteraient contre une pareille tentative" (9 novembre). En 1903, il déclare à la Chambre : "Oui il est à désirer, dans l'intérêt même des indigènes du Maroc comme dans l'intérêt de la France, que l'action économique et morale de notre pays s'y prolonge et s'y établisse" (20 novembre). Jules Ferry aurait dit la même chose... et Eugène Étienne, du parti colonial, partageait de telles vues.
Et si Ferry avait dit "races inférieures" (sans qu'il n'y ait ni le mépris ni le "racisme" dont ces termes furent porteurs plus tard), Jaurès, lui, parlait de "peuples enfants". La croyance en un "devoir de civilisation" était commune à Ferry et à Jaurès.
Quant à Émile Combes, il fut, lorsqu'il était sénateur, l'auteur d'un rapport sur les médersas qui enjoignait de restaurer l'enseignement religieux dans ces écoles franco-arabes en Algérie. Comme quoi, les convictions laïques les plus fortes ne sont pas synonymes d'islamophobie...!
"Tariq Ramadan, fils naturel d'Hitler". Étrange coïncidence... Je viens de lire le roman de Harry Mulish, Siegfried. Une idylle noire (Folio, octobre 2005) dans lequel il est question du fils du Führer et d'Éva Braun... Mais passons...
Je n'ai jamais dit ni écrit une telle chose à propos de Ramadan. J'ai seulement rappelé qu'il ne reniait rien de sa filiation, c'est-à-dire la pensée de Hassan al-Bannâ, et que celui-ci ayant dit que l'islam est «la religion qui contient un gouvernement», on ne pouvait ensuite, sans rétention mentale ni esprit manoeuvrier, approuver sincèrement la laïcité qui dit que religion et gouvernement sont deux sphères distinctes.
J'ai également souligné que la référence mondiale des Frères Musulmans et de Tariq Ramadan est le cheikh Qaradawî qui écrit : «L'Islam rejette totalement cette fragmentation entre ce qu'on appelle religion et ce qu'on appelle l'État : du point de vue de l'islam, tout relève de la religion, tout relève de la Loi». Comment peut-on avoir pour "amis" (au sens politique, j'entends) de tels partisans du totalitarisme religieux...?
Aucun des dirigeants du Cedetim, ni aucun leader altermondialiste, qui ont fait alliance avec Tariq Ramadan, n'ont jamais répondu "sérieusement" à ces questions.
Michel Renard
directeur de l'ex-revue Islam de France
mardi 14 novembre 2006
Quelle liberté de conscience ? (Leïla Babès et Michel Renard)

Kairouan (source)
Quelle liberté de conscience ?
Leïla BABÈS et Michel RENARD
Dans le cadre de la consultation qu'il a impulsée en direction des musulmans l'automne dernier, le ministre de l'Intérieur a proposé à la signature une "déclaration d'intention" relative au cadre légal de la laïcité . Il s'agit de faire entrer l'islam de France dans le droit commun et, selon les propos officiels, cela : "ne peut faire l'objet d'une négociation". Les musulmans - dont une bonne partie sont citoyens - étaient donc sommés de ratifier un document pour adhérer à un cadre de loi dans lequel, par définition, ils sont pourtant déjà inscrits. La signature du texte fournissait une garantie irrévocable de leur attachement à la République, à la séparation de l'Église et de l'État, aux articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen relatifs à la liberté de pensée et de conscience. Présentée ainsi, cette redondance légaliste a souvent été jugée discriminatoire, et des musulmans (en particulier les associations de jeunes et de nombreuses personnalités indépendantes) n'ont pas manqué de manifester leur indignation. Le texte a donc été discuté de novembre à janvier. Qu'en est-il sorti ?
Outre un paragraphe additionnel sur les fêtes religieuses, et mis à part la modification du terme "déclaration d'intention" qui a été remplacé par "principes et fondements juridiques régissant les rapports entre les pouvoirs publics et le culte musulman en France", le document adopté stipule que les groupements et associations de musulmans reconnaissent "sans restriction" les dispositions énoncées, et notamment celles relatives à la liberté de pensée, de conscience ou de religion, confirmées par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 décembre 1950 (ratifiée par la France le 31 décembre 1973).
Or, il y a bien une restriction, puisque le texte initial ajoutait que cette Convention "consacre notamment le droit de toute personne à changer de religion ou de conviction". Assimilée à un acte d'apostasie, cette précision sur le droit de changer de religion ou de conviction a été retirée. La nuance peut paraître insignifiante et mineure. Elle ne l'est pas.
En effet, soit le principe de ratification d'un tel document est jugé inadmissible, et l'initiative est rejetée de manière totale; soit la démarche est agréée, et les musulmans approuvent le document sans restriction et sans amendement. L'application de la loi ne se marchande pas.
Or, le retrait de cette phrase est lourd de conséquences. Il laisse entendre que les musulmans déclarent adhérer au principe de la liberté de pensée et de conscience, alors qu'il n'en est rien puisque ce principe est amputé; ou encore qu'ils y acquiescent pour les non musulmans, mais pas pour eux-mêmes. Faut-il rappeler que ce principe s'adresse à tous les citoyens ? Qu'en l'adoptant les musulmans ne sont pas tenus de considérer les apostats et les libres-penseurs comme des musulmans, mais de reconnaître que, dans le principe, ils ont ce droit ?
Cette ambiguïté place les concepteurs et les signataires de ce document en situation de porte-à-faux à l'égard des droits de l'homme au nom d'un implicite droit musulman plus que contestable :
- les pouvoirs publics, en acceptant d'altérer un texte présenté comme "non négociable", introduisent un état d'exception qui pourrait s'avérer préjudiciable pour l'intégration de l'islam dans le cadre du droit. Rappelons, par ailleurs, que le ministère a même arabisé la consultation en la nommant al-‘istichâra, justifiant ce choix par le fait que le terme revêt une portée et une signification particulière en islam puisqu'il réfère au concept coranique de shûra (consultation). Cette "islamisation" n'avait, à nos yeux, aucune raison d'être. Elle sous-tend, sans mobile juridique sérieux, que le principe de consultation avait besoin d'une légitimation spécifiquement islamique pour être accepté. Le consentement à la restriction sur "l'apostasie" confirme bien l'idée que l'État admet des ajustements au nom d'une sensibilité propre à ses interlocuteurs.
- les musulmans, en introduisant explicitement des réticences à ce principe, rejettent ainsi clairement une composante fondamentale de la liberté de conscience, rappelant que des questions aussi cruciales que celles de l'apostasie sont loin d'être résolues par ceux qui affirment pourtant depuis des années la compatibilité de leurs convictions religieuses avec les lois de la République. Est-il nécessaire de préciser que cette sensibilité est loin de représenter l'ensemble des musulmans de notre pays ?
Il ne s'agit pas de faire entrer, dans ce rappel de la loi, des débats sur le statut de l'apostasie qui n'intéressent que les musulmans, mais au contraire de séparer les deux registres. Force est de constater qu'en opérant cette rectification à la baisse, ces musulmans et, à leur suite, la puissance publique - garante du respect plénier des libertés fondamentales, légitiment l'éventualité d'une interprétation "islamique" du cadre de droit commun.
Le ministère disait pourtant : "Chaque organisation sera ainsi placée devant ses responsabilités. En effet, le refus de celles-ci - qu'il soit individuel ou collectif - de ratifier ce document signifierait clairement l'impossibilité au stade actuel de voir naître un islam intégré selon les principes de la laïcité. Les pouvoirs publics auraient à le faire savoir publiquement et à dégager leur responsabilité". Admettons que les musulmans, peu préparés à réfléchir aux bases juridiques d'un tel projet d'organisation, aient eu besoin de temps pour mener une large consultation, ne convenait-il pas d'attendre que la discussion soit étendue à d'autres voix et d'autres sensibilités ?
Comme citoyens et comme musulmans, nous affirmons que le principe de la liberté de pensée et de conscience est trop précieux pour être sacrifié sur l'autel de "l'organisation du culte". L'adhésion à la loi ne peut être conditionnée à son interprétation sélective : "si vous ne faites tout pour la liberté, vous n'avez rien fait" (Robespierre).
Cet incident augure mal du devenir de l'islam dans ce pays. Quel serait le sort réservé à tous ceux, apostats (nous disons bien apostats) ou musulmans, qui exercent leur droit à la libre pensée, ou dont les convictions propres sur l'observance religieuse, les normes juridiques ou toute autre question, peuvent être jugées condamnables ? Combien de penseurs musulmans ont été accusés d'apostasie pour avoir seulement défendu les droits de l'homme ou une analyse différente ! Qu'on se remémore le destin de Mahmoud Mohammed Taha (pendu au Soudan en 1985), de l'égyptien Farag Foda (assassiné en 1992), de Nasr Abou Zeid (contraint à l'exil après le verdict de son divorce forcé par un tribunal égyptien convaincu de son apostasie)...
Si d'ores et déjà les représentants des organisations musulmanes considèrent le droit de changer de religion ou de conviction comme un acte d'apostasie, donc passible de la peine de mort, qu'arriverait-il concrètement si des musulmans de notre pays déclaraient leur sortie de la religion, ou simplement exprimaient une opinion différente ? Convaincus que l'islam de France peut s'intégrer dans la République, nous souhaitons que toute ambiguïté soit levée et que le principe du droit à changer de religion ou de conviction soit réaffirmé par une claire adhésion à la suprématie du droit commun sur tout droit communautaire.
Leïla Babès est professeur de sociologie des religions à l'université catholique de Lille,
auteur de L'islam positif (éd. de l'Atelier) et de L'islam intérieur. Passions et désenchantement (Al Bouraq)
Michel Renard est directeur de la revue Islam de France.
Article paru dans Libération le 26 juin 2000.




















