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islam laïque
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3 janvier 2007

réaction à un article de François Burgat (Michel Renard)

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Réaction à un article de François Burgat

Michel RENARD


Sur le site Oumma.com, François Burgat a publié, le 1er janvier 2007, un court article consacré à la place injustifiée, selon lui, que les médias en France accorderaient aux analyses critiques des "humeurs protestataires et (du) goût intempestif de la violence de l’immense majorité… de ces intégristes". Il écrit notamment :

- "Depuis le «psychanalyste musulman» qui a découvert (et qui le lui reprocherait !) tout le plaisir qu’il a à ne plus l’être, jusqu’au converti de fraiche date qui vient avec entrain, du haut de son soufisme tout neuf (ah… le bon soufisme !), pourfendre si opportunément la résistance du Hamas et du Hezbollah, sans oublier bien sûr la banlieusarde qui refuse d’être «soumise», l’imam adoubé par les généraux d’outre méditerranée, le roi de la caméra cachée régulièrement «infiltré chez les terroristes», le spécialiste des pathologies de la pensée musulmane et, de l’extrême droite chrétienne à l’extrême gauche marxiste, toute la cohorte des perdants récents de la politique arabe, venus sur le ton de l’expertise nous dire combien nous avons raison de penser tout ce mal de «nos ennemis communs», la palette sans cesse renouvelée des médiateurs «islamiquement corrects» de l’autre musulman s’enrichit et se renouvelle à l’infini.Chacune et chacun de ces hérauts de nos «autres» a bien évidement son charme, sa respectabilité et sa légitimité. Le problème est que leur fortune médiatique est trop souvent inversement proportionnelle à leur ancrage dans la population qu’ils sont supposés représenter. Et qu’ils ne doivent leur temps d’antenne qu’à leur capacité à occulter beaucoup d’autres visions, bien d’autres sensibilités, de multiples autres exigences, qui sont souvent celles de la vaste majorité de leurs concitoyens ou de leurs compatriotes, ainsi privés de voix." (...)

(François Burgat)


Pertinence intellectuelle et "représentativité"


- j'ai adressé au site le commentaire suivant :

as salam ‘aleikum

François Burgat - dont j’appréciais les analyses sur le conflit algérien dans les années 1990 mais dont je ne partage plus les vues sur l’islamisme international - écrit :

"Chacune et chacun de ces hérauts de nos «autres» a bien évidement son charme, sa respectabilité et sa légitimité. Le problème est que leur fortune médiatique est trop souvent inversement proportionnelle à leur ancrage dans la population qu’ils sont supposés représenter".

En vertu de quel étrange raisonnement la pertinence intellectuelle devrait-elle être liée à une quelconque "représentativité"... ?

Bien sûr, les médias doivent tenir compte des réalités sociologiques, mais la valeur du débat intellectuel n’est pas le reflet de la sociologie. Il importe de donner la parole aux porteurs d’une analyse critique qui n’ont pas forcément une "majorité" derrière eux.

Je préfère réfléchir avec les propos de ce "spécialiste des pathologies de la pensée musulmane" (je suppose qu’il s’agit d’Abdelwahab Meddeb), plutôt qu’avec les vociférations antisémites et négationnistes d’Ahmadinejad, président de la République islamique d’Iran...

wa salam

Hilal-Michel Renard

PS - Ce commentaire a été publié mais le lien avec ce blog a été censuré, bien sûr...


Meddeb_couv_2              Meddeb_couv_1

- Abdelwahab Meddeb, La maladie de l'islam, Seuil, éd. de poche, 2005.

- Abdelwahab Meddeb, Contre-prêches, Seuil, 2006.151_2929

Abdelwahab Meddeb, écrivain et poète, né en 1946 à Tunis, a publié une vingtaine de livres. Il enseigne la littérature comparée à l'université Paris X-Nanterre et anime l'émission " Cultures d'islam " sur France Culture.






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7 décembre 2006

Le silence des musulmans modérés (Bernard Kaykel, 2002)

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Le silence des musulmans modérés (2002)

Bernard HAYKEL

 

 

june18_hostage_bernard2par Bernard Haykel, professeur à l'Université de New York, chargé des études sur le Moyen Orient – site www.dawn.com email bernard.haykel@nyu.edu

Article paru dans la presse américaine le 5-12-2002

Traduit par Albert Soued, écrivain - site www.chez.com/soued

 

Nous sommes nombreux aux États-Unis à être déconcertés par le silence apparent des Musulmans modérés depuis les événements du 11 Septembre 2001.

En dehors des premières condamnations d'intellectuels réputés de l'Islam, la plupart des Musulmans010911_10 semblent avoir accepté la prise en otage de leur religion par les extrémistes.

On appelle "modérés" ceux qui en principe rejettent l'usage de la force et de la violence aveugle pour faire aboutir des objectifs politiques. Or ces "modérés" n'ont pas encore pris position contre les attentats terroristes, ni dans les journaux ni dans les médias audiovisuels.

Il y a néanmoins quelques exceptions notables, comme Khaled Abou el Fadl de l'UCLA qui a d'emblée condamné l'Islam radical. Mais ces rares voix en Occident n'ont pas eu un écho dans le monde musulman. Bien au contraire la majorité de ce monde a montré son scepticisme et a même nié l'implication de leurs frères dans les attaques terroristes. Ils sont allés même jusqu'à inventer un "complot sioniste".

Cet été j'ai fait un grand voyage à travers le Moyen Orient et l'Asie pour rencontrer des érudits de l'Islam, et j'ai donc visité des mosquées, des écoles coraniques, des librairies et des magasins vidéo, tout en regardant les programmes des télés locales ou à satellites et leurs invectives. J'ai feuilleté dans les librairies une documentation considérable sur Osama Ben Laden, et la majorité des écrits ne tarissent pas d'éloges à son égard, tout en imputant la responsabilité des événements aux "militaires américains et aux forces secrètes menées par des Juifs…!"

La perception de ces événements est rapportée d'une manière exemplaire par cet employé saoudien de la "Ligue du Monde Musulman" qui me confia que tout ce qui s'est passé aux États-Unis en septembre 2001 avait pour seul but d'"affaiblir et de détruire l'Islam"!

Pourtant peu de gens rencontrés ont manifesté une satisfaction quelconque devant l'ampleur du drame, mais ils appuyaient sans retenue Al Qaeda. Un juriste de Deoband en Inde, est allé jusqu'à dire par exemple que s'il était prouvé que Osama Ben laden était responsable des attaques subies par les Américains, aucun tribunal islamique ne pourrait le condamner, car il aurait agi conformément aux convictions exprimées par d'éminents juristes musulmans.

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J'ai aussi rencontré des Musulmans modérés qui ont condamné ces actes qui ont terni l'image de l'Islam, mais ils prétendent que ce n'est le fait que d'une minorité, qui ne représente pas le principal courant de l'Islam. Mais quand je leur demandais s'ils avaient exprimé leur point de vue à haute voix dans les médias, ils se sont contentés de hausser les épaules. Comment interpréter alors ce silence?

La raison évidente de ce silence est que al Qaeda, par ses attaques répétées et la réaction militaire américaine qu'elles ont entraînées, a réussi à instillé dans l'esprit des Musulmans que l'Amérique est le principal ennemi de la nation musulmane (ouma). De plus, cette conviction est confirmée par l'appui inconditionnel apporté par les États-Unis au gouvernement Israélien dans sa lutte contre la guerre d'usure, appelée "intifada", et par les préparatifs d'invasion de l'Irak.

Les Musulmans se sentent attaqués directement sur le plan militaire et sur de nombreux fronts. Un intellectuel indien musulman de Nadwat al Oulema, le fameux séminaire de Lucknow, exprime son sentiment en disant qu' "une alliance mondiale a été formée par les Etats-Unis, un arc qui va du fondamentalisme hindou de l'Inde, à travers la Chine, la Russie et aboutit aux Etats-Unis, et dont le but est d'encercler et puis d'étouffer le monde islamique". À travers mes pérégrinations, j'ai noté un niveau de haine insoupçonné, non seulement provoqué par la politique américaine, mais surtout par l'exportation de ses valeurs. Face à un ennemi aussi puissant, les Musulmans préfèrent ne pas laver leur linge sale en public et ne pas s'engager dans des récriminations mutuelles ou des polémiques. Et les sermons des mosquées, les émissions de radio et de télévision insistent plutôt sur la nécessité de rester fermes et unis contre l'ennemi commun. Certains religieux shiites préconisent même un boycott des produits américains. Des posters et des "fatwas" exhortant un tel boycott ont été placardés à Beyrouth-Ouest pendant le mois de Juillet. C'est pour ces raisons que toute critique des extrémistes est considérée comme une trahison de la cause de la "Oumah" (communauté mondiale musulmane).

pic03Il y a également des raisons historiques au silence des musulmans modérés. Lors du dernier demi siècle, ces modérés ont été progressivement marginalisés aux franges de la société politique et intellectuelle, par une nouvelle génération d'activistes connus sous le nom de "salafi" ou "wahabi".

Les "salafi" sont des intégristes qui en matière d'interprétation religieuse s'en tiennent à la lettre du texte coranique et perçoivent la plupart des valeurs occidentales et modernes comme antinomiques à l'Islam. Osama Ben Laden en est un. Bien que souvent ils ne soient pas imprégnés de connaissance religieuse traditionnelle, ces "salafi" diffusent une vision de l'Islam à la fois simpliste et utopique, la revendiquant comme "authentique", car opposée aux valeurs socio-politiques de l'Occident qui menaceraient l'ordre musulman.

Comment se fait-il que cette vision "salafi" ait pris une telle ampleur depuis les années 70?

  1. Tout au long du XXe siècle, les États Musulmans ont coopté des érudits modérés notamment dans les emplois administratifs. Ceux-ci sont  devenus les porte-parole de leur gouvernement et, sur n'importe quel sujet, ils apportaient une caution islamique. Les exemples les plus importants sont par exemple, la fatwa du Moufti d'Egypte autorisant la signature de la paix avec Israël, ou celle qui autorise l'usage de méthodes de contraception pour contrôler le développement démographique. Aux yeux de certains intégristes ces clercs modérés ont perdus toute crédibilité.

  2. Les échecs répétés socio-économiques des politiques séculières et nationalistes de la plupart des pays arabes, qui s'ajoutaient à un autoritarisme armé d'état ont traumatisé le citoyen ordinaire. La mosquée en a profité pour diffuser des messages de sédition auprès de la nouvelle génération plus militante et plus islamique, inspirée par les succès de la révolution iranienne et des moujahidin d'Afghanistan.

  3. Mais le facteur décisif dans le silence des "modérés" a été l'accumulation de sommes énormes de pétrodollars par le Royaume d'Arabie Saoudite et les émirats du Golfe qui ont été dépensées pour la propagation de la doctrine salafi ou wahabi, déjà en vigueur dans le centre l'Arabie (Najd) depuis le XVIIe siècle. A contrario les centres traditionnels d'éducation religieuse ont été privés de cette manne et ils n'ont pas pu former et recruter une nouvelle génération d'érudits modérés. Faute de ressources, la menace wahabi n'a pu être concurrencée ni jugulée.

En Inde, quand j'y étais au mois d'août, j'ai remarqué que le gouvernement Saoudien subventionnait activement la création d'écoles où on prodigue un enseignement religieux intégriste ; et il donnait des bourses à de jeunes étudiants, afin qu'ils puissent s'imprégner de wahabisme dans les universités d'Arabie. On ne peut occulter le fait que pendant ces dernières années l'influence wahabi de l'Arabie a été décisive et elle a modifié le paysage religieux de la région. Ainsi par exemple au Yémen la diffusion de cette doctrine et son financement a torpillé les sectes traditionnelles et modérées Zaydis et Shafiis. Les Zaydis ont pratiquement disparu.

talibanOn peut constater un phénomène analogue au Pakistan où les formes asiatiques d'appréhension de l'Islam telles que le mysticisme "soufi" ont été violemment attaquées par les "salafi". De même en Inde les érudits "h'anafi" de Deoband et les "Nadwa" commencent à désapprouver l'enseignement traditionnel musulman spécifique à l'Inde et qui tient compte des croyances et des pratiques hindoues, leur préférant la doctrine venant d'Arabie. Ce qui est encore plus important, c'est que les richesses du pétrole d'Arabie et des émirats a permis d'acquérir de nombreux médias et des réseaux de télévision où toute critique de la doctrine "salafi" est strictement prohibée et toute discussion religieuse censurée.

Mais cette censure religieuse semble s'atténuer depuis les événements de septembre 2001, des sheikhs non salafi ayant pu s'exprimer sur les chaînes de télévision Iqra, MBC ou al-Jazira. Mais il est difficile de discerner une telle atténuation, à moins d'être versé dans les nuances du langage religieux, dans ses allusions et dans ses références.

Toujours est-il que devant cette attaque massive du monde musulman par les salafi, il n'est pas surprenant que les plus dynamiques des "modérés", tels que Tariq Ramadan ou Nasr Hamid Abou Zaid, pour ne citer que deux, se soient réfugiés en Occident. Les Musulmans nés en Occident devraient être à l'avant-garde du combat de l'Islam modéré, mais ils n'ont pas les mêmes préoccupations et ils subissent également des pressions.

En effet il ne faut pas perdre de vue qu'aujourd'hui le message salafi résonne comme "moderne" aux oreilles du Musulman désenchanté, qui ne trouve pas sa place dans une société occidentale qui lui apparaît parfois comme décadente. Le wahabisme apporte des certitudes et ne se perd pas dans les nuances ou les affres du questionnement: il offre un Islam musclé, sain et conquérant, d'où son attrait et son succès.

Jusqu'au jour où il pourra apporter cet élan dynamique, l'Islam modéré restera marginal dans le débat en cours qui cherche à savoir comment être musulman et à déterminer les contours de l'identité de la société musulmane  moderne.

Bernard Haykel

Email:  bernard.haykel@nyu.edu

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©  www.nuitdorient.com par le groupe boaz, copyright autorisé sous réserve de mention du site




liens vers Bernard Haykel

- bio-bibliographie : New York University, Departement of History

- bio-bibliographie : New York University (Arts & Science)

- bio-bibliographie sur le site du Department of Middle Eastern and Islamic Studies (université de New York)

- articles parus dans la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée (REMMM)

- "Middle East : al-Qaeda takes a back seat" (The New York Times, 26 juillet 2006)

- "The Enemy of My Enemy et Still My Enemy" (The New York Times)

- "Terminal Debate" (The New York Times, 11 octobre 2005)

- Bernard Haykel on Suicide Bombings

- "The future of Saudi Arabia" (11 mars 2004)

- "Popular Support First. A response to “Islam and the Challenge of Democracy”" (Boston Review, avril 2003)

- "Al-Shawkânî and the Jurisprudential Unity of Yemen", Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée (référencé sur le site REMMM)


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11 avril 2010

"seul un fou peut prendre les Juifs pour des êtres humains" Hamas

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l'antisémitisme abject des Frères

dits "Musulmans"


as-salam ‘aleikum

Si il existe une conscience musulmane digne de l'humanisme foncier du Coran (qui comporte aussi des passages plus circonstanciés questionnant cet humanisme), qu'elle se manifeste...!! Tous les spécialistes de la récrimination contre l'islamophobie perdent toute crédibilité à garder le silence sur cet antisémitisme abject des Frères Musulmans du Hamas et de tant de courants du fondamentalisme musulman contemporain.

Michel Renard

_______________________________________________

 



 MEMRI - Middle East Media Research Institute - dépêche fr. n° 161


Abdallah Jarbou, vice-ministre du Waqf du Hamas :


seul un fou peut prendre les Juifs


pour des êtres humains


 

Ci-dessous des extraits d´un discours prononcé par Abdallah Jarbou, vice-ministre du Waqf du Hamas, diffusé sur la télévision Al-Aqsa le 19 mars 2010.


Voir les extraits vidéo sous-titrés en anglais :  http://www.memritv.org/c lip/en/2430.htm

Abdallah Jarbu : Les Juifs, frères des singes et des porcs, se sont rassemblés des quatre coins du monde pour souiller la mosquée Al-Aqsa. Ils sont venus la dépouiller de sa pureté, qu'ils ont remplacée par leur impureté, leur saleté et leurs abominations. La Mosquée Al-Aqsa... Arrivent les sionistes criminels, qui ouvrent la synagogue prétendument Hurva ("détruite"). Puisse Alla h faire s´écrouler leurs maisons sur leurs têtes.
[...]

Tu ne peux pas continuer à vivre, ô nation arabe et islamique, pendant que la mosquée Al-Aqsa est souillée par les Juifs, le plus méprisable des peuples de la Terre. Par Allah, ce ne sont pas des êtres humains. Ce ne sont pas des hommes qui méritent de vivre tant que nous serons vivants.
[...]

Les Juifs ont violé tous les traités et accords. Ils ont massacré les prophètes dans le passé, n'ont manifesté aucun respect pour aucun prophète ou messager. Le Coran dit : "Ils ont massacré injustement les prophètes". Seul un fou qui ne comprend rien peut penser que les Juifs sont des êtres humains devant être traités comme tels, alors que leur traitement à notre égard se caractérise par la mort le sang, et le siège. Hier...

À quoi nous sommes-nous habitués de la part de l'Amérique – de ces États-Unis criminels, terroristes et meurtriers qui assiègent la télévision Al-Aqsa ? Puisse Allah soutenir la mosquée Al-Aqsa, la télévision Al-Aqsa, les hommes d´Al-Aqsa, les moudjahidine d´Al-Aqsa et tous les musulmans d'Al-Aqsa.

Nous demandons aujourd'hui : À quoi nous sommes-nous habitués de la part de l'Amérique et de l'Europe, si ce n'est à la déception, la trahison et au soutien des Juifs ?
[...]

Allah enverra sa colère des cieux sur les Juifs et leurs collaborateurs. Allah fera rugir la mer contre tous les oppresseurs. Allah empoisonnera l'air respiré par les Juifs, les Américains, les croisés et tous les sionistes. Puisse Allah transformer la nourriture qu'ils mangent en poison dans leurs estomacs.
[...]

Nous saluons tous ceux qui ont tenté d'écraser des Juifs avec leurs bulldozers. Nous saluons tous ceux qui ont tenté de poignarder un porc de colon juif.
[...]

Il faut une troisième Intifada, avec la bénédiction d'Allah. Nous disons à l'Autorité de Ramallah : Laissez faire nos frères, afin qu'ils puissent mener le djihad pour mettre fin aux attaques des Juifs. Une opération martyre au coeur de Jérusalem, pour faire sauter les colonies des Juifs, les terrifiera et mettra fin à leurs manigances contre nous. Une opération martyre au coeur de Tel-Aviv leur fera perdre le sommeil, comme dans le passé.

Quant à la prétendue "paix" ou au "processus de paix"… Ce sont des mots vides de sens, une trahison du peuple et de la religion d´Allah.
[...]

Les Juifs, tel un cancer, agissent par l'intermédiaire de cellules dormantes, jusqu'à ce que le corps cède. Nous devons arrêter ce cancer sioniste tuméfié
et coupable.

 

 

Pour adresser un email au MEMRI ou faire une donation, écrire à : memri@memrieurope.org.

Pour consulter l'intégralité des dépêches de MEMRI en français et les archives, libres d´accès, visiter le site www.memri.org/french.

Le MEMRI détient les droits d'auteur sur toutes ses traductions. Celles-ci ne peuvent être citées qu'avec mention de la source.

 

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9 septembre 2009

La burqa n'est pas une pratique musulmane

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Le savant indien de l'islam Maulana Wahiduddin Khan :

la burqa n'est pas

une pratique musulmane mais

une pratique culturelle

 

Dans l'Etat de Karnataka au sud de l'Inde, l'Institut d'études supérieures Sri Venkatarama Swamy (SVS) de Bantwal et l'Institut d'études supérieures gouvernemental du district d'Appanagri ont interdit le port du foulard islamique et de la burqa sur le campus, selon un quotidien en ourdou.

L'institut gouvernemental a empêché 50 filles musulmanes vêtues de la burqa d'assister aux cours, tandis que le SVS a empêché une étudiante de 19 ans en section commerciale d'assister aux cours tant qu'elle ne se serait pas conformée au règlement de l'institut : à savoir, ne pas afficher d'identité religieuse, dans son cas en portant le foulard.

Ci-dessous un échantillon des réactions à ces interdictions : [1]

Le savant de l'islam Maulana Wahiduddin Khan : "Si le règlement d'un institut d'études supérieures impose aux filles de ne pas porter de burqa ou de foulard, celles-ci doivent le respecter."

L'éminent savant musulman indien Maulana Wahiduddin Khan (ci-dessus), qui a écrit plus de 200 livres sur l'islam, a déclaré: "La burqa ne fait pas partie de l'islam mais de la culture, cette culture qui est celle du peuple du sous-continent depuis des siècles. Personne ne peut imposer un code vestimentaire au nom de l'islam. C'est catégoriquement non islamique."

Il a ajouté : "Si le règlement d´un institut d'études supérieures impose aux filles de ne pas porter de burqa ou de foulard, celles-ci doivent le respecter. Celles qui ne sont pas d´accord quitteront l'Institut".

L'érudite musulmane Fareeda Khan: "La burqa est devenue un symbole de rigidité et n´a rien à voir avec l'islam."

Fareeda Khan, une érudite musulmane qui enseigne à l'Université Jamia Millia Islamia de New Delhi, s'est faite écho de Maulana Wahiduddin Khan, déclarant : "La burqa est devenue un symbole de rigidité et n´a rien à voir avec l´islam."

Elle a ajouté : "Il faut bien reconnaître que le port la burqa, qui fait partie de la culture du sous-continent, a été détourné pour commettre des attentats-suicide. Pourquoi ne pas éviter la burqa ? La burqa ne fait partie d'aucun code vestimentaire islamique .... Je suggère aussi à mes étudiantes ne pas porter la burqa à l'université. "

_____________________________________

 

[1] www.theindian.com, Inde, 20 août 2009 ; Roznama Rashtriya Sahara, Inde, 19 août 2009.

Pour consulter l'intégralité des dépêches de MEMRI en français et les archives, libres d´accès, visiter le site www.memri.org/french.

 

MEMRI    Middle East Media Research Institut
Dépêche spéciale n° 2522

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21 mai 2009

"les porcs descendent des juifs" selon un cheikh d'al-Azhar

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un responsable du ministère égyptien


des cultes explique :


les porcs d'aujourd'hui descendent


des Juifs et doivent être abattus



MEMRI - Middle East Media Research Institute
dépêche spéciale n° 2359

Selon un rapport datant du 9 mai 2009, paru sur le site jordanien en arabe www.factjo.com, l'inspecteur des affaires relatives à la Dawa au ministère égyptien des cultes, le cheikh Ahmad Ali Othman, a émis une fatwa établissant que tous les porcs d´aujourd´hui descendent des Juifs et doivent donc être abattus. Extraits :


"L'une des actions de Jésus quand il reviendra sur terre au Jour du Jugement sera de tuer tous les porcs, et c´est là la preuve qu'ils descendent des Juifs"


Selon le site, le cheikh Othman établit dans sa fatwa que tous les porcs descendent des Juifs, qu'Allah a transformés en singes, en porcs, et en adorateurs de Satan, et doivent donc être abattus. Il se base sur le Coran (5:60) : "Dois-je vous indiquer quelque chose de pire que cela, [à en juger par] le traitement administré par Allah ? Ceux qui se sont attirés la malédiction d'Allah et Sa colère, dont certains ont été transformés par Lui en singes et en porcs, ceux qui ont adoré Satan – ceux-là sont pires en rang et bien plus égarés du droit chemin !"

Le rapport établit : "Othman affirme que ce verset [fait référence] au peuple de Moïse, et que [les commentateurs musulmans] Ibn Kathir, Al-Tabari et Al-Qassimi en apportent les preuves dans leurs ouvrages. Il note [en outre] qu'il existe deux écoles de pensée parmi les commentateurs coraniques : une opinion veut que les Juifs qui ont été transformés en porcs par Allah soient morts sans se multiplier, tandis que l´autre opinion stipule qu´ils se sont multipliés et que leurs descendants sont encore en vie aujourd'hui.

Appuyant [cette dernière hypothèse], le cheikh cite des hadiths dans lesquels le Prophète décrit l'un des signes annonciateurs de Jour du Jugement : les Juifs se transformeront en porcs pour être ensuite avalés par la terre."

Le rapport cite Othman en ces termes : "Je tends personnellement à croire que les porcs en vie aujourd´hui descendent de ces Juifs, et c´est pourquoi Allah nous en a interdit la consommation en ces termes : ´Seront pour vous interdits [à la consommation] les charognes, le sang et la chair du porc [Coran 5:3].´ En outre, l'une des actions de Jésus quand il reviendra sur terre au Jour du Jugement sera de tuer tous les porcs, et c´est là la preuve qu´ils descendent des Juifs. Tous les porcs de la Terre seront détruits par Jésus au Jour du Jugement."


Ali Abu Al-Hassan, chef du Comité de la fatwa d'Al-Azhar, qualifie les déclarations d'Othman d'inexactes


Othman dit aussi que "celui qui consomme du porc est comme celui qui consomme le pain d'un homme impur" et que "les religions divines [en référence au judaïsme et au christianisme], dans leur forme originelle, interdisent la consommation de porc."


D'après le rapport, Othman estime que sa fatwa bénéficie de l'appui de certains grands cheikhs d´Al-Azhar, qui craignent toutefois d´exprimer leur opinion en public. Othman est cité en ces termes : "J'ai présenté ma fatwa à l'académie [d´Al-Azhar] de recherche islamique, afin d´obtenir un avis clair, mais je n'ai pas encore reçu de réponse [officielle]. C'est parce qu'[Al-Azhar] craint d'émettre une telle fatwa, qui pourrait valoir aux oulémas des accusations d'antisémitisme."


Le rapport présente en outre la réaction du cheikh Ali Abu Al-Hassan, chef du Comité de la fatwa d´Al-Azhar. Ce dernier qualifie les déclarations d´Othman d'"inexactes", précisant : "Quand Allah punit un groupe de personnes parce qu'elles ont éveillé sa colère, le châtiment ne s´applique qu'à elles [et à nul autre]. Quand Allah se fâcha contre le peuple de Moïse, il les transforma en singes et en porcs. Ce fut un châtiment inhabituel, devant s'avérer dissuasif pour les autres. Mais [ces singes et porcs] ont péri et ne se sont pas multipliés, comme le prétend Cheikh Ahmad ´Ali Othman."

 

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22 avril 2009

Les islamistes ont pris le contrôle de la vie des musulmans d’Occident

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des auteurs progressistes du Golfe persique :

les groupes musulmans d’Europe

exploitent l’ouverture d’esprit des Européens


Dépêche spéciale n° 2309 Memri 

Deux récents articles parus dans la presse du Golfe évoquent l´attitude des musulmans européens à l’égard de l’Occident. Le 2 décembre 2008, Dhiya Al-Mousawi, un religieux chiite libéral de Bahreïn, publie dans Awan, quotidien libéral koweïtien, un article sur les attentats de Bombay dont certains des auteurs étaient des musulmans naturalisés britanniques. Le deuxième article, de Khalil ’Ali Haidar, journaliste progressiste koweïtien, a été publié le 5 octobre 2008 dans Al-’Ittihad, quotidien des Emirats arabes unis.

Ces deux auteurs critiquent les groupes musulmans d’Europe pour le mal qu’ils font à l’Occident tout en profitant de ses libertés et services. Haidar évoque un problème général, critiquant tous les mouvements et partis islamiques d’Europe, accusés d´encourager l’extrémisme islamique et  de contrôler la vie des musulmans européens. Au lieu de chercher à réduire l’écart entre l’Orient et l’Occident, ils ont délibérément favorisé l´isolement, le repli et, à terme, le terrorisme djihadiste contre l’Occident, estime-t-il.

Voici quelques extraits des articles de Al-Mousawi et Haidar :

Exterminate


Les musulmans européens crachent dans le puit d'où ils puisent leur eau

Dans un article intitulé «Quand le terroriste est britannique de naissance», Al-Mousawi écrit : « ..Il est triste que, dans les pays occidentaux, il y ait des milliers de musulmans qui obtiennent la citoyenneté pour eux-mêmes et leurs familles après avoir été expulsés de leur pays d’origine. [L’Occident] leur accorde l’asile et leur fournit le toit, du travail et l’assurance santé - [et pourtant] ce sont les premiers à se retourner contre leur nouvelle patrie. Pire, certains n’ont aucune problème à commettre un attentat suicide sur la place publique, au sein même des pays qui leur ont accordé leur protection, à eux et à leurs familles … Il est curieux de voir certains imams maudire et insulter l’Occident dans les prêches qu’ils font dans des [mosquées] occidentales, et appeler de leurs vœux la destruction des pays [occidentaux], alors même qu’ils sont placés sous la protection de la police de ces pays...» [1]

Les islamistes ont pris le contrôle de la vie des musulmans d’Occident

Dans la même veine, Al-Haidar écrit : «Le problème de l’Europe et des États-Unis, ce ne sont ni les Arabes ni les musulmans. Ce sont les islamistes, partis ou groupes, qui ont pris le contrôle de la vie politique, religieuse, sociale et culturelle, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des pays islamiques et arabes. [Ces partis et groupes] exercent une influence sur les minorités musulmanes des pays occidentaux... Leur action a consisté à imposer des restrictions à la première génération [d’immigrants], à endoctriner la deuxième génération et à excommunier des syndicats, des organisations et des mosquées.

Depuis de nombreuses années - en fait, depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale -, les pays occidentaux accueillent des Arabes et des musulmans et [leur] laissent une très grande liberté de prêche et marge de manoeuvre. Ils les ont traités avec une extraordinaire bienveillance. Avec le temps, les musulmans se sont renforcés et ils ont resserré leur emprise sur le cœur même de ces sociétés.

La présence d’islamistes [dans les pays européens], avec tous leurs différents partis, groupes et écoles de pensée, a constitué un banc d’essai des relations entre la minorité musulmane, placée sous l’influence de l’endoctrinement [des différents] partis, et ces sociétés démocratiques. Depuis de nombreuses années, les islamistes et tout particulièrement les Frères musulmans, se plaignent des [politiques] oppressives des régimes arabes, du gel des libertés, de la surveillance, etc.

Les écrits de [Abu A’la] Al-Mawdoudi, [2] [initialement publiés en langue urdu], sont de plus en plus populaires dans le monde arabe, corrompant la jeunesse et faussant sa vision du monde. [Al-Mawdoudi] a proclamé à la face du monde, et tout particulièrement à l'attention de [ses] adversaires européens libéraux, l’avènement d’un nouvel ordre social qui serait en tout point supérieur à la démocratie occidentale - qu’il s’agisse de liberté, de souplesse, de tolérance religieuse, etc. - et qui serait mis en place sous la conduite d’une jeunesse musulmane non contaminée par la saleté de la civilisation occidentale et ses [valeurs] matérialistes.»

Les islamistes ont favorisé la marginalisation et le terrorisme

«L’idéologie des Frères musulmans, du parti Al-Tahrir, [3] et d’autres groupes islamiques égyptiens, pakistanais et autres, a propulsé les Arabes et les musulmans d’Europe dans l’obscurité et la confusion. Avec leurs livres, leurs films et leurs idées séparatistes extrémistes, ils ont ouvert la voie à la prolifération de différentes formes d’extrémisme et, de là, au terrorisme déclaré.

Les attaques incessantes contre la civilisation occidentale, contre les lois humaines et les études orientales, ainsi que contre [ce qu’ils considèrent comme] une invasion culturelle et des complots de l'Occident - ont rendu difficile pour [les musulmans] l’intégration au nouvel environnement vers lequel ils ont émigré tout en le haïssant. [Pourtant, son intégration], au moins en ce qui concerne ses intérêts matériels ou les objectifs de son parti [n’a jamais été entravée].»

Aucune culture du renouveau et de l’innovation

«Le mouvement islamique n’a pas adopté l’idée de renouveau et d’innovation ; il n´a pas su voir le côté positif de la société occidentale ou étudier la littérature, la culture et l’art occidentaux afin de se créer un modèle moderne de culture, de littérature et d’art associant des [éléments] occidentaux et islamiques. Même les leaders des Frères musulmans, et d’autres qui sont fiers de la civilisation islamique et se proclament héritiers des civilisations de Bagdad et d’Andalousie - [même ceux-là], au cours du demi-siècle [qu´a duré leur séjour] à Paris, à Londres ou en Allemagne, n’ont pas produit [la moindre] idée nouvelle, et encore moins des [créations] artistiques ou culturelles notables...

Il est vrai qu’ils ont créé des maisons d’édition visant à diffuser les livres et publications de leurs partis ; ils n’ont jamais cessé de perfectionner leurs armes médiatiques que sont la presse, la télévision et d’autres supports ; ils ont développé leurs propres banques et institutions financières [en précisant qu’elles sont] ‘islamiques : pas d’intérêts’ ; ils ont créé des écoles privées, qui n’ont servi qu’à isoler davantage les petits musulmans de leur environnement européen, et ils ont ainsi renforcé le contrôle des partis islamiques sur leur [vie] - et ce n’est là qu’une liste partielle. Mais ce qu’ils n’ont pas fait, c’est agir pour créer un pont entre l’Orient et l’Occident comme l’ont fait, par exemple, les poètes de la diaspora [musulmane]. Ils n’ont jamais non plus cherché à semer les graines de la modernisation, de la démocratie et de la créativité - culturelle, artistique et littéraire - dans les mondes arabe et islamique.

La plupart des articles sur [les musulmans d’Europe], que les médias publient avec beaucoup d’enthousiasme, portent sur les querelles entre mosquées, les crimes d’honneur familiaux, ou le discours religieux extrémiste. Pas une seule de leurs associations n’a jamais patronné le moindre programme culturel utile, et aucun de leurs partis n’a jamais traduit une encyclopédie ou organisé un groupe d’étude s’intéressant à un aspect donné de la culture, de l’éducation ou des liens entre l’Orient et l’Occident. Aucun de ces cercles n’a jamais non plus investi le moindre effort [dans un projet] - pas même pour reconsidérer les écrits des partis islamiques et les moderniser en en supprimant les idées extrémistes et l’idéologie des accusations d’hérésie.»

Abus de tolérance

«La tolérance des Occidentaux envers les musulmans en Europe et aux États-Unis pour ce qui est de la liberté religieuse en général, et leur respect des conversions à l’islam, notamment de la part de juifs et de chrétiens, n’ont servi de modèle à aucun parti islamique : ils n’ont pas appris la tolérance religieuse ; ils n´ont pas été poussés à reconnaître que le choix de la religion est une affaire personnelle ; ils n’ont pas non plus été incités à protéger les non-musulmans dans le monde arabo-islamique. Au contraire, ils sont devenus de plus en plus agressifs, parce qu’ils ont compris que l’Occident cédait à leurs exigences et les traitait avec tolérance. Ils ont donc gagné du terrain et de la popularité, tandis que leur arrogance ne connaissait plus de limites...

La littérature, les publications et les sermons des islamistes, même en plein cœur de l’Europe, conservent pour l’essentiel la structure conceptuelle des anciens écrits [musulmans], puisqu’ils continuent à considérer tous les apports de la civilisation comme des déchets, toutes les prodigieuses innovations technologiques comme des avancées purement matérielles, et la vie et les valeurs de l’Occident comme décadentes et dégradantes.»

Le lien à la violence et au terrorisme

«On a souvent dit que les groupes islamiques modérés n’ont rien à voir avec la violence et le terrorisme. Mais c’est une illusion. Toutes les idées des groupes terroristes cadrent avec l’idéologie des Frères musulmans, du [parti] Al-Tahrir, de Al-Jama’a Al-Islamiyya au Pakistan, et d’autres encore. Des concepts comme l’idolâtrie, la loi de Dieu, l’instauration de la charia et d’autres encore, qui ont acquis de nouvelles connotations fondamentalistes liées aux nouveaux partis dirigeants, n’ont pas été inventés par Al-Qaida ou le Fath Al-Islam. Les notions d’isolement cognitif, d’invalidité des lois humaines et du service de Dieu, la dévalorisation des valeurs de patrie et de citoyenneté ainsi que toutes les facettes du réalisme politique, ou encore les proclamations telle la devise des Frères musulmans ‘la mort pour Allah est notre plus haute aspiration’ et beaucoup d’autres - tout cela n’a pas été inventé par Al-Zarqawi, ben Laden, ou [Sheikh Abu Muhammad] Al-Maqdisi…

Que peut-on attendre d’un jeune qui se trouve confronté à l’idée [suivante, que l’on trouve] dans un livre fréquemment étudié par les Frères musulmans : ‘Nous vivons aujourd’hui dans une jahiliya [l’ère pré-islamique du culte des idoles], similaire à l’idolâtrie du temps de [Mahomet], et même pire. Nous sommes entourés par l’idolâtrie. Les réalisations et les croyances des hommes, les traditions et coutumes des peuples, leurs sources traditionnelles, leurs arts et leur littérature, leurs lois et règlements, et même la plupart de ce que nous considérons comme des aspects de la culture islamique, les autorités islamiques, la pensée et la philosophie islamiques - toutes ces choses sont des produits de l’idolâtrie.

Il ne s’agit là que d’un passage du livre de Sayyed Qutb, Jalons. Ce livre a été traduit dans toutes les langues des pays islamiques : turc, perse, urdu, malais, indonésien, et d’autres encore, comme des centaines d’autres livres des Frères musulmans. Ces livres endoctrinent des milliers de jeunes du monde musulman et attirent [beaucoup d’entre eux] vers des organisations terroristes extrémistes.

Ce passage, qui est lu [et relu] par les islamistes depuis plus de 40 ans, n’est-il pas la principale raison du sentiment croissant de marginalisation des musulmans de leur propre société et de la société européenne, américaine ou australienne vers laquelle ils ont émigré ?

Il ne fait aucun doute que ce sont ces idées, ces textes et ces doctrines - dont certains [nous] paraissent ‘modérés’ et sans danger, [une fois] qu’ils ont empoisonné notre âme - qui ont façonné les idées de beaucoup de musulmans, hommes et femmes, à travers le monde, et ont fait naître une génération de terroristes djihadistes.

C’est ce [phénomène] qui a précipité la rupture entre les islamistes et les sociétés occidentales en Amérique et en Europe. » [4]

Notes

[1] Awan (Koweït), 2 décembre 2008.

[2] Sayyid Abul A’la Mawdoudi (1903-1979)(1903-09-25), également connu sous les noms de Mawlana (Maulana) ou du cheikh Sayyid Abul A’la Mawdudi, était un journaliste, théologien et philosophe politique sunnite pakistanais, et un penseur islamiste majeur. C’était également un personnage politique dans sa patrie du Pakistan, où il a fondé le parti revivaliste Jamaat-e-Islami.

[3] Hizb Al-Tahrir (Parti de la libération) est un groupe islamique radical dont l’objectif est de rallier les musulmans en appelant à l’instauration d’un nouveau califat.

[4] Al-Ittihad (Emirats arabes unis), 5 octobre 2008.


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28 janvier 2007

Hôpital : laïcité et intégrisme s'affrontent

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Hôpital : laïcité et intégrisme s'affrontent

Annick Cojean, Le Monde


L’invention a fait la «une» des médias de Grande-Bretagne le soir même de sa révélation. Une burqabh_thumb chirurgicale pour patientes pratiquantes. Bleu vif. Pleine de plis et replis. Et couvrant intégralement le corps, de la tête aux pieds, avec une simple petite fente au niveau des yeux. Un vrai rêve de taliban. La blouse, bizarrement appelée «interconfessionnelle», a immédiatement soulevé maints débats outre-Manche. Certains, dont le journal Islamic Times, ont réagi avec enthousiasme : «Ingénieux ! Le plus sûr moyen de ramener à l’hôpital des femmes musulmanes effarouchées par les usages et la nudité imposés dans les établissements de santé occidentaux.» D’autres, députés, médecins et éditorialistes, ont dénoncé avec affliction « la compromission occidentale » et ce nouveau gage au «politiquement correct».

À Rotterdam, c’est le projet de création d’un hôpital islamique - le premier en Europe - qui suscite la polémique. Nourriture halal, tours de garde d’imams, départements séparés pour hommes et femmes avec personnel médical du même sexe : toutes les recommandations de l’islam seraient strictement respectées, et l’homme d’affaires néerlandais qui a lancé le projet estime que la niche commerciale est considérable dans un pays comportant 1,7 million d’immigrés non occidentaux et 450 mosquées. Un signe d’ouverture très fort envers la communauté musulmane, se réjouissent certains. «Le choix de l’apartheid», commentent les autres.

medium_hopital_bichat_paris_18_cyril_bozonnet_fnEt c’est, semble-t-il, ainsi que réagissent beaucoup de médecins français à l’évocation d’un tel projet. «Une absurdité !, s’offusque le professeur Israël Nisand, chef du service de gynécologie-obstétrique du CHU de Strasbourg. Cela revient à ghettoïser une communauté pour mieux l’abandonner ! Je trouve cela incompatible avec l’idéal républicain. Même s’il arrive à certains collègues médecins de rêver d’être un jour débarrassés des problèmes posés par les patients musulmans

Des problèmes en nombre croissant. Religieux. Culturels. Ethiques. Et souvent traumatisants parce que devant être résolus dans l’urgence. Le serment d’Hippocrate en bandoulière. Mais avec un devoir de respect et une obligation de diplomatie devant ce que le patient présente comme «la loi de Dieu». Le malaise est patent dans de nombreux établissements hospitaliers français. Doublé d’un sentiment d’insatisfaction morale et intellectuelle dans le corps médical.

Il y a d’abord cette violence observée dans certains services de gynécologie obstétrique en région parisienne et dans plusieurs grandes villes. Des maris fondamentalistes refusent que leurs femmes soient examinées, soignées, accouchées par un homme. Ils l’exigent avec vigueur, quitte à mettre en danger leurs épouses et à s’en prendre physiquement au praticien en fonction.

Entree_hopitalUn incident violent s’est produit en septembre à la maternité de l’hôpital Robert-Debré, à Paris, où le professeur Jean-François Oury, appelé en urgence auprès d’une femme maghrébine sortant d’un accouchement difficile, s’est vu giflé par le mari au motif que l’islam interdisait à un autre homme de toucher sa femme. Condamné à six mois de prison ferme le 24 janvier au tribunal correctionnel de Paris, l’intéressé, un jeune père de 23 ans nommé Fouad Ben Moussa, expliqua qu’il était «stressé» et qu’il s’agissait plus, à ses yeux, «d’une question de pudeur que de religion». L’avocat du gynécologue frappé, Me Georges Holleaux, abonda dans ce sens : «La religion n’est qu’un mauvais prétexte à un comportement violent », expliqua-t-il, ajoutant que, à ses yeux, « tout amalgame serait extrêmement dangereux».

Il reste que le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), qui regroupe la majorité des gynécologues français, a noté, depuis trois ou quatre ans, une multiplication d’incidents de nature à perturber l’organisation des maternités. À Lyon, un chef de clinique du service du professeur Raudrant a été un jour menacé par un homme d’origine africaine armé d’un couteau, furieux qu’il ait examiné son épouse.

Près de Grenoble, un mari présent en salle de travail s’est opposé au docteur André Benbassa, directeur médical de la maternité Belledonne, venu aider à l’accouchement de sa femme, qui nécessitait des forceps. À Roubaix, un mari a refusé que sa femme, dont le frottis révélait une anomalie, subisse une colposcopie (examen du col utérin), parce que le seul spécialiste, le docteur Yves Verhaegue, était un homme. D’autres problèmes ont été signalés à Tours, Nice, Montreuil, Créteil, Bondy, Mulhouse, Versailles.

À Strasbourg, le professeur Israël Nisand se dit inquiet de l’augmentation de la «violence verbale» et des cas «d’incivilité, voire de délinquance prenant le prétexte de la religion». L’agression dont a été victime une assistante sociale de son service a ébranlé le personnel (Le Monde du 28 février 2006) et incité la direction de l’hôpital à installer des caméras. Deux Maghrébins avaient surgi dans le bureau de l’employée, la giflant, lui tapant la tête contre une table en criant : «Ça vous apprendra à vous occuper de nos femmes !», et la laissant dans le coma, après lui avoir arraché son tee-shirt et écrit «Mohamed» sur son ventre.

Un mari turc à qui la secrétaire du professeur expliquait qu’on ne pouvait garantir que sa femme serait examinée par un médecin femme l’a menacée : «On vous aura !» Un autre, dont la femme avait un oeil au beurre noir et des traces de brûlures de cigarette sur les bras, s’est emporté contre le praticien : «Je préfère que ma femme meure plutôt qu’un homme la voie !»hegp_big

Récemment, raconte encore le professeur Nisand, «j’ai été appelé d’urgence pour délivrer un certificat de virginité à une gamine de 11 ans ! Je me suis récrié ! Mais que de menaces et de coups de pied dans les portes !» L’accumulation de ces incidents a incité le CNGOF, en octobre 2006, à publier un communiqué alarmiste et à proclamer son souci de «défendre les femmes contre l’intégrisme musulman».

«Les gynécologues-obstétriciens hommes devront-ils désormais être protégés par la police pour exercer leur métier ? (...) C’est inadmissible dans un pays laïque comme le nôtre, où l’hôpital, s’il permet la liberté de culte, n’a pas à plier son organisation aux pratiques religieuses quelles qu’elles soient. (...) Nous le disons fermement, nous continuerons à avoir des services où les médecins hommes ou femmes apporteront les soins aux patients quel que soit leur sexe. Nous défendrons la liberté des femmes à se déterminer sur la contraception, l’avortement, la stérilisation, sans l’avis de leur mari. (...) Il y a trente ans, les femmes musulmanes venaient dans nos hôpitaux sans l’appréhension d’être prises en charge par des médecins généralement hommes, et il n’y avait pas ces violences. Pourquoi cette régression ?»

Pour entraver le phénomène, Dominique de Villepin a demandé en avril 2006 au Haut Conseil à l’intégration un rapport et un projet de «charte de la laïcité dans les services publics» qui devait lui être remis incessamment. Nicolas Sarkozy avait demandé la même chose à André Rossinot, coprésident du Parti radical valdoisien avec Jean-Louis Borloo. Ce rapport a été remis au président de l’UMP le 20 septembre 2006, et recommandait, lui aussi, la rédaction d’une «charte». Consulté, le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a exprimé son refus d’une «talibanisation de l’islam de France».


titre_CNGOFPour Jacques Lansac, le président du CNGOF, «le problème s’était déjà posé avec l’avortement. Par trois fois dans le passé, j’ai porté plainte contre les intégristes catholiques qui venaient s’enchaîner et prier dans les blocs opératoires pour entraver les IVG. La loi m’y aidait, qui prévoyait des sanctions . Mais là, comment faire ? On se bat contre des traditions qui aboutissent à l’humiliation et à la chosification de la femme».

Quant au rôle de la femme elle-même dans ces situations, il est formel : «Ce n’est pas elle qui provoque les incidents. Elle est accommodante et ne souhaite qu’une chose : que l’arrivée du bébé se passe bien. Mais elle n’a pas voix au chapitre ! C’est l’homme qui refuse la césarienne... au point qu’il nous faut parfois appeler en urgence, dans la nuit, le procureur de la République ! C’est l’homme qui refuse la péridurale au motif que la douleur est normale ! C’est encore l’homme qui refuse une ligature des trompes demandée par une femme épuisée par de multiples grossesses et à laquelle il refuse d’autres méthodes de contraception !»

hdieu1Daniel Raudrant, lui, a fait apposer une affichette à la maternité de l’hôtel-Dieu de Lyon, qui accueille fréquemment des immigrés tchétchènes : «Madame, nous vous rappelons que le personnel soignant du service est mixte. (...) En cas de refus d’accepter les règles du service et d’être prise en charge éventuellement par un homme, nous ne pourrons vous dispenser les soins dont vous avez besoin.» Parfois, des maris furieux, accompagnés d’une femme voilée, arrachent l’affiche. Certains repartent après l’avoir lue. D’autres se rebellent.

Mais le professeur se montre intraitable : «Fini, les palabres à 3 heures du matin, les scandales parce qu’on ose demander à un homme de ne pas bloquer un couloir pendant sa prière ou la menace de coups contre une sage-femme qui a pris la défense d’une patiente violentée par son mari. Ce n’est pas au personnel hospitalier de gérer cela. Désormais, je n’hésite plus : j’appelle la police. Une ligne spéciale nous relie au commissariat. Le personnel est plus serein.»

Le docteur Georges-Fabrice Blum, à Mulhouse, pense aussi qu’il s’agit d’une question de rapport de forces. «Quand, en salle d’accouchement, un homme me dit : “Touche pas à ma femme”, je lui réponds : “Ta gueule ! Ici, c’est moi le chef ! Je respecterai ta femme, je ne la regarderai pas dans les yeux, et je ferai naître ton bébé dans la sécurité. Mais pas de négociation !” » Voilà. Ensuite, je laisse le papa faire la prière dans l’oreille de l’enfant après la section du cordon.»

Les césariennes exigent de longues discussions. «Le charisme et l’autorité du chef de service sont alorsembryo1 fondamentaux», dit le docteur Blum. Mais il faut expliquer les risques de mortalité pour la mère et l’enfant, certifier que cela n’entravera pas les naissances ultérieures, rassurer la femme africaine et parfois appeler un imam, un marabout ou des grands-parents. On apprend sur le tas. «Quand j’ai commencé, il y a dix-sept ans, se souvient Laurence Jalbert, sage-femme à Montreuil (Seine-Saint-Denis), nous avions un manque total d’informations sur les coutumes et religions des immigrés. Aujourd’hui, il y a certes un grand retour à la tradition, mais beaucoup moins d’incompréhensions culturelles.»

À la maternité de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, où se côtoient une quarantaine de nationalités, le professeur Jacques Milliez mise davantage sur l’accueil et la tolérance que sur le rapport de forces. «Il ne saurait être question, pour moi, de blesser quiconque au nom d’une uniformisation laïque. Tout a été mis en oeuvre pour éviter le moindre conflit lié à un particularisme religieux. Souci de la pudeur, de l’alimentation (casher, halal), observance du shabbat et du ramadan... Bien sûr dans la limite du bon fonctionnement du service.»

381Pas d’exception à la règle de la mixité des gardes, pas d’accouchement en burqa - «la vue du visage est fondamentale pour vérifier l’identité d’une personne, surveiller son teint et l’expression du regard» -, une seule personne en salle de travail... La cohabitation des cultures, dit-il, peut se faire aisément. Les problèmes liés à la religion sont ailleurs. Dans le choix d’interrompre ou non médicalement une grossesse à risque par exemple : «Faut-il s’engager dans un processus complexe de diagnostic prénatal, notamment l’examen permettant de déceler la trisomie 21, lorsqu’on sait qu’un couple, en raison de convictions religieuses profondes, ne s’engagera jamais dans la voie d’un avortement ? Voilà les vrais dilemmes.»

Le professeur Milliez en est parfaitement conscient : «Il y a une pression très forte pour que les enfants trop prématurés ou mal formés ne viennent pas au monde. Mais que veulent les parents ? Il est fondamental de les écouter et de respecter leur choix.»

Là sont sans doute les vraies questions. Philosophiques et éthiques. À partir de quand, la vie ? À quel prix, 3750008la vie ? À tout prix, la vie ? Les nouvelles techniques d’assistance médicale à la procréation ou la sélection du sexe de l’enfant à naître questionnent à la fois l’éthique laïque ou religieuse des médecins et patients, et ouvrent un champ de réflexion immense pour toute la société. Le colloque «Éthique, religion, droit et procréation», organisé chaque année, attire une foule de médecins.

Pour le reste, pense Isabelle Lévy, auteur de La Religion à l’hôpital (Presses de la renaissance), une bonne information sur les moeurs et croyances des patients ainsi que le rappel inflexible des principes de la laïcité et du droit français, qui sanctionne «la non-assistance à personne en danger», devrait assurer une cohabitation sereine au sein de l’hôpital. «Les trois religions monothéistes sont beaucoup plus pragmatiques que ne le pensent certains croyants tentés de faire du zèle. Elles donnent toujours priorité à la vie et admettent la transgression des interdits au cas où elle est en danger. Aux soignants de se montrer à la fois respectueux et stricts

Annick Cojean, dans Le Monde du 27 janvier 2007 (daté 28 janvier 2007)


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20 mai 2007

Je viens de lire "Le voile déchiré", de Carmen Bin Laden

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Je viens de lire "Le voile déchiré",

de Carmen Ben Laden

 

Quand la perversion d'une religion jongle avec l'horreur et la barbarie... c'est le FONDAMENTALISME MUSULMAN INTEGRISTE.......


51levoiledechire Je viens de lire Le voile déchiré, de Carmen Bin Laden (belle-sœur d'Oussama Ben Laden). Ce livre m'a profondément marqué. C'est l'histoire d'une jeune fille élevée en Suisse, de père suisse et de mère iranienne, qui tombe amoureuse d'un séduisant Saoudien, l'épouse et va vivre avec lui en Arabie saoudite. Elle y passe quatorze ans et lui donne trois enfants.

Elle raconte en détail ce qu'est la vie d'une femme dans ce pays soumis au wahhabisme, c'est-à-dire au fondamentalisme musulman : une femme doit être soumise à son mari et ne peut voyager sans son consentement écrit ; elle ne peut sortir de sa maison sans accompagnement masculin, même pour traverser la rue; elle ne doit sortir que voilée de la tête aux pieds, sans montrer un centimètre carré de sa peau; elle ne peut adresser la parole à un homme et celui-ci doit détourner le regard sur son passage ; elle ne peut ni conduire une voiture ni travailler, etc.

Elle décrit aussi des blocages qui résultent d'une stricte obéissance au Coran dans la société saoudienne et les situations cruelles qui en résultent, le fanatisme de certains Saoudiens comme son beau-frère Oussama, et les déchirements auxquels sont soumis les hommes et femmes qui essaient de concilier culture occidentale et wahhabisme.

Son livre, qui se lit d'un trait, complète celui de Betty Mahmoody, Jamais sans ma fille, qui raconte les malheurs d'une Américaine mariée à un Iranien et exposée aux pratiques chiites, à peine moins tyranniques que le wahhabisme.

À la lecture de ces livres, témoignages accablants des ravages du fondamentalisme musulman, on ne peut s'empêcher de conclure que la pratique de la religion musulmane, telle qu'elle y est décrite, est incompatible avec la vie dans une démocratie occidentale. La religion musulmane y apparaît seulement compatible avec les mœurs de tribus de Bédouins nomades du septième siècle, car elle impose à tout instant sa manière de vivre, sa vision inégalitaire et antidémocratique de la vie en société, de l'autorité et de la justice.

Une femme ne peut être soignée par un médecin homme. Lorsqu'en Arabie saoudite un incendie a ravagé une école de jeunes filles, la police religieuse a empêché les pompiers de porter secours aux filles, préférant les voir brûler vives plutôt que de laisser ces hommes s'en approcher. Ne pouvant travailler, ne pouvant même pas s'exprimer en public, une femme est un être inférieur, qui n'a aucune chance de se réaliser. Son mari a le droit de prendre plusieurs épouses et d'avoir des aventures, mais elle n'a pas le droit de le tromper, sous peine de lapidation.

Un voleur a la main coupée. Un chef de clan a droit de vie ou de mort sur toute femme de son clan, qui doit manif_saudi_ind_afp220épouser l'homme que celui-ci aura choisi pour elle, etc. En Arabie saoudite il n'y a ni médias libres, ni élections démocratiques, ni syndicats, ni justice indépendante du gouvernement. Les Saoudiens ont des droits que n'ont pas les immigrés qui travaillent pour eux, même lorsqu'ils sont musulmans. On y enseigne la haine des Juifs et le mépris des autres non-musulmans. Et on y a financé les terroristes d'al Qaida qui ont commis les attentats du 11 septembre 2001… entre autres.

Les lois saoudiennes sont basées sur le Coran et les hadiths (autres textes sacrés de la religion musulmane, qui réunissent ce que la Tradition a pu consigner des propos du Prophète). Ces textes ont été écrits à une époque où les lois des sociétés étaient très différentes des nôtres. C'est ainsi qu'on trouve, dans le Nouveau testament (Saint Paul, première épître aux Corinthiens - XI, 6-10) le passage suivant :

"Si la femme ne porte pas le voile, qu'elle se fasse tondre! Mais si c'est une honte pour une femme d'être tondue ou rasée, qu'elle porte un voile! L'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l'image de la gloire de Dieu... Car ce n'est pas l'homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme. Et l'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme. Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance..."

Le christianisme a donc, lui aussi, des textes aujourd'hui tombés en désuétude. Mais il a su évoluer sur des points fondamentaux, par exemple lors du Concile Vatican II.

Un Islam tolérant
J'ai aussi lu deux livres de M. Dalil Boubakeur, Recteur de l'Institut musulman de la Mosquée de Paris, médecin ayant exercé pendant 25 ans et enseigné à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière et président du Conseil français du culte musulman : Les défis de l'Islam (éditions Flammarion) et Non! l'Islam n'est pas une politique (éditions Desclée de Brouwer). Le Recteur Boubakeur y présente un islam tolérant, moderne et encourageant la réflexion personnelle, diamétralement opposé au formalisme wahhabite qui exige l'obéissance inconditionnelle. La religion musulmane qu'il y décrit est parfaitement adaptée à une intégration réussie dans une société occidentale.

samir de casa
19/05/2007 08:02:14
source : http://www.emarrakech.info


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14 mars 2007

identité française : réponse à Laurent Lévy (Michel Renard)

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à propos de l'identité française

réponse à Laurent Lévy sur Oumma.com

posté le 14 mars 2007


Bonjour,

Laurent Lévy a décidé de s’affirmer par la haine de soi. C’est son droit. Mais cela le conduit à des considérations d’une ridiculité intellectuelle consternante.

Ainsi, cette phrase : "L’identité nationale, toujours et partout, se définit par rapport à ses ennemis". Et alors... ? Quel mal à cela ?

La Déclaration des Droits de l’homme - dont on aura du mal à prétendre qu’elle n’est pas un élément de l’identité française - se définit par rapport à des ennemis qui sont la tyrannie, "l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme"... N’est-ce pas louable ?

L’historien britannique d’expression française, Theodore Zeldin, a écrit dans les années 1970 une Histoire des passions françaises. On y trouve ce développement à propos du "rôle novateur" de la France dans l’établissement de la démocratie :

- "Il est vrai que la France a été le premier pays à adopter le suffrage universel. Elle a secoué le monde entier avec sa Déclaration des droits de l’homme, son usage répété de la révolution pour renverser des gouvernements arbitraires ou impopulaires, son triple principe de liberté, d’égalité et de fraternité et les chances de carrière qu’elle a offert au talent. Aussi son histoire ne concerne-t-elle pas seulement ses propres enfants, elle est également inséparable de celle de la modernisation survenue à chaque coin du globe. Aucune nation, aucune démocratie ne peut écrire sa propre histoire sans reconnaître à la France une dette ou une influence directe. L’histoire de France aura toujours un sens pour l’histoire universelle." (Histoire des passions françaises, 1848-1945, tome 5, Points-Seuil, 1981, p. 446 [conclusion])

On peut dire cela en dehors de tout "projet ethnique", sans penser que "la haine est la face cachée de la nation" comme l’écrit Laurent Lévy... D’autant que l’historien britannique complète son constat par celui des limites concrètes d’un tel rôle :

- "Il n’est cependant pas douteux que la société française telle qu’elle émergea de ces révolutions a progressivement cessé d’être un modèle. Des crises politiques répétées ont permis de penser que la démocratie, même en France, a échoué. La diversité d’opinions et d’intérêts semble avoir débouché sur l’immobilisme. Les privilèges sociaux n’ont pas été éliminés. Nombreuses sont les contradictions flagrantes entre les grands principes proclamés par les Français et la façon dont ils se sont comportés dans la pratique." (ibid.).

La lucidité historienne peut ainsi mêler des réflexions sur l’identité nationale (sans racisme nationaliste) et sur les limites des grands principes (sans haine de soi pathologique).

Ce à quoi était parvenu Fernand Braudel qui, écrivant au soir de sa vie L’identité de la France (1986) livrait son sentiment en prenant soin de de dire qu’il "n’interviendrait guère dans les pages de (son) ouvrage" :

- "Je le dis une fois pour toutes : j’aime la France avec la même passion exigeante et compliquée que Jules Michelet. Sans distinguer entre ses vertus et ses défauts, entre ce que je préfère et ce que j’accepte moins facilement".

Laurent Lévy dira-t-il que Braudel fut raciste, xénophobe et pétainiste... ?

Michel Renard


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- Histoire des passions françaises, Theodore Zeldin, rééd. Payot, 2003.

- Identité de la France, Fernand Braudel, (1986), éd. poche Champs-Flammarion, 1999.

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4 janvier 2007

Une exposition antisémite déclenche un tollé à Paris-VIII (journal Libération, avril 2003)

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hall de l'université Paris VIII


Une exposition antisémite déclenche

un tollé à l'université Paris-VIII

L'union des étudiants tunisiens se voulait propalestinienne

Armelle THORAVAL

 

«La communauté universitaire ne saurait cautionner de tels actes, qui représentent un appel à la haine raciale.» La direction de Paris-VIII.
Selon les uns - des étudiants -, ce serait le signe d'un climat détestable profondément installé au sein de l'université Paris-VIII, «car dans cette fac, ça fait deux ans que l'on amalgame étoile de David et croix gammée». Selon les autres - des professeurs -, l'université Paris-VIII, située à Saint-Denis, est parfois le théâtre de dérapages, qui ne reflètent en rien l'ensemble du campus.

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croix gammée et étoile de David sur une table d'élève d'école
élémentaire à Naplouse en novembre 2001 (source)

Feu aux poudres. Quelle que soit l'évaluation, une exposition temporaire organisée de mardi à jeudi derniers par les représentants de l'Union générale des étudiants tunisiens (Uget) a suscité «écoeurement», «dégoût», «indignation» par son caractère «ouvertement antisémite». Le contenu de cette exposition a eu suffisamment d'impact pour que le président de l'université, Pierre Lunel, annonce son intention de saisir le tribunal de Bobigny d'une plainte pénale, probablement pour incitation à la haine raciale. Le choix procédural sera arrêté aujourd'hui.

Sur le papier, l'objet administratif de cette exposition était la «journée de la terre», célébration du 30 mars pour protester contre l'annexion de terres palestiniennes par les autorités israéliennes. Le directeur de cabinet du président de l'université se souvient que les organisateurs avaient également évoqué, par oral, la guerre contre l'Irak.

Mardi dernier, dans le grand hall d'accueil blanc de l'université qui fait face à l'entrée du métro, lesliv_palestine1 arrivants découvrent deux rangées de panneaux. Du sang, en abondance, des cadavres tuméfiés, l'horreur : une série de photographies qui auraient été prises après l'assaut de Jénine (printemps 2002) couvre une partie des panneaux. Des clichés mis en relation avec des affiches sans ambiguïté : de longues citations du négationniste Roger Garaudy (extraites de Palestine : terre de messages divins), une caricature d'un George W. Bush étranglant un Palestinien sous le rire d'un Ariel Sharon ricanant, nez proéminent, étoile de David au revers de la veste.

D'autres dessins s'en prenant à «la figure du juif éternel, tel que croqué en 1941», relate Daniel Lefeuvre, enseignant d'histoire, l'un des premiers à avoir protesté auprès de la présidence de l'université. Ou encore le détournement de citations d'auteurs israéliens, alimentant la thèse du complot juif. Pierre-Yves Chapeau, directeur de cabinet de Pierre Lunel, fait alors prendre des photos. Le jeudi, toute discussion est impossible, l'Uget mettant la sono à fond pour empêcher tout dialogue. Le démontage de l'exposition s'achève avec les cris «mort aux juifs», sous l'oeil médusé des agents de sécurité et horrifié de quelques étudiants.

Pétition. Depuis hier une pétition circule pour mettre un coup d'arrêt ferme aux menées de l'Uget. Ses représentants nient tout en bloc. Ils n'auraient voulu qu'«apaiser les tensions», auraient soigneusement informé les responsables universitaires, n'auraient pas affiché de textes de Garaudy. La direction de l'université rappelait hier que «la communauté universitaire ne saurait en aucune manière cautionner de tels actes qui, loin de participer de l'esprit de paix (...), représentent un appel à la haine raciale». Pour les représentants de l'Uget, l'esclandre ne serait qu'une «manipulation» visant à interdire tout débat sur le sort des Palestiniens». La justice - pièces et témoignages en main – tranchera !

Libération, mardi 01 avril 2003



- le communiqué de protestation de l'UGET (4 avril 2003)

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29 mai 2008

Islam : réponse à Robert Redeker

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Islam : réponse à Robert Redeker

Leïla BABÈS


Invité dans l’émission de France 2 "On n’est pas couché" du 17 mai, vous avez reproduit, à peu de chose près, le contenu de l’article publié par le Figaro (19 septembre 2006) et qui vous avait valu une condamnation à mort sur Internet. À l’époque des faits, le choc produit par les menaces qui pesaient sur vous, et l’urgence de la mobilisation contre cette atteinte à la liberté d’expression, me paraissaient plus importants qu’une réponse dont, de surcroît, je n’aurais souhaité pour rien au monde qu’elle fût interprétée par vos détracteurs comme un témoignage à charge. C’est pourquoi je m’étais bornée à intervenir sur votre site pour expliquer en quelques mots les raisons de mon soutien, et mon désaccord avec le contenu de votre brûlot.

Il est temps à présent que l’on ouvre le débat, moins pour vous répondre que pour poser les questions qui font cruellement défaut dans le tissu de poncifs qui vous tient lieu d’analyse. À commencer par l’idée que les «musulmans modérés» ne vous ont pas assez soutenu. Voilà bien un qualificatif insultant, consacré par toute une vulgate médiatique qui s’interroge régulièrement sur le silence des «modérés», cette poignée de musulmans noyés dans le milliard d’extrémistes, tout juste assez civilisés pour être capables de répondre sans chercher à exterminer l’autre. J’en ai plus qu’assez d’entendre cette rengaine, lorsque ceux-là mêmes qui n’invitent que des prédicateurs islamistes, au mépris de tous les autres courants de l’islam, s’étonnent de ne pas nous entendre.

Lorsque j’ai signé la pétition de soutien, je ne l’ai pas fait en tant que musulmane «modérée», mais en tant que citoyenne convaincue qu’aucune critique, fût-elle blasphématoire - pour parler comme ceux qui instrumentalisent les religions pour nous intimider -, malhonnête ou ignorante, ne mérite de valoir à son auteur une condamnation. La critique radicale de l’islam - et pas seulement de l’islamisme - est un exercice auquel je me livre périodiquement dans mes chroniques à Médi1, radio franco-marocaine écoutée par des millions de Maghrébins. Vous voyez, je n’ai rien d’une «modérée».

Si au lieu de vous contenter de lancer des stéréotypes du genre «christianisme = religion de l’amour, islam = religion de la haine», vous aviez sérieusement soumis votre objet de détestation à la critique rationnelle dont vous vous piquez en vous comparant à Voltaire, vous auriez peut-être évité de comparer le prophète de l’islam à Hitler. Ce qui, au-delà de toute considération religieuse, est une niaiserie et un non-sens épistémologique surprenant de votre part.

Mais vous avez décidé que l’islamisme est définitivement l’islam, comme le prouve votre article qui porte en son titre le premier terme alors que l’ensemble du texte ne parle que du second. Vous me pardonnerez d’ajouter que les islamistes sont décidément bien bêtes de condamner quelqu’un qui apporte de l’eau à leur moulin. Bien entendu, vous avez raison de dénoncer le chantage à l’islamophobie, la ségrégation des sexes et le soutien apporté par des courants gauchistes aux islamistes, qu’ils considèrent comme les nouveaux damnés de la terre.

Le problème est que vous rabattez tous ces faits sur une vision essentialiste et culturaliste de l’islam, que vous désignez comme l’ennemi de la civilisation. Vous pouvez bien vous défendre d’attaquer les musulmans, vous ne faites pas autre chose lorsque vous les comparez aux adeptes de Hitler qui suivent leur chef (Mahomet). Lorsque vous parlez de l’islam qui «tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme», vous me paraissez hélas plus proche de Geert Wilders et d’Oriana Fallaci que de Voltaire, et certainement pas de l’islamologue Maxime Rodinson que vous citez dans votre article pour étayer votre maigre savoir sur l’islam.

Vous vous essayez au comparatisme dans une vision binaire séparant le christianisme, sécularisé, qui fait toujours passer l’autre avant lui, de l’islam, qui «tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des mœurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence». Le seul constat qui s’impose face à un tel concentré d’inexactitudes qui mêle théologie, préjugés et événements contemporains, de cette lecture grossière du choc des civilisations, est que l’historicité est le moindre de vos soucis. C’est oublier (ou ignorer ?) que la sécularisation s’est d’abord construite contre la religion, qu’elle a soumise à n’être rien d’autre qu’une confession. Vous dites que «le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.»

Le problème est qu’au lieu d’ouvrir un débat serein sur la question de la violence dans l’islam, vous ne faites qu’opposer les deux religions, et ça, c’est violent. Il est dommage que les quelques vérités que vous rappelez là soient submergées par une vision caricaturale des choses. Un exemple : la figure d’amour et de non-violence de Jésus, non pas celle des Evangiles, mais celle du Coran où il est présenté comme le seul prophète exempt de péché (à part Marie), né du souffle de Dieu. Force est d’admettre qu’à l’exception des courants soufis, la tradition musulmane a escamoté la dimension d’amour de Jésus pour ne retenir de lui que l’image d’un prophète important certes, mais un prophète parmi d’autres, ce qui est loin de correspondre à la place et au statut exceptionnels que le Coran confère au «Fils de Marie».

La question n’est pas d’opposer à votre schéma comparatiste l’argument naïf et contre-productif de ceux des musulmans qui s’indignent en répondant que non, l’islam est une religion de paix et de fraternité et qu’il est détourné de son sens profond par les méchants islamistes, mais de s’interroger sur les causes profondes de la violence, y compris en l’articulant, comme l’a fait Benoît XVI, à la foi. Vous écrivez : «Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran». Là, vous dites des sottises, M. Redeker. Ce qui habite les islamistes, ce n’est pas le Coran, qui ne leur sert que de source pour légitimer leurs actes, mais la prédication sauvage qui s’est développée à partir du début du XXe siècle. Je sais de quoi je parle, je descends d’une lignée de théologiens.

Vous avez pris soin, pour expliquer les causes profondes de la violence actuelle, de ne citer que les épisodes les plus troublants de la conscience musulmane, à commencer par le massacre de la tribu juive de Médine, les Qurayza. Nous ne savons que peu de chose de cet épisode inouï, et les raisons d’un tel massacre nous échappent. D’autres que moi vous l’ont certainement dit, si le texte coranique contient des versets de violence, il en contient d’autres qui contredisent cette orientation, comme c’est le cas pour la Bible. La vraie question aujourd’hui est là : que faire pour empêcher que l’on se serve des sources qui légitiment la violence ? Quels sont les instruments théologiques et politiques qui permettront d’élaborer une charte de paix et de compromis avec l’autre ?

Ce qui empêche tout aggiornamento, ce n’est pas «la haine qui fonde l’islam dans ses origines», ce sont les despotes qui instrumentalisent la religion comme source de légitimation et comme moyen de censure et de répression de toute velléité d’expression libre et de démocratisation ; ce sont des clergés qui puisent dans les lois les plus régressives - y compris en en détournant le sens - pour perpétuer leur pouvoir ; ce sont, enfin, les islamistes qui entendent faire de la loi religieuse l’unique source de leur projet totalitaire.

Ce qui manque, c’est le courage politique de décréter qu’il est interdit à quiconque de recourir aux textes religieux pour justifier la violence, de couper l’herbe sous le pied des terroristes et de tous les islamistes qui les soutiennent en les privant de toute légitimité religieuse. Il est urgent de constituer un comité de sages composé de dirigeants politiques et d’hommes et de femmes de bonne volonté pour établir ce consensus. C’est seulement dans ces conditions, en isolant les sources qui posent problème, en les protégeant même, qu’il sera possible d’entreprendre la réforme tant attendue.

Leïla Babès
Libération, "rebonds", 29 mai 2008

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- Leïla Babès professeure de sociologie des religions à l’université catholique de Lille

- le blog de Leïla Babès

- dernier ouvrage paru :  Le voile démystifié, Bayard, 2004.

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18 décembre 2006

Mohammed Arkoun - références

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Mohammed Arkoun



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Mohammed Arkoun, 45 ans de travail sur l'histoire de la pensée islamique



ressources en ligne

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bio-bibliographies

- bio-bibliographie (1)

- site philo.8m : 3 textes de Mohammed Arkoun en ligne




textes de Mohammed Arkoun (note de l'été 2010 : les liens ont souvent disparu)

- La nécessaire mémoire du passé, interview, Réforme (26 octobre 2006)

- conférence de Mohammed Arkoun à Roubaix (16 mai 2006)

- (Ré)inventer l'espace méditerranéen, entretien, Le Courrier de la Planète (juillet-septembre 2004)

- Le conflit des ignorances, entretien dans l'Humanité (22 janvier 2004)

- Comment concilier islam et modernité ? Le Monde Diplomatique, avril 2003

- "Il est vital que l'islam accède à la modernité", L'Express, entretien (27 mars 2003)

- L'impensé dans l'islam contemporain, entretien dans l'Humanité (13 novembre 2001)

- interview au journal Le Monde (6 octobre 2001)

- Repenser l'espace méditerranéen (mars 1996)



points de vue sur Mohammed Arkoun

- Les apports de Mohammed Arkoun à l'étude des faits religieux, par Mohamed-Chérif FERJANI (déposé en mai 2006, format Pdf)

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- La pensée arabe, coll. "Que sais-je ?", Puf, 2003.

- préface à la traduction du Coran par Kazimirski (1840), éd. GF-Flammarion, 1993.




- L'islam, religion et société, Cerf, 1982.


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- Der Islam. Annäherung an eine Religion, éd. Palmyra Verlag, 1999.



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17 septembre 2010

"Pour l’Islam de France" de l'imam Hassen Chalghoumi

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Islam de France :

ces voix modérées qu'on veut étouffer


Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy, dérange ses coreligionnaires. Surtout depuis qu'il a publié un livre, Pour l'Islam de France, dans lequel il prône un islam modéré, qui se vit en harmonie avec la République et non contre elle. Un discours qui lui vaut d'être persécuté par les islamistes et leurs alliés objectifs.

(mrehan-flickr-cc)

 

Mohammed Moussaoui, le président du Conseil Français du culte musulman, est gêné. Au téléphone, on sent bien que l’affaire sur laquelle Marianne2  lui demande son avis l’embarrasse. L’affaire, c’est à dire  un livre et l’homme qui a écrit ce livre : Hassen Chalghoumi, imam de la mosquée de Drancy qui  publie Pour l’Islam de France ( éditions Le Cherche-Midi ).

Un pavé de 400 pages  venu fracasser les pesantes et bien-pensantes certitudes sur la seconde religion de France, ses  manipulateurs et ses boutefeux qui  étouffent  la voix de la majorité silencieuse. Car on ne veut pas les entendre, ces Français de religion musulmane  dégoûtés par l’intégrisme, affolés par la montée des slogans obscurantistes mais réduits au mutisme par les complicités politico-médiatiques.

En théorie, c’est le Conseil français du culte musulman - CFCM - qui les représente et Mohammed Moussaoui serait leur porte-voix. En réalité, l’institution  mise en place par Nicolas Sarkozy reprend le schéma et les erreurs des précédentes tentatives faites de longue date par tous les  gouvernements. Socialistes compris ! Car ce ne sont pas des esprits indépendants et novateurs qui représentent les musulmans de France  en ces temps difficiles mais des organisations inspirées par les Frères Musulmans  comme l’UOIF, l’Union des organisations islamiques de France, poids lourd au sein du CFCM.  Comme la  représentativité au sein de ce Conseil est calculée selon les mètres carrés de mosquée- chaque lieu de culte dépendant par ailleurs étroitement pour son développement d’un mécénat étranger, saoudien ou maghrébin-  on saisit les aberrations du système !

Hassen Chalghoumi, lui, ne fait pas les cent pas pour mesurer carrelages et tapis. Il a une autre ambition. Il veut réconcilier la France et l’Islam en disant haut et clair ce que nos concitoyens, de toutes confessions, athées compris bien sûr, ont besoin de savoir : les musulmans se battent contre l’asphyxie islamiste, ils veulent, non pas le fanatisme  importé des brasiers orientaux mais la clarté des lumières françaises. Et il faut les soutenir dans cette bataille.
Entendons-nous bien : c’est un religieux qui parle et non un libre penseur. Que cet homme de foi professe qu’il faut la métisser avec la loi, pour le plus grand bien de ses coreligionnaires et de leur pays, la France, est précisément ce qui fait peur à ses adversaires.  «L’espace musulman, dit Hassen Chalghoumi,  est pris en otage par l’islamisme et par le nihilisme. Il faut savoir le réparer et le structurer avec l’islam de l’humanisme...Je ferraille contre les pétrifications idéologiques  et les pesanteurs dogmatiques...Je ne suis pas l’imam du sérail mais un imam de la République...»

L’imam, en Islam, est celui qui conduit la prière à la mosquée. Dans son livre –superbement écrit avec la complicité du journaliste Farid Hannache-  l’imam de Drancy conduit une réflexion pour la cité. Elle nous concerne tous car c’est une réflexion interdite. Sinon, pourquoi  Mohammed Moussaoui  nous dirait-il qu’il n’ a «rien à dire» sur le sujet, tout en glissant par ailleurs que «la démarche de Mr.Chalghoumi  est contre-productive» ?

L'imam de Drancy n'est pas le seul à payer cher sa modération

Logique :  Chalghoumi est depuis longtemps dans le collimateur des islamistes comme des organisations qui les protègent ou  les redoutent. Sa maison a été saccagée en 2005 parce qu’il s’était rendu au mémorial de la déportation à Drancy :  «J’avais appelé les musulmans à respecter l’histoire de la Shoah». Pendant la guerre de Gaza, en janvier 2009, les menaces se sont intensifiées. Cet homme refuse l’importation des conflits moyen-orientaux sur le territoire français et dénonce les amalgames entre une synagogue de Seine-Saint-Denis et un char de Tsahal.

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Il dérange donc  terriblement.  Il réclame justice pour la Palestine, une cause chère à son cœur, mais il «combat les télescopages entre la situation de là-bas et celle d’ici». «Je refuse que la colère m’abrutisse, scande-t-il, je refuse toutes les comparaisons et les raccourcis entre Gaza et la banlieue, je suis partisan de la lutte contre la guerre et la colonisation mais je refuse que l’on compatisse à la souffrance de là-bas par la violence ici». Au printemps  2009, il décide d’écrire. Pour transmettre, pour espérer, pour partager avec les musulmans et les autres. Pour l’avenir français de ses enfants et de leurs camarades.

Déferlement de haine. Dès qu’on sait le livre-manifeste  achevé et communiqué à d’autres imams susceptibles de co-signer ses engagements et de soutenir Hassen Chalghoumi,  groupuscule intégriste (le collectif «Cheikh Yassine»)  et propagande institutionnelle se liguent contre lui (lire notre enquête dans l’édition de Marianne qui sort ce samedi). Fleuve de boue, torrents de rumeurs se déversent pour noyer la parole de ce musulman rebelle dans les abysses de la médisance.

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Vieille histoire : cela fait presque vingt ans que les voix dissidentes, réellement représentatives des musulmans laïques  de notre pays, sont  ostracisées et persécutées par les islamistes mais aussi - et voilà le pire !- dédaignées et marginalisées avec une condescendance aveugle par les gourous médiatiques et les leaders politiques. Il en fut ainsi de l’ex-mufti de Marseille Soheib Bencheikh, auteur d’un beau livre (Marianne et le Prophète, Grasset) qui dirige aujourd’hui l’institut supérieur des sciences islamiques. Ennemi déclaré de l’islamisme, fervent militant de la laïcité, ce défricheur inlassable de la pensée musulmane au nom de « l’ijtihad » (l’effort de réflexion et d’interprétation novatrice des textes) a subi lui aussi bien des menaces et des mises à l’écart. Il reste le témoin, résumait-il,  de «l’invisibilité de la majorité silencieuse musulmane décrétée par les médias et les politiques»...

Comme Hassen Chalghoumi. Peut-être aussi, dans le champ universitaire cette fois,  comme un grand philosophe, Mohamed Arkoun,  qui vient de s’éteindre le 15 septembre à l’âge de 82 ans. Auteur prolifique et penseur impressionnant (lire en priorité  Pour une critique de la pensée islamique chez Maisonneuve et Larose),  célèbre parmi ses pairs pour son originalité et son indépendance, il n’a pourtant  jamais eu l’audience médiatique  que méritait son œuvre.
Et dire qu’on nous répète sur tous les tons que seuls les islamistes parlent, que tous les autres se taisent !
C’est qu’on les fait taire.

vendredi 17 Septembre 2010
Martine Gozlan - Marianne
source : http://www.marianne2.fr

original

22 décembre 2006

Défendre la laïcité, ce n'est pas retomber dans le colonialisme (Michel Renard)

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L'Express du 18/09/2003

Michel Renard

«Défendre la laïcité, ce n'est pas retomber dans le colonialisme ni la

discrimination!» propos recueillis par Besma Lahouri, Eric Conan

Michel Renard est directeur de l'ex-revue Islam de France, auteur de Théologie de l'islam laïque (à paraître chez Albin Michel)


e souhait de l'Etat de disposer d'interlocuteurs dans le domaine religieux est légitime. Mais il n'avait pas à déclarer «représentatif» l'organisme ainsi désigné. Dans ce processus, on a malmené la laïcité et les traditions de l'islam, qui ignorent l'équivalent catholique du clergé. On aboutit à ce monument de tératologie institutionnelle: l'Etat laïque, qui n'a pas à s'immiscer dans les affaires internes d'un culte, a créé un pseudo-clergé musulman que l'Histoire n'a jamais connu. Double hérésie! L'Etat serait resté dans son rôle et ses prérogatives en désignant un conseil «consultatif» (il n'en manque pas en France...). Par ailleurs, la prééminence des Frères musulmans de l'UOIF, mais aussi du Tabligh, dans ce conseil, préoccupe tous ceux qui craignent la surenchère normative des groupes liés au fondamentalisme. Les partis politiques semblent escompter qu'une notabilisation de ces courants va les assagir. Au risque d'offrir une onction officielle à des desseins de radicalisation «identitaire», qui coupent un peu plus les jeunes des valeurs de l'humanisme musulman et de la fraternité républicaine.

Depuis les années 1930, des générations de musulmans ont vécu tranquillement leur islamité dans le cadre laïque de la société française. Mais il faut savoir que la majorité des cadres activistes sont aujourd'hui issus des oppositions aux régimes arabes, formés jusqu'à l'âge adulte dans la mouvance fondamentaliste puis émigrant vers notre pays à partir des années 1980. Ils sont donc porteurs d'une hostilité héritée envers l'Occident et d'une incompréhension totale de la laïcité. Cessons d'être inhibés face à eux : défendre la laïcité, ce n'est pas retomber dans le colonialisme ni la discrimination!

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Défendre la laïcité,

ce n'est pas retomber dans le colonialisme

le texte complet des réponses


* pour réaliser leur dossier, les journalistes de l'Express avaient posé de nombreuses questions à plusieurs personnes, et n'ont retenu finalement qu'un commentaire synthétique - voici la réponse à toutes les questions :


Que pensez-vous de la manière dont a été organisée la représentation officielle des  musulmans de France ? De la victoire de l’UOIF ? La méthode Sarkozy ? L’attitude de la gauche ? Vous sentez-vous représenté par pic04acette consultation ?
- Le Conseil français du culte musulman représente des groupes militants liés aux courants islamistes internationaux ou aux États marocains, saoudiens et pakistanais. Il a été désigné par 4 032 "grands électeurs" auto-choisis dans les milieux associatifs. Sans aucune élection, à l'inverse de ce que croient certains. On a forcé la main à la Mosquée de Paris. La prééminence des Frères Musulmans de l'UOIF, mais aussi du Tabligh, préoccupe tous ceux qui craignent la recrudescence d'une surenchère normative par les groupes liés au fondamentalisme. Les partis politiques semblent escompter qu'une notabilisation de ces courants va les assagir. Au risque d'offrir une onction officielle à des desseins de radicalisation "identitaire" qui coupent un peu plus les jeunes des valeurs de l'humanisme musulman et de la fraternité républicaine. D'ailleurs, le Conseil n'a pas fait avancer d'un pouce le débat théologique sur l'allégeance respective aux "lois de la République" ou aux "lois de l'islam".


L’Etat français devait-il s’en mêler ? Dans quelles limites ?
- Le souhait de l'État de disposer d'interlocuteurs dans le domaine religieux est légitime. Mais il n'avait pas à déclarer représentatif l'organisme ainsi désigné. Dans ce processus, on a malmené la laïcité et les traditions de l'islam qui ignorent l'équivalent catholique du clergé. On aboutit à ce monument de tératologie institutionnelle : l'État laïque, qui n'a pas à s'immiscer dans les affaires internes d'un culte, a créé unreunion pseudo-clergé musulman, que l'histoire n'a jamais connu. Double hérésie ! L'État serait resté dans son rôle et ses prérogatives en désignant un conseil consultatif (il n'en manque pas en France…) composé avant tout de compétences intellectuelles et religieuses qu'il aurait sollicitées selon les besoins. Élire ou ne pas élire des représentants, cela relève des controverses internes à la conscience musulmane et l'État n'a rien à gagner à s'en mêler. On aura de mauvaises surprises…


Faut-il considérer, tout Français issu de l’immigration maghrébine comme étant automatiquement un musulman ?
- Inférer une appartenance confessionnelle de l'origine ethnique ou de la nationalité supposée est une violence symbolique inadmissible. Sous la même critique doit tomber l'injonction identitaire adressée aux jeunes par Tariq Ramadan. Il faut répliquer que l'origine n'implique pas la religion. Et aux Frères Musulmans, il faut dire que l'islam n'est pas une identité ni une politique mais une religion. Dans notre pays, le choix ou non d'une confession relève de la libre option de l'individu. Cette conception peut trouver une justification dans le Coran qui multiplie les énoncés sur la responsabilité individuelle : «Nul ne portera le fardeau d'autrui. Et si une âme surchargée de péchés appelle à l'aide, rien de sa charge ne sera porté par une autre» (XXXV, 18). La chance de l'islam dans l'Occident sécularisé, c'est justement d'avoir à se recentrer sur l'expérience spirituelle de la verticalité du rapport à Dieu en renonçant aux tentations holistes du communautarisme politique.


Certaines organisations islamiques demandent à la laïcité française de «s’adapter» à l’islam : qu’en pensez-vous ?
- Depuis les années 1930, des générations de musulmans ont vécu tranquillement leur islamité dans le cadre laïque de la société française. En réalité, rien ne s'oppose à la pratique plénière de l'islam entendu d_c_1991_iscomme religion. Mais il faut savoir que la majorité des cadres activistes sont issus des oppositions aux régimes arabes, formés jusqu'à l'âge adulte dans la mouvance fondamentaliste puis émigrant vers notre pays à partir des années 1980 [le FIS à Alger en décembre 1991]. Ils sont donc porteurs d'une hostilité héritée envers l'Occident et d'une incompréhension totale de la laïcité. Les revendications de modification de la laïcité sont des postures par lesquelles les groupes militants se concurrencent en cherchant à apparaître comme les plus légitimes. La laïcité accueille l'islam à égalité de droits avec les autres confessions. Elle ne peut s'adapter à l'islamisme sans se nier elle-même.


Quelle attitude la société française doit-elle adopter face aux revendications relatives aux femmes (voile à l’école et au travail, non-mixité en sport et à la piscine, etc.) exprimées par certaines organisations islamiques ?
- La grande majorité des musulmanes ne manifestent pas leur islamité de cette manière ostentatoire etmarbust victimisante. Le port du voile peut être vécu par de jeunes filles comme l'expression exacerbée de leur foi, en toute sincérité. Il faut respecter leur sentiment et négocier si nécessaire. Mais cessons d'être inhibés face à l'islamisme. Défendre la laïcité, ce n'est pas retomber dans le colonialisme ni la discrimination ! Il n'y pas à céder à ce "grignotage" mené par les stratèges communautaristes. Accepter des horaires d'apartheid dans les piscines en supputant quelques gains électoraux est lamentable. Quant à l'école, si elle est un lieu où l'on apprend ce qu'est la démocratie, elle ne relève pas elle-même de la démocratie. C'est une institution où s'exerce le magistère du savoir à l'égard d'élèves indépendamment de leurs religions. Condition pour un enseignement respectueux et critique des traditions religieuses.


Quels conseils ou mises en garde avez-vous envie de formuler aux décideurs politiques à propos de la place de l’islam dans la société française ?
- Notre pays et ses élites ignorent souvent ce qu'est l'islam comme civilisation et comme religion. Ben Laden et la violence islamiste mondialisée fascinent et paralysent l'esprit. Or c'est une expression déviante face à l'histoire plurielle de l'islam et à sa capacité de produire une culture universaliste. C'est sur le terrain de la culture que doit porter l'effort car la demande d'islam en France est d'abord une quête de savoir et de sens. Et secondairement une demande de mosquées ou de viande halal… Où sont les lieux dispensateurs d'un savoir sur la théologie et l'histoire musulmane, sur le droit et la philosophie islamique ? Où sont les universités prodiguant un accès au rationalisme mutazilite, à la pensée d'Averroès, de Râzî ou de Ibn Khaldûn ? Où un jeune musulman peut-il apprendre que le Coran est autre chose qu'un code de lois disant qu'il faut porter le voile ou faire la guerre aux infidèles comme le lui assènent les fondamentalistes ?

Pourquoi les musulmans favorables à une coexistence de leur religion avec la laïcité française ont-ils tant de mal à s’exprimer et à s’organiser ?
- Jusqu'à présent, les musulmans favorables à la laïcité ont eu tendance à se fondre dans la société. Réservant la manifestation de leur foi au milieu familial et à l'exemplarité individuelle. De plus, le discours sur le religieux islamique a été monopolisé par les militants fondamentalistes qui pratiquent l'intimidation dogmatique. La carence de lieux de savoir sur l'islam a fréquemment découragé les velléités. Enfin, les initiatives qui se sont multipliées ont souvent été phagocytées par des calculs d'intérêts, des égoïsmes de carrières et l'inexpérience des procédures délibératives. Mais, en s'inspirant de Mohammed Arkoun, de Ali Merad, de Leïla Babès et de nombreux autres, de petits noyaux, jaloux de leur indépendance, se constituent qui privilégient la recherche d'une intelligibilité renouvelée de l'islam. La laïcité leur garantit cette liberté.

Michel Renard
MR___Port_Cros___copie








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14 novembre 2006

Quelle liberté de conscience ? (Leïla Babès et Michel Renard)

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Kairouan (source)



Quelle liberté de conscience ?

Leïla BABÈS et Michel RENARD


Dans le cadre de la consultation qu'il a impulsée en direction des musulmans l'automne dernier, le ministre de l'Intérieur a proposé à la signature une "déclaration d'intention" relative au cadre légal de la laïcité . Il s'agit de faire entrer l'islam de France dans le droit commun et, selon les propos officiels, cela : "ne peut faire l'objet d'une négociation". Les musulmans - dont une bonne partie sont citoyens - étaient donc sommés de ratifier un document pour adhérer à un cadre de loi dans lequel, par définition, ils sont pourtant déjà inscrits. La signature du texte fournissait une garantie irrévocable de leur attachement à la République, à la séparation de l'Église et de l'État, aux articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen relatifs à la liberté de pensée et de conscience. Présentée ainsi, cette redondance légaliste a souvent été jugée discriminatoire, et des musulmans (en particulier les associations de jeunes et de nombreuses personnalités indépendantes) n'ont pas manqué de manifester leur indignation. Le texte a donc été discuté de novembre à janvier. Qu'en est-il sorti ?

Outre un paragraphe additionnel sur les fêtes religieuses, et mis à part la modification du terme "déclaration d'intention" qui a été remplacé par "principes et fondements juridiques régissant les rapports entre les pouvoirs publics et le culte musulman en France", le document adopté stipule que les groupements et associations de musulmans reconnaissent "sans restriction" les dispositions énoncées, et notamment celles relatives à la liberté de pensée, de conscience ou de religion, confirmées par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 décembre 1950 (ratifiée par la France le 31 décembre 1973).

Or, il y a bien une restriction, puisque le texte initial ajoutait que cette Convention "consacre notamment le droit de toute personne à changer de religion ou de conviction". Assimilée à un acte d'apostasie, cette précision sur le droit de changer de religion ou de conviction a été retirée. La nuance peut paraître insignifiante et mineure. Elle ne l'est pas.

En effet, soit le principe de ratification d'un tel document est jugé inadmissible, et l'initiative est rejetée de manière totale; soit la démarche est agréée, et les musulmans approuvent le document sans restriction et sans amendement. L'application de la loi ne se marchande pas.

Or, le retrait de cette phrase est lourd de conséquences. Il laisse entendre que les musulmans déclarent adhérer au principe de la liberté de pensée et de conscience, alors qu'il n'en est rien puisque ce principe est amputé; ou encore qu'ils y acquiescent pour les non musulmans, mais pas pour eux-mêmes. Faut-il rappeler que ce principe s'adresse à tous les citoyens ? Qu'en l'adoptant les musulmans ne sont pas tenus de considérer les apostats et les libres-penseurs comme des musulmans, mais de reconnaître que, dans le principe, ils ont ce droit ?

Cette ambiguïté place les concepteurs et les signataires de ce document en situation de porte-à-faux à l'égard des droits de l'homme au nom d'un implicite droit musulman plus que contestable :

  • - les pouvoirs publics, en acceptant d'altérer un texte présenté comme "non négociable", introduisent un état d'exception qui pourrait s'avérer préjudiciable pour l'intégration de l'islam dans le cadre du droit. Rappelons, par ailleurs, que le ministère a même arabisé la consultation en la nommant al-‘istichâra, justifiant ce choix par le fait que le terme revêt une portée et une signification particulière en islam puisqu'il réfère au concept coranique de shûra (consultation). Cette "islamisation" n'avait, à nos yeux, aucune raison d'être. Elle sous-tend, sans mobile juridique sérieux, que le principe de consultation avait besoin d'une légitimation spécifiquement islamique pour être accepté. Le consentement à la restriction sur "l'apostasie" confirme bien l'idée que l'État admet des ajustements au nom d'une sensibilité propre à ses interlocuteurs.

  • - les musulmans, en introduisant explicitement des réticences à ce principe, rejettent ainsi clairement une composante fondamentale de la liberté de conscience, rappelant que des questions aussi cruciales que celles de l'apostasie sont loin d'être résolues par ceux qui affirment pourtant depuis des années la compatibilité de leurs convictions religieuses avec les lois de la République. Est-il nécessaire de préciser que cette sensibilité est loin de représenter l'ensemble des musulmans de notre pays ?

Il ne s'agit pas de faire entrer, dans ce rappel de la loi, des débats sur le statut de l'apostasie qui n'intéressent que les musulmans, mais au contraire de séparer les deux registres. Force est de constater qu'en opérant cette rectification à la baisse, ces musulmans et, à leur suite, la puissance publique - garante du respect plénier des libertés fondamentales, légitiment l'éventualité d'une interprétation "islamique" du cadre de droit commun.

Le ministère disait pourtant : "Chaque organisation sera ainsi placée devant ses responsabilités. En effet, le refus de celles-ci - qu'il soit individuel ou collectif - de ratifier ce document signifierait clairement l'impossibilité au stade actuel de voir naître un islam intégré selon les principes de la laïcité. Les pouvoirs publics auraient à le faire savoir publiquement et à dégager leur responsabilité". Admettons que les musulmans, peu préparés à réfléchir aux bases juridiques d'un tel projet d'organisation, aient eu besoin de temps pour mener une large consultation, ne convenait-il pas d'attendre que la discussion soit étendue à d'autres voix et d'autres sensibilités ?

Comme citoyens et comme musulmans, nous affirmons que le principe de la liberté de pensée et de conscience est trop précieux pour être sacrifié sur l'autel de "l'organisation du culte". L'adhésion à la loi ne peut être conditionnée à son interprétation sélective : "si vous ne faites tout pour la liberté, vous n'avez rien fait" (Robespierre).

Cet incident augure mal du devenir de l'islam dans ce pays. Quel serait le sort réservé à tous ceux, apostats (nous disons bien apostats) ou musulmans, qui exercent leur droit à la libre pensée, ou dont les convictions propres sur l'observance religieuse, les normes juridiques ou toute autre question, peuvent être jugées condamnables ? Combien de penseurs musulmans ont été accusés d'apostasie pour avoir seulement défendu les droits de l'homme ou une analyse différente ! Qu'on se remémore le destin de Mahmoud Mohammed Taha (pendu au Soudan en 1985), de l'égyptien Farag Foda (assassiné en 1992), de Nasr Abou Zeid (contraint à l'exil après le verdict de son divorce forcé par un tribunal égyptien convaincu de son apostasie)...

Si d'ores et déjà les représentants des organisations musulmanes considèrent le droit de changer de religion ou de conviction comme un acte d'apostasie, donc passible de la peine de mort, qu'arriverait-il concrètement si des musulmans de notre pays déclaraient leur sortie de la religion, ou simplement exprimaient une opinion différente ? Convaincus que l'islam de France peut s'intégrer dans la République, nous souhaitons que toute ambiguïté soit levée et que le principe du droit à changer de religion ou de conviction soit réaffirmé par une claire adhésion à la suprématie du droit commun sur tout droit communautaire.


MR___Port_Cros___copie

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Leïla Babès est professeur de sociologie des religions à l'université catholique de Lille,
auteur de L'islam positif (éd. de l'Atelier) et de L'islam intérieur. Passions et désenchantement (Al Bouraq)

Michel Renard est directeur de la revue Islam de France.
Article paru dans Libération le 26 juin 2000.



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14 décembre 2006

L'islam doit rompre avec sa fascination du politique

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un islam trop souvent dominé par le politique



L'islam doit rompre

avec sa fascination du politique

Michel RENARD (novembre 2001) *


Après le 11 septembre, la question du rapport au politique se pose en termes redoutables pour un croyantimages_1 musulman. La filiation idéologique du terrorisme de type Ben Laden avec le "fondamentalisme" et l'islam politique, est établie même si ces deux références ne conduisent pas automatiquement à l'extermination programmée des innocents. Que faut-il donc réformer de la théologie musulmane pour creuser un clivage étanche face à ces dérives ?


À la base, les Frères Musulmans
Les idées selon lesquelles la totalité des sociétés vivent en état d'ignorance impie (jâhiliyya), qu'elles sont gouvernées par des tyrans (tâghût) et qu'il faut les renverser par le jihâd pour leur substituer un Étathassan_al_bann__1 islamique, forment la matrice de cet islam politique. Les égyptiens Hassan al-Bannâ [photo], fondateur des Frères Musulmans en 1927, et Sayyid Qutb, relayé par le pakistanais Mawdûdî, ont formulé une conception idéologisée d'un islam identitaire et englobant. Selon ces auteurs, son triomphe passe par la voie politique dans laquelle l'homme est l'instrument de la "souveraineté de Dieu", et débouche sur l'imposition de la Loi divine (sharî‘a) instaurant une société purifiée.

L'islam politique de Hassan al-Bannâ
Hassan al-Bannâ n'est pas un auteur oublié. En France, aujourd'hui, de grandes organisations musulmanes albannase réclament de lui, et un orateur comme Tariq Ramadan en est le thuriféraire habile auprès d'un public de jeunes musulmans. Or, il faut rappeler ses positions pour mesurer leur écart avec un islam qui, sans hypocrisie, accepterait la laïcité : "L'islam est à la fois religion et pouvoir, adoration et commandement. Coran et épée unis de manière indéfectible. (...) Dire que la religion est une chose et la politique en est une autre, est une prétention que nous combattons par tous les moyens. (...) L'islam auquel croient les Frères musulmans fait du pouvoir politique l'un de ses piliers... Dans nos livres de droit musulman, le pouvoir politique est un article de foi et un tronc et non une élaboration juridique et une branche. (...) Pensez-vous que le musulman qui accepte la situation présente, qui se consacre à l'adoration, et laisse le monde et la politique aux impuissants, aux criminels, aux étrangers et aux impérialistes peut être considéré comme musulman ? Non, il ne le peut pas. Il n'est pas musulman. Car l'islam authentique est à la fois djihad et action, religion et État." (1)


Réaffirmer l'islam religion
La trajectoire historique de l'islam politique a pris fin dans les tours du World Trade Center. La conscience musulmane doit se ressourcer dans une théologie issue de ses meilleures traditions pour réaffirmer un islam religion. Quelques pistes de réforme :

1) Recentrer la religion sur la verticalité du rapport à Dieu. L'islam est d'abord une religion de salut pour laquelle "nulle âme ne portera le fardeau d'une autre" (Coran). C'est seul que le croyant se présentera devant le Seigneur. Dans le triptyque Foi (dogme et croyances), Loi (norme) et Voie (spiritualité), il importe de reconsidérer désormais la foi et le cheminement spirituel délaissés au profit d'une obsession de la norme.

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recentrer la religion sur la verticalité du rapport à Dieu
mihrab de la mosquée du Cheikh Lotfollah à Ispahan (Iran)

2) Réhabiliter les thèses de la théologie musulmane qui permettent l'évolution. Par exemple, la thèse du Coran créé, soutenu par le courant mutazilite contre celle du Coran incréé (qui n'est pas une obligation de foi), réinscrit le Texte dans l'histoire et autorise une lecture selon ses finalités contre tout fixisme juridique. Autre exemple la thèse de la licéité originelle, formulée entre autres par le grand soufi Ibn Arabî explique que l'homme n'a pas à combler les silences de Dieu car "ce que la Loi tait n'est pas plus fortuit que ce qu'elle énonce" En conséquence domine le principe de licéité. Or, sur le politique, le Coran est muet : "l'État islamique" n'est qu'une idée humaine n'ayant aucune valeur religieuse intemporelle.

3) Rappeler la thèse musulmane d'une distinction du spirituel et du temporel exposée doctrinalement par le cheikh Ali Abderraziq en 1925. La réfutation circonstancielle de cet auteur par l'autorité religieuse d'al-Azhar n'invalide pas une argumentation solidement basée sur le Coran. Sa postérité, dans le domaine politique, pourrait être comparable à celle d'Averroès dans le domaine philosophique.
Son idée principale est que l'islam est un message de Dieu et non un système de gouvernement : "Ils ont fait de toi un roi, ô Prophète de Dieu, car ils ne reconnaissent aucune dignité plus élevée !". On pourrait lui trouver des précédents dans la pensée musulmane. Selon Hassan al-Basrî (mort en 728), qui appartenait à la catégorie des Suivants des Compagnons du Prophète, tout croyant se devait d'exprimer le jugement de sa propre conscience sur celui de ses chefs dont il réprouvait la conduite : la distinction du spirituel et du politique était ainsi stipulée.

4) Relativiser la validité théorique du califat (ou imâmat). Des auteurs incontestés ont souvent déclaré qu'il n'était pas une question de foi. Le théologien et juriste Al-Juwaynî que sa renommée a fait surnommer l'imam des Deux sanctuaires (la Mecque et Médine) écrivait au XIe siècle : "La question de l'imâmat n'est pas une des bases de la croyance". Et le grand Ghazâlî (mort en 1111) : "La question de l'imâmat ne peut pas être rangée parmi les questions importantes ou les questions rationnelles. Elle relève plutôt du fiqh et est la source de nombreux conflits". En réalité, dans le monde musulman aussi, le politique a émergé pour répondre à des nécessités très profanes, et les ulémas n'ont fait que théoriser et légitimer des pouvoirs de fait.

5) Abandonner la conception "identitaire" de l'islam, telle que la développent le mouvement fondamentaliste Tabligh ou un auteur comme Tariq Ramadan sur la base d'une imitation littéraliste du Prophète. Pour eux, l'islam est un mode de vie et la marginalité vestimentaire qu'ils prônent (voile pour les unes, barbe pour les autres...) est en réalité une stratégie de refus de l'intégration culturelle à la société, qui n'a strictement aucun fondement religieux. Elle a pour but d'habituer celui qui s'y soumet à vivre en état de dislocation mentale à l'égard de ce qui ne provient pas directement de sa "communauté" et alimente une occidentalophobie haineuse.
Or, comme le disait Soheib Bencheikh, le Prophète n'a jamais vécu comme un marginal dans son milieu. L'imiter consiste donc, d'abord, à ne pas vivre comme un marginal dans sa propre société. L'islam n'est pas une identité mais une foi, un rite, une spiritualité. Et sa théologie doit le proclamer

Michel RENARD
directeur de la revue Islam de France


1 - Cité par l'intellectuel égyptien Rifaat el-Saïd, in Contre l'intégrisme islamiste, Maisonneuve et Larose, 1994, p. 42. On trouve également ces textes de Hassan al-Bannâ dans le livre d'Olivier Carré et Michel Seurat, Les Frères Musulmans, 1928-1982, L'Harmattan, rééd. 2002.

* article envoyé à l'hebdomadaire La Vie, suite à une commande, et publié, sous une forme quelque peu réduite, en novembre 2001.

012
Le voyage nocturne du Prophète, Nezâmi, Khamseh (Les Cinq Poèmes)
Bâghbâd (Turkménistan) [et Ispahan, Iran], 1619-1624
Papier, 368 f., 29,5 x 20,5 cm
Provient de l'interprète et consul Jean-Baptiste Nicolas ; acquis par la Bibliothèque Nationale en 1877
BNF, Manuscrits orientaux, supplément persan 1029, f. 4 v°  (source)
   



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8 janvier 2007

Antisémitisme de Hassan Iquioussen (2004)

Diapositive1



Antisémitisme de Hassan Iquioussen


Dans sa conférence «La Palestine, histoire d'une injustice», le prédicateur compare le Hamas à Jean Moulin

«Les Juifs ne cesseront de comploter contre l'islam»
C. G.
Le Figaro - 28 octobre 2004

HI_12Sous le titre La Palestine, histoire d'une injustice, une conférence en français du prédicateur Hassan Iquioussen, enregistrée il y a dix-huit mois, est une véritable charge antisémite. Vendue dans des librairies musulmanes et via Internet sous forme de cassette, cette causerie dresse un portrait haineux et nauséabond des Juifs : «ingrats», «avares», des gens qui vivent «entre eux, dans des ghettos car ils ne veulent pas se mélanger aux autres qu'ils considèrent comme des esclaves». S'ensuit une litanie d'accusations, liées à des épisodes du Coran : les Juifs «ont toujours méprisé les êtres humains» et «n'ont aucun scrupule à tuer des prophètes». Le prédicateur raconte notamment comment une juive a tenté d'empoisonner le prophète pour vérifier s'il était vraiment l'envoyé de Dieu. Mahomet survécut et pourtant, «elle ne s'est pas convertie. Voyez l'entêtement». Les Juifs «ne respectent rien», poursuit-il. Ils sont «le top de la trahison et de la félonie». Depuis ce temps, «les Juifs ne cesseront de comploter contre l'islam et les musulmans».

Les caractéristiques des Juifs expliqueraient, selon lui, l'actuelle situation de la Palestine. Félons, les sionistes auraient ainsi poussé «Hitler à faire du mal aux Juifs allemands pour les forcer à partir», affirme le conférencier. Car, «le but des Juifs c'est de faire Eretz Israël, du Nil à l'Euphrate, du sud de la Turquie jusqu'à Médine. Ils ont sorti des pièces de monnaie, des cartes du grand Israël, c'est connu, ça», insiste-t-il devant un public que l'on devine étudiant et qui ne proteste pas. Les Arabes ayant tenté de faire la paix avec Israël sont qualifiés de «traîtres». Le président égyptien Anouar el-Sadate est dénigré comme un «agent américain». Yasser Arafat et ses hommes sont présentés comme des dépravés, le chef de l'OLP discutant en secret depuis des années avec l'État hébreu. Seuls les vrais musulmans, les «martyrs», «moudjahidins» défendent, à l'entendre, les Palestiniens. Ces croyants ont créé le Hamas, qui signifie, selon Iquioussen, «ferveur, entrain, la pêche. Ces sont des gens qui vont jusqu'au bout. La branche armée travaille très bien. Elle fait du bon boulot».

Pour légitimer les attentats commis par cette organisation, le prédicateur la compare à Jean Moulin : «Un héros qui a tué des Allemands pour libérer son pays. C'est ce que font les Palestiniens. Ahmed Yacine, c'est Jean Moulin.» Et de conclure : «Israël est un État qui n'a pas lieu d'être

Interrogé, Yamin Makri, le directeur des éditions Tawhid qui diffuse la cassette, se désole : «Un auditeur nous a alertés. Exceptionnellement, nous n'avions pas vérifié le contenu de la cassette.» Ce responsable proche de Tariq Ramadan et du Collectif des musulmans de France affirme avoir donné des ordres, il y a huit mois, pour que cette cassette soit retirée de la vente. Elle est pourtant en vente.

Joint au téléphone, Hassan Iquioussen semble en revanche assumer : «Je décris des épisodes relatés dans le Coran. Vous ne voulez pas abroger le Coran ?» Il propose cependant d'en débattre en public. «Qu'on me prouve que j'ai tort et je changerai d'avis !»

 

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forums de discussion...

orthographe et syntaxe non corrigées


Forum Le Monde - 31 octobre 2004

Re: Le vrai visage de l'UOIF
[re: Giona ] Combat Répondre à à cette contribution Envoyer cette contribution par mail
31/10/2004 00:34

Le Centre Simon Wiesenthal (CSW) a remis à Dominique de Villepin, ministre de l'Intérieur, un rapport ''Le vrai visage de l'UOIF (Union des organisations islamiques de France) : Antisémitisme, apologie et financement du terrorisme et appel au Djihad''.
Il lui a demandé de ''mener une enquête qui devrait conduire au démantèlement - ainsi qu'au lancement d'une procédure de condamnation - de l'actuel groupe dirigeant de cette organisation et leur remplacement par les voix plus modérées de l'Islam français


Bonne nouvelle
[re: Giona ] Giona Répondre à à cette contribution Envoyer cette contribution par mail
29/10/2004 13:16

L'immam n'est pas français, mais marocain, et donc expulsable.

Dans un premier temps, les autorités françaises ont pensé que le jeune homme, très apprécié des jeunes musulmans, qui est né en France, était français, ce qui le rendait inexpulsable. Il s'avère en fait qu'il est marocain et a refusé la nationalité française. Dès lors, il risque l'expulsion. Mais Hassan Iquioussen aurait tenu les propos controversés il y a deux ans, et les faits seraient donc prescrits. Le ministère de Justice s'est néanmoins saisi de l'affaire à la demande du ministre de l'Intérieur.

La cassette de la conférence incriminée était commercialisée par les éditions Tawhid, proches de l'intellectuel Tariq Ramadan. Hier, elle avait disparu du catalogue de l'éditeur.



29/10/2004, 22h43
Le Sultan
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Re : hassan IQUESSAN s'explique ce soir LILLE devant FR3 et les musulmans

Salem alaikoum,

le probleme c'est que notre frère a reconnus ses "erreurs" et n'a pas du tout nier les accusations du Figaro...

AFP - Lille. Hassan Iquioussen, prêcheur de l'UOIF dont le ministre de l'Intérieur a condamné les propos, a déclaré : "je reconnais avoir tenu des propos déplacés, je reconnais mes torts. Je condamne mes propos déplacés . L'antisémitisme est une horreur".
"Je fais une centaine d'interventions par an. Ça m'arrive de déborder, je n'ai pas de scrupules ni de honte à reconnaître mes erreurs", a-t-il ajouté

Sachez que depuis cette dêpeche, qui est arrivé en début d'après midi, les sionistes ne le lâchent plus

Donc à present plus la peine de dire que ses phrases cités par la journaliste ont été pris de leur contexte puisque lui même avoue sa faute aux medias.
Maintenant que Hassan a reconnus les faits, le ministre de l'interieur va pouvoir entamer une procedure judiciaire qui va aboutir sans probleme:

AFP - Paris. Le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, a condamné jeudi soir "les propos inacceptables" attribués à Hassan Iquioussen, un prédicateur de l'UOIF. Il rappelle sa détermination à ce que tous les moyens légaux permettant de réprimer de tels propos puissent être mis en oeuvre", indique un communiqué, ajoutant que le dossier a été transmis au garde des Sceaux "afin qu'il examine les suites possibles".

Selon Libé, il risque l'expulsion

Dernière modification par Le Sultan le 29/10/2004 à 22

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Islamisme

Iquioussen ou la culture de la haine antijuive

journal L'Humanité

Ce dirigeant de l’Union des organisations islamiques de France diffuse un discours mensonger et haineux, émaillé de grossièretés historiques. Hassan Iquioussen est un personnage inconnu des médias et du "grand public". Il est pourtant fort connu de milliers, de plusieurs dizaines de milliers de jeunes, d’hommes et de femmes. Ses conférences données à travers l’Hexagone rassemblent un public nombreux et attentif. Elles se diffusent en cassettes audio à des milliers d’exemplaires.
À moins de se rendre à l’une de ses multiples causeries, il est très difficile de découvrir son visage. L’homme est né, il y a environ trente-cinq ans, dans le Nord-Pas-de-Calais, d’un père mineur. À l’adolescence, à la recherche de son identité, il découvre l’islam, ou du moins un islam. Il en devient militant. Après un troisième cycle universitaire en histoire, il se consacre à plein temps, avec l’UOIF, à son action auprès des jeunes issus de l’immigration. Il est souvent présenté comme un "prédicateur". Le mot peut prêter à confusion. Hassan Iquioussen ne prêche pas une vérité religieuse à la manière des évangélistes américains. Il témoigne de la foi en "éclairant", à la lumière du Coran et des hadith (les commentaires attribués à Mahomet), les préoccupations suscitées par les problèmes du quotidien : les rapports parents-enfants, la fondation et la vie du couple, la vie en bon voisinage... Dans son discours, nulle érudition. Iquioussen est le double populiste de Ramadan. Le langage est plus direct, se veut "jeune", un "français des banlieues". Le propos révèle une attention soutenue à la sensibilité de l’auditoire, à ses réactions.

Avec quelques lapalissades, pas mal de simplismes, un modernisme de bon aloi qui chemine toujours vers le respect de la tradition. Hassan Iquioussen est devenu la référence de milliers de jeunes musulmans français. Dans son abondante production, qui figure à côté de celle de Tariq Ramadan au catalogue de la maison d’éditions Tawhid et qui est diffusée dans toutes les librairies islamistes, deux cassettes diffèrent de l’ordinaire : la Palestine, histoire d’une injustice et Irak, guerre et médias.

Pour "éclairer" le drame du Moyen-Orient, Iquioussen remonte à la Bible : "Il y a eu beaucoup de prophètes chez les enfants d’Israël car ils oublient souvent. Ce sont des ingrats, un peuple qui a besoin d’être rappelé à l’ordre vingt-quatre heures sur vingt-quatre." Tout y passe : Abraham, Moïse et David qui "étaient des musulmans " (des siècles et des siècles avant la révélation du Coran à Mahomet !), Nabuchodonosor et les Romains avec lesquels le conflit éclate parce que "la théorie des juifs dit qu’ils sont le Peuple élu et que Dieu a créé les êtres humains pour les servir, comme des moutons, des esclaves". Puis vient Mahomet. À Médine, une juive tente de l’empoisonner. Dieu le protège, le sauve. N’est-ce pas la preuve recherchée qu’il est bien le prophète ? Iquioussen : "La femme s’est- elle convertie ? Non. Voyez l’entêtement. Retenez ça parce que vous allez comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Les juifs n’ont cessé, depuis ce temps, de comploter contre l’islam et les musulmans."

Au fil de la causerie viendront ainsi "le premier schisme dû à un juif yéménite converti pour détruire l’islam de l’intérieur", puis, beaucoup plus tard, "en Turquie, la révolution des Jeunes Turcs conduits par Mustapha Kemal, un juif converti hypocritement à l’islam 'toujours' pour détruire l’islam et les musulmans de l’intérieur". Et encore, Nasser, pas un juif mais "le traître des traîtres, l’ennemi de la Palestine et de la cause arabe, un suppôt de l’Occident". Arafat est, lui aussi, voué aux gémonies.

Au fil de l’histoire, les poncifs sur les "juifs avares et usuriers" défilent. Arrive le sommet : "Les textes aujourd’hui le prouvent. Les sionistes ont été de connivence avec Hitler. Il fallait pousser les juifs d’Allemagne, de France... à quitter l’Europe pour la Palestine. Pour les obliger, il fallait leur faire du mal." C’est avec la même rigueur que sont débusqués les fondements de "la complicité" et du "colonialisme" des Américains et des Anglais : "Ce sont des protestants et, dans la religion protestante, il y a la conviction que lorsque tous les juifs seront à nouveau en Palestine alors le messie reviendra."

les vrais musulmans, au premier desquels, Hassan al-Bannâ

Face à l’universel complot, "le seul obstacle se sont les vrais musulmans". Au premier rang desquels Hassan Al Banna, le fondateur des Frères musulmans (eux-mêmes longuement glorifiés) et aïeul de Tariq Ramadam. Tout de suite après apparaît Faysal d’Arabie, partisan du wahhabisme, hérésie intransigeante et rigoriste qui sévit en Arabie saoudite. Dans la foulée, Iquioussen célèbre "le Hamas qui, avec sa branche armée, fait du bon boulot". Tout au long des quarante-cinq minutes de cet exposé, comme au cours de celui, plus court, consacré à l’Irak et où les mêmes "thèses" reviennent, l’auditoire est invité à s’identifier à la cause palestinienne ainsi présentée. L’exposé sur l’Irak se conclut par un appel aux journées organisées par l’UOIF au Bourget en mai 2003, celles-là mêmes où Nicolas Sarkozy a crû bon de se rendre. Une question. Le contenu de ces cassettes, diffusées de façon massive et au grand jour, ne peut être ignoré des pouvoirs publics, du gouvernement. À quoi tient le silence de plomb sur le racisme, "l’antisémitisme des banlieues" et la culture de la haine que répandent Iquioussen et sa maison d’éditions et que couvre, pour le moins, l’UOIF ?

Marc Blachère

Article paru dans L'Humanité, édition du 17 janvier 2004.



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25 octobre 2008

un livre d'Abdennour Bidar, professeur de philosophie

9782226183033FS



l'islam sans soumission

Abdennour BIDAR


quatrième de couverture
Des siècles de traditions idéologiques ont enfermé l'islam, l'assimilant à la seule soumission à un Dieu dont les hommes ne seraient que les serviteurs - créatures supérieures aux autres, certes, mais dénuées de tout libre arbitre.

Et si l'islam était au contraire la chance pour l'humain de naître à sa pleine souveraineté, en tant qu'héritier d'un véritable pouvoir divin ? Si être musulman ne signifiait pas se soumettre éternellement mais au contraire se conduire en " immortel " et assumer en soi cette part de transcendance ? Abdennour Bidar, après avoir fondé son concept de self-islam, nous offre ici une manière radicalement moderne de lire le texte coranique et a l'audace d'édifier un nouvel existentialisme, non plus athée ni chrétien, mais pleinement musulman.

Ce sont ainsi des contrées jamais explorées que défriche pas à pas le philosophe, porté par un souffle inédit : l'espoir que l'islam puisse s'ouvrir à de nouveaux horizons.

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- le blog d'Abdennour Bidar

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1 mai 2007

Identité française (Pascal Hilout)

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Identité française

Pascal HILOUT


Ce message a été publié en commentaire de l'article sur l'identité française (réponse à Laurent Lévy, avocat du MRAP). Son auteur anime un site : nouvel-islam.

Bonjour,

Il me semble que bien des bienveillants ou faisant semblant de l'être, comme M. Laurent Lévy, ne veulent pas admettre que l'identité nationale française a toujours eu quelques problèmes avec l'islam et son intégration au sein de cette même identité.

À mon sens, la France (comme l'Europe) est gréco-latine autant qu'elle est judéo-chrétienne. Certes, l'Afrique du Nord, mon aire d'origine, est judéo-islamique mais elle n'est absolument pas gréco-latine dans l'âme.

C'est dans le domaine esthétique que cela est patent : la présentation et la représentation de la beauté divine du nu est la caractéristique majeure qui sépare ce qu'il est convenu d'appeler Orient et Occident. Le voile est le révélateur, en négatif, de cette identité à nulle autre semblable. Les odalisques bien orientales sont aussi le fantasme occidental par excellence. Le couple Vénus-Apollon peuvent être choisis comme marqueur identitaire de l’Europe, comme pourrait être choisi le voile, ne laissant apparaître que les yeux de la femme, comme marqueur identitaire de l’aire islamique.

L'héritage judéo-chrétien avec sa Bible et ses Évangiles a eu droit à une critique en règle pour laisser émerger une culture laïque où la liberté de conscience est garantie. L'héritage islamique avec son Coran+Mahomet a toujours été préservé, même lorsque l'Empire musulman de la France avait succédé à l'Empire Ottoman.

Il était temps d'élever l’islam à la dignité de la République et de lui appliquer une égalité de traitement, c'est à dire une critique réservée, jusqu'à maintenant, au judéo-christianisme.

L'égalité des chances est enfin en train de se réaliser, les langues en train de se délier : mon islam a lui aussi droit à la une de Charlie Hebdo ! N'en déplaise à tous les archaïques qui ont peur de la critique et de la caricature : je suis enfin citoyen à part entière. L’identité française ne peut s’enrichir de mon apport que si mon islam renonce à ses démons et change son regard sur la beauté divine du corps humain. Il faut aussi qu’il intègre le crédo qui a fait de la France ce qu’elle est : la dignité humaine est sacrée, pas les religions.

C’est cette France et cette identité que j’aime et c’est à mon islam de changer pour intégrer le nouveau monde et le concert de ses nations.

Pascal Hilout


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11 janvier 2007

Plaidoyer pour l’égalité dans l’héritage, en Tunisie

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Plaidoyer pour l’égalité dans

l’héritage, en Tunisie


15 septembre 2006

Ce plaidoyer pour l’égalité dans l’héritage est le fruit d’un engagement collectif et pluriel mené en association par les militantes de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et de l’Association tunisienne des femmes pour la recherche sur le développement (AFTURD). Inscrit dans le prolongement de la campagne de sensibilisation lancée en 1999 sous forme de pétition nationale ainsi que de débats, rencontres et ateliers d’écriture qui en ont jalonné les étapes, il s’adresse à toutes et à tous, décideurs politiques et acteurs de la société civile avec la démonstration en 15 arguments que l’égalité dans l’héritage n’est ni de l’ordre de l’impensable, ni de l’ordre de l’impraticable dans notre pays.

Le changement social est majeur et s’inscrit dans l’histoire de la société tunisienne dans son rapport à la modernité. Loin d’être le fait exclusif des acteurs institutionnels et de l’Etat - dont il ne s’agit pas ici de sous-estimer l’action mobilisatrice -, ces changements sont aussi le fait de citoyens ordinaires qui, au quotidien, au sein de la famille, dans les lieux de travail, la cité, se posent en acteurs, refusant les contraintes, tissant de nouveaux rapports et inventant de nouvelles manières d’agir, de vivre le mariage, la maternité, les liens conjugaux, les responsabilités parentales, les charges familiales, les pratiques successorales.

Or si le changement social se mesure à l’ensemble de ces nouvelles réalités en rupture avec l’ancien (l’émergence de l’individu et de la famille conjugale, l’essor du travail féminin, la généralisation de l’enseignement, l’extension de la couverture sanitaire, les mouvements citoyens pour l’égalité et la démocratie), il reste aussi prisonnier de la force de l’ancien et des modèles qui perdurent et dont rendent compte les «objections» à l’égalité successorale entre les sexes.

1- Plaidoyer pour l’égalité dans l’héritage … Quelles objections ?

Les débats sur l’égalité dans l’héritage ont permis de prendre la mesure des attentes et des avancées réalisées dans la société mais aussi de dégager le poids des résistances. Ces résistances sont justifiées selon les personnes par :

1. La priorité accordée aux combats pour la consolidation des droits et des libertés publiques et la réticence à soulever une question «délicate». À quoi bon, se demande-t-on, revendiquer l’égalité successorale alors même qu’elle ne représente aucune urgence sociale et qu’elle ne concerne qu’une infime catégorie sociale? Ne faut-il pas plutôt oeuvrer à consolider les acquis et à inscrire dans la réalité les droits et libertés déjà conquis ?

2. L’attachement à l’islam, à ses institutions et à l’identité culturelle. À quoi bon, ajoute-t-on, exiger l’égalité dans l’héritage alors même qu’elle se heurte au donné divin et au texte sacré de l’Islam ? Quelle est l’urgence à exhumer une question qui risque de soulever les passions et de provoquer des crispations : crispations religieuses en raison de sa “racine charaïque” et de ses liens avec le texte sacré, crispations sociales en raison de son rôle structurant de la famille tunisienne, crispations politiques en raison de son inopportunité au regard des revendications identitaires ?

3. L’inopportunité sociale de la question. Pourquoi, insiste-ton, changer un système qui, en vigueur depuis des siècles, assure à sa manière une répartition «équitable» des biens et donne la preuve de son efficacité sociale? Pourquoi donc le changer et risquer de perturber un ordre établi et accepté?

 

2 - Plaidoyer pour l’égalité successorale … Pour en finir avec les privilèges !

Il s’agit aujourd’hui, cinquante ans après la promulgation du Code du statut personnel, de contribuer par le plaidoyer à lever «l’hypothèque» qui pèse encore sur la condition de millions de Tunisiennes
· Parce que le régime successoral applicable aux Tunisiennes est discriminatoire, fondé encore sur les privilèges masculin et religieux (la règle du double au profit des hommes de la lignée masculine) ;
· Parce qu’il est temps, cinquante ans après l’indépendance du pays, de réaliser enfin l’égalité juridique pleine et entière entre les sexes dans tous les domaines ;
· Parce que rien du point de vue éthique, sociologique, économique, politique, culturel et juridique n’excuse les discriminations à l’égard des femmes ;
· Parce que le développement économique et social atteint, plaide pour l’égalité des droits et des chances ;
· Parce que l’avenir de tous est dans la capacité du pays à développer le potentiel économique des femmes ;
· Parce que l’avenir commun des femmes et des hommes, d’une nation et d’un peuple est dans l’égalité et le juste partage.

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Réformons la loi successorale et

établissons l’égalité

entre les sexes dans l’héritage !

 

3 - Plaidoyer pour l’égalité dans l’héritage … Quels types d’arguments ?

    Appuyé sur l’observation, l’étude et l’argumentation, le plaidoyer poursuit l’objectif de :
· Revoir la question successorale à la lumière des changements économiques et des transformations sociales que la Tunisie a enregistrés depuis l’indépendance. Le but est d’identifier dans la société actuelle les éléments de rupture avec le modèle inégalitaire et de rendre compte des nouvelles dimensions économiques et sociales que revêt la question de l’inégalité successorale (I - Argumentaire socio-économique).
· Repenser la question successorale à la lumière des évolutions législatives et jurisprudentielles que la Tunisie a enregistrées au cours de ses cinquante ans d’intense production juridique (II- Argumentaire juridique).
· Approcher la question successorale dans ses dimensions culturelles et ses constructions symboliques et religieuses afin de lever le voile sur ses présupposés idéologiques et ses fonctions de légitimation de l’ordre patriarcal. A contrario, il s’agit de rendre compte des changements culturels, de l’adhésion des acteurs aux valeurs d’égalité et de leur capacité à mobiliser plusieurs registres pour atteindre en pratique l’égalité (III - Argumentaire culturel).


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La première femme gynécologue au milieu de ses collègues
du corps médical. Aujourd’hui (2005) elle a près de 80 ans -
source


 

Arguments complémentaires

déployés en 15 points tirés de l’analyse objective

et méthodique du terrain, ils plaident pour

la levée des inégalités successorales.

 

I - POUR L’ÉGALITÉ SUCCESSORALE : LES ARGUMENTS SOCIO-ÉCONOMIQUES

Puisées dans la réalité et le vécu des acteurs, ces données rendent compte de l’anachronisme du système de l’inégalité successorale au regard des avancées économiques et sociales du pays et des nouveaux rôles assumés par les femmes.

ARGUMENT 1 - MUTATIONS DE LA FAMILLE TUNISIENNE : DÉCALAGE ENTRE LA RÉALITÉ CONJUGALE ET LE MODÈLE LÉGAL SUCCESSORAL
Les études socio-économiques font état de l’ampleur du changement social en Tunisie. A la famille traditionnelle de type patriarcal -fondée sur le groupe avec sa hiérarchie des sexes et des âges- se substitue progressivement la famille conjugale (69% du total des familles). Cette transformation, dont les facteurs sont multiples, est en voie de produire de nouveaux types de comportements et d’induire de nouveaux rapports entre les hommes et les femmes favorables à l’émergence de l’individu et à la reconnaissance de son autonomie. Le déphasage est de plus en plus en plus flagrant entre le système légal de transmission des biens par héritage, bâti sur le modèle traditionnel de la famille patriarcale et les structures actuelles de la famille moderne tunisienne, famille de type conjugal. En réalité l’argument s’il en faut, est de mettre le dispositif juridique en harmonie avec la nouvelle échelle de valeurs en usage dans une société où l’accès des femmes au travail, à l’éducation, à l’espace public, pulvérise les schèmes traditionnels de la domination patriarcale dont la discrimination successorale constitue un des fondements et un des mécanismes de reproduction.

 

ARGUMENT 2 - LA CONTRIBUTION ÉCONOMIQUE DES FEMMES
Actives, les femmes contribuent fortement à la prise en charge familiale. Elles en assument une part importante et participent par leur salaire ou leurs revenus au bien être et au confort familial. L’accès massif des femmes au travail et au salariat représente une nouvelle réalité. Il impose de nouvelles représentations et implique de nouveaux engagements dans le couple et la famille. «Les femmes gagnent un salaire, gèrent le budget, s’occupent du foyer et exercent un métier». Prenant part au bien-être matériel de la famille et de la collectivité, elles se posent désormais en productrices de biens et de sens.


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Pr. Habiba Bouhamed Chaabouni, Tunisie

Toutes les enquêtes montrent que le travail des femmes contribue à consolider leur autonomie financière, à instaurer des rapports de partenariat au sein du couple, à affermir l’indépendance économique de la famille et sa capacité à faire face aux aléas de la vie moderne, à valoriser le statut économique du couple qui gagne en confort matériel et en prestige social, à assurer une meilleure prise en charge des besoins de la famille en termes d’éducation des enfants, de soins et de culture. La contribution des femmes est aussi perceptible à leur participation à la constitution du patrimoine familial immobilier par l’acquisition du logement au moyen du crédit ou par apport propre, l’amélioration des conditions d’habitat et la charge de l’entretien du bâti. Il est juste dans ces conditions d’équilibrer le potentiel économique des femmes en abolissant la discrimination en matière successorale. A responsabilité égale, une part égale dans l’héritage des biens.

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Pr. Habiba Bouhamed Chaabouni, Tunisie

 

ARGUMENT 3 - L’INÉGALITÉ SUCCESSORALE EST UN HANDICAP SOCIAL ET UN FACTEUR AGGRAVANT LA PRÉCARITÉ ÉCONOMIQUE ET LA VULNÉRABILITÉ SOCIALE DES FEMMES
Phénomène universel, la féminisation de la pauvreté ou la paupérisation des femmes rend compte non seulement de la conjonction de deux facteurs cumulatifs (d’une part, la pauvreté économique, d’autre part, les rapports inégaux de sexe), mais aussi de leurs effets multiplicateurs sur la condition socioéconomique des femmes. Toutes les études montrent que la précarité (prise dans un sens restrictif ou extensif) touche plus durement les femmes et menace les plus vulnérables d’entre elles de sombrer dans la pauvreté absolue. Ainsi, il y aurait dans le monde 3 milliards de personnes vivant dans la pauvreté, dont 70 % seraient des femmes. L’inégalité successorale constitue un handicap social et un facteur aggravant la précarité économique et la vulnérabilité sociale des femmes.
Ces travaux soulignent l’effet multiplicateur de la précarité économique en cas de violence. Celle-ci agit en renforçant l’impact de la violence sur les femmes. Lutter contre la pauvreté, c’est lutter contre les législations patrimoniales discriminatoires. Lutter contre la pauvreté, c’est aussi lutter contre les facteurs multiplicateurs de la violence à l’égard des femmes, dont les lois patrimoniales discriminatoires.

 

ARGUMENT 4 - LA FORCE DES MODÈLES ET LES BRÈCHES APPORTÉES AU SYSTÈME DE L’AGNATION DE LA PROPRIÉTÉ FONCIÈRE
Comme par le passé, mais non dans les mêmes proportions, la terre continue dans le présent d’appartenir aux hommes. Participant de la structure même de la famille patriarcale, de sa reproduction, de sa puissance, de sa diffusion et de ses stratégies matrimoniales, le patrimoine foncier s’est construit et continue de se construire sur le principe de l’agnation et de sa transmission aux mâles par les mâles. Toutefois les études montrent que lorsque les législations nationales s’y prêtent, les femmes sont capables de développer, à l’égal des hommes, l’esprit d’initiative et d’entreprise foncière. Ainsi en dépit des handicaps dans le domaine de la propriété foncière marquée par l’agnation de la terre, les femmes tunisiennes ont su développer un entreprenariat agricole. Ce potentiel attend d’être confirmé par une législation établissant l’égalité des droits et des chances dans le circuit de la gratuité patrimoniale.

 

ARGUMENT 5 - STRATÉGIES INDIVIDUELLES ET PRATIQUES INNOVANTES DE PARTAGE ÉGALITAIRE
Force est de constater que la réalité sociale est parfois en avance sur les législations nationales et les règles officielles. Adhérant aux valeurs d’égalité, les individus, femmes et hommes, mettent en place des stratégies compensatoires et usent des multiples ressorts que leur offre le système juridique. Les partages égalitaires et les pratiques innovantes constituent une réalité qui s’impose tous les jours davantage : donations à parts égales au profit des enfants, ventes et libéralités entre ascendants et descendants, testament au profit de l’épouse, des filles, des nièces, partage égal des biens du vivant des parents, liquidation de l’héritage à part égale entre les frères et les soeurs, entre les époux, etc. Il s’agit d’un phénomène dont le sens ne peut laisser indifférent le législateur moderne à qui revient la régulation juridique des rapports sociaux.

 

II - POUR L’ÉGALITÉ SUCCESSORALE : LES ARGUMENTS DE DROIT

Ces arguments tirés de la logique positive de l’ordre juridique tunisien et de ses principes fondamentaux invalident en droit les inégalités successorales.

ARGUMENT 6 - L’INÉGALITÉ SUCCESSORALE EST CONTRAIRE AUX PRINCIPES CONSTITUTIONNELS D’ÉGALITÉ DES CITOYENS ET DE GARANTIE DES LIBERTÉS FONDAMENTALES
Deux principes sont élevés au rang supérieur de principes constitutionnels déterminant la validité en droit de tout l’édifice juridique : les principes des articles 5 et 6 de la constitution tunisienne du 1er juin 1959.
Article 5 : «La république tunisienne garantit les libertés fondamentales et les droits de l’homme dans leur acception universelle, globale, complémentaire et interdépendantes. La république tunisienne a pour fondements les principes de l’état de droit et du pluralisme et oeuvre pour la dignité de l’homme et le développement de sa personnalité (…). La république tunisienne garantit l’inviolabilité de la personne humaine et la liberté de conscience et protège le libre exercice des cultes sous réserve qu’il ne trouble pas l’ordre public».
Article 6 : «Tous les citoyens ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi».
Principes constitutionnels auxquels est attachée une valeur supérieure, ils s’imposent aux lois et invalident les discriminations successorales. Sur cette base il a été jugé dans les affaires d’héritage où il y a différence confessionnelle entre les époux que «la prohibition de toute discrimination sur des bases religieuses est un principe fondamental de l’ordre juridique tunisien» et que toute discrimination sur des bases religieuses contredit l’article 6 de la constitution tunisienne «en créant deux catégories de Tunisiens». [Tribunal de Tunis, 18 mai 2000. 2000/7602]

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Palais de Justice, Tunis

 

ARGUMENT 7 - L’INÉGALITÉ SUCCESSORALE EST CONTRAIRE AUX STANDARDS UNIVERSELS RECONNUS DANS LES TRAITÉS DÛMENT RATIFIÉS PAR LA TUNISIE
L’État tunisien n’est pas resté indifférent au discours sur les droits universels de la personne humaine qui, au plan des relations internationales est aujourd’hui déterminant et qui, au plan interne, se fait entendre par la voie des associations pour la défense des droits de la personne et des libertés fondamentales, des syndicats, des partis, etc. Élevés au rang de "substrat minimum" auquel la communauté internationale dans son ensemble se sent tenue, les droits de la personne humaine proclamés dans les instruments internationaux conventionnels et autres ne peuvent se suffire à une existence purement internationale. Leur effectivité est toute entière suspendue à leur réception et à leur intégration dans les ordres juridiques internes des États. En droit tunisien, cette intégration est assurée au moyen de la ratification qui confère aux traités une autorité supérieure aux lois.

L’article 32 nouveau § 3 in fine de la constitution tunisienne consacre en termes clairs cette supériorité : «Les traités ratifiés par le président de la République et approuvés par la chambre des députés ont une autorité supérieure à celle des lois». Trois effets s’attachent à la supériorité des traités par rapport aux lois. En premier lieu, le traité modifie automatiquement dès son approbation et sa ratification les lois contraires antérieures, et ce, en vertu du principe selon lequel une règle est abrogée par une règle contraire d’une valeur juridique égale ou supérieure. En second lieu, il ne peut être porté atteinte au traité de quelque manière que ce soit par une loi postérieure : la loi nouvelle ne peut aller à l’encontre d’un traité sans violer la hiérarchie des normes et donc la constitution. En troisième lieu, les tribunaux judiciaires et administratifs sont tenus, en cas de contrariété entre les normes, d’écarter la norme législative contraire à la norme du traité.

Partant de ces principes, l’inégalité successorale est contraire aux traités suivants :
• Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Traité multilatéral. Adoption : A.G./ONU. 16 décembre 1966. Entrée en vigueur : le 3 janvier 1976. Ratifié sans réserve par La Tunisie : Loi n° 68-30 du 29.11.1968. JORT du 29 novembre - 13 décembre 1968. Publication : Décret n° 83-1098 du 21.11.1983, JORT du 6 Décembre 1983. p. 3143.
• La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Adoption : A.G./ONU.18 décembre 1979. Ratification : loi n° 85-68 du 12 juillet 1985, JORT, n° 54, 1985, p. 919. Réserves : art. 9 §2, art 16 § c,d,f,g,et h, et déclaration générale.
Les discriminations à l’égard des femmes en matière successorale sont contraires aux dispositions des articles 2 et 3 du Pacte ainsi qu’à l’article 1er de la convention de Copenhague «Aux fins de la présente convention, l’expression “discrimination à l’égard des femmes”, vise toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le sexe qui a pour objet ou pour but de compromettre ou de détruire la reconnaissance, la jouissance, ou l’exercice par les femmes quel que soit leur état matrimonial, sur la base de l’égalité de l’homme et de la femme, des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans les domaines politiques, économique, social, culturel, et civil ou dans tout autre domaine». Du point de vue du droit international, les réserves qui servent à exclure ou à modifier l’effet juridique de certaines dispositions du traité dans leur application à l’Etat qui les a exprimées ne sont possibles qu’à la condition, entre autre, que «la réserve ne soit pas incompatible avec l’objet et le but du traité». (Article 19 de la convention internationale sur le droit des traités (ratifiée par la Tunisie le 23 juin 1971). Pour sa part, la convention de Copenhague sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes prévoit en son article 28 «Aucune réserve incompatible avec l’objet et le but de la présente convention ne sera autorisée».

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Chambre des députés, Tunis

ARGUMENT 8 - L’INÉGALITÉ SUCCESSORALE EST CONTRAIRE À L’ESPRIT LIBÉRAL DU LÉGISLATEUR TUNISIEN
Dans un système de droit positif, comme le système tunisien, l’interprétation des textes ne peut se faire sans tenir compte de la cohérence générale des lois et de l’esprit du législateur qui les a insufflées. Comment continuer à admettre l’inégalité successorale dans le pays du CSP marqué dès sa promulgation le 13 août 1956 par son esprit d’innovation (l’interdiction de la polygamie, l’abolition du droit de “jebr” (droit de contrainte), la suppression du tuteur matrimonial, l’instauration du divorce judiciaire, l’abrogation de la répudiation) et par l’esprit de justice des lois qui l’ont complété et amélioré : l’adoption plénière, l’abolition du devoir d’obéissance, la réciprocité dans le traitement bienveillant entre époux, la tutelle des mères gardiennes de leurs enfants mineurs en cas de divorce, la communauté des biens limité aux acquêts, l’action en recherche de paternité ?

 

ARGUMENT 9 - L’INÉGALITÉ SUCCESSORALE EST CONTRAIRE AUX RÉCENTES ÉVOLUTIONS JURISPRUDENTIELLES
L’examen de la jurisprudence des tribunaux permet de relever que face à un traditionnel courant conservateur, une nouvelle tendance se fait jour, mettant au fondement du droit les principes d’égalité des citoyens, de non-discrimination et de liberté. La jurisprudence des tribunaux est de plus en plus favorable à l’application des principes d’égalité et de non discrimination. L’évolution vient de se confirmer avec l’inédite décision de la cour de cassation en date du 22 décembre 2004 (Cour. Cass. n° 3843/2004) qui apporte confirmation à l’arrêt du 14 juin 2002 de la cour d’appel de Tunis (C.A, Tunis, n° 82861) et à celui du 18 mai 2000 du Tribunal de première instance de Tunis (TPI, n° 7602/ 2000).

Plusieurs dispositions du droit positif ont été mises à profit et ont développé leur potentiel émancipateur : celles d’abord du statut personnel dans les rapports de droit international privé pour écarter la polygamie, rejeter la répudiation, imposer le libre et plein consentement, valider le mariage de la musulmane avec un non musulman ; les dispositions tirées de la constitution par référence à l’article 5 sur la liberté de conscience et le libre exercice des cultes pour faire échec à la «disparité de culte» comme cause d’empêchement à succession, et à l’article 6 sur l’égalité en droits et en devoirs des citoyens et devant la loi pour faire échec à la répudiation. Il n’est pas jusqu’aux conventions internationales, supérieures aux lois après ratification, qui ne soient invoquées pour faire barrage aux interprétations discriminatoires : en particulier la convention de New York sur l’âge au mariage et l’enregistrement du mariage, la convention de Copenhague sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, les deux pactes internationaux sur les droits civils et politiques, économiques et sociaux, voire même la Déclaration universelle des droits de l’homme dénuée pourtant de valeur juridique.

 

ARGUMENT 10 - L’INÉGALITÉ SUCCESSORALE EST PERTURBATRICE DES RELATIONS SOCIALES ET FAMILIALES
Le propre de la règle de droit est d’assurer l’équilibre des relations sociales. Pousser les individus à adopter, par défaut législatif, des stratégies de contournement est préjudiciable non seulement à la cohérence de l’ordre juridique tunisien dans son ensemble mais aussi à l’équilibre des rapports sociaux. Par son double registre à la fois laïc et religieux, traditionnel et moderne le C.S.P. installe une schizophrénie juridique génératrice de troubles d'identification et ouvre la voie aux interprétations et aux applications les plus fantaisistes. Il installe un antagonisme dans les valeurs du droit et cesse par effet d’annulation de jouer son rôle régulateur des rapports sociaux. A quand des rapports apaisés par la loi ?

 

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mosquée près de Metameur

III - POUR L’ÉGALITÉ SUCCESSORALE : LES ARGUMENTS CULTURELS

Dans les sociétés musulmanes la question successorale relève, dit-on, du dogme. La règle que «à même degré de parenté les hommes ont deux fois plus que les femmes» apparaît comme un donné immuable. Or, l’observation montre qu’en pratique les sociétés musulmanes ont, sur cette question, inventé des stratégies «d’évitement» de la loi charaïque et que, comme sur d’autres aspects, les sociétés islamiques ont vécu en «armistice» avec le modèle légal. Plusieurs éléments en témoignent dont les suivants :

 

ARGUMENT 11 - L’HISTOIRE DE LA TRANSMISSION DES BIENS EN PAYS D’ISLAM OU AUX ORIGINES DU SYSTÈME SUCCESSORAL
L’histoire de la constitution des biens en pays d’islam et leur transmission par héritage mérite d’être rappelée. Les travaux d’anthropologie historique montrent que le régime successoral trouve son principe de cohérence dans l’ancien ordre tribal de l’Arabie préislamique et dans la structure de la société patriarcale et guerrière d’alors. Il est attesté que l’exclusion des femmes de l’héritage durant la période préislamique n’est pas fondée sur des considérations de genre mais bien sur des considérations tenant à l’organisation tribale de la société arabique. Le patrimoine était commandé par le degré de participation aux combats. Il constituait une source principale de revenus et un moyen de défense de la tribu. C’est pourquoi les femmes n’étaient pas les seules exclues du système. En étaient aussi privés les enfants et «tous ceux qui n’avaient pas de monture, ne portaient pas le sabre, ne triomphaient pas d’un ennemi». Cet état n’est pas propre à la société arabe préislamique. Il prévalait dans presque toutes les sociétés dont l’économie était fondée sur le butin de guerre et dans lesquelles les biens étaient remis entre les mains des hommes. Le deuxième facteur tient à la règle de prise en charge (qawama). Puisqu’il il revenait à l’homme de subvenir aux besoins des membres de la famille, c’est à lui que revenait en exclusivité la possession des biens. Plus rien ne justifie dans le monde moderne le maintien d’un tel régime discriminatoire et archaïque

 

ARGUMENT 12 - LES PROCÉDÉS TRADITIONNELS DÉROGATOIRES VISANT L’EXCLUSION DES FEMMES
L’existence, de tout temps, de pratiques dérogatoires à l’obligation religieuse d’attribuer aux femmes leurs parts de l’héritage est attestée par de nombreux travaux d’histoire. Le “habous” a constitué un moyen «autorisé» d’éviction des femmes de la propriété foncière. Les actes des “habous”, au moyen desquels le fondateur du bien, par contournement des règles charaïques sur l’héritage des femmes, attribuait l’exclusivité de leur jouissance et possession à ses ayants-droit parmi sa descendance mâle, était une pratique courante qui avait triomphé des interdits du droit savant. Ni leur annulation par Ûmar Ibn Abdel Aziz, ni les conditions draconiennes posées par les docteurs malékites (la privation du testateur de son bien dès l’établissement de l’acte, la prise de possession immédiate par le bénéficiaire), n’en ont empêché l’usage général. Jouant des multiples ressorts qu’offraient les divergences doctrinales (al ikhtilaf al fiqhi) et les mettant à leur profit, les légataires choisissaient de se placer sur «la voie de Abu Youssef le compagnon de l’Imam Abu Hanifa», sacrifiant ainsi le rigorisme aux ruses et les femmes à l’ordre de la famille patriarcale. La loi charaïque n’a pas constitué un obstacle à la spoliation des femmes!

 

ARGUMENT 13 - LES CONSTRUCTIONS HISTORIQUES DU SYSTÈME SUCCESSORAL EN TUNISIE ET L’EXCLUSION DES FEMMES
Les «hiyal», les subterfuges légaux, ont existé aussi en Tunisie. Ils ont constitué des modes dérogatoires participant à l’exclusion des femmes. Les études montrent que le système des “habous” a constitué - sauf à de rares exceptions- le plus grand moyen d’éviction des femmes de la propriété foncière. Admises et pratiquées par les malékites, réputés pourtant rigoristes, par emprunt aux doctrines hanéfites, ces stratégies de contournement n’ont pas semble-t-il choqué la conscience musulmane. Cette pratique a été abolie en Tunisie par l’effet des lois de 1957-1958. En quoi l’égalité est-elle sacrilège ?

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ARGUMENT 14 - RÉFORMISME MUSULMAN, PREMIÈRES REMISES EN CAUSE PAR TAHAR AL HADDAD ET CRISPATIONS CULTURELLES AU SUJET DES FEMMES
C’est à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle que s’amorce dans les pays musulmans le lent et difficile processus de modernisation de l’État et de son droit. Le réformisme tunisien qui se présente déjà comme un nationalisme s’alimente de cet apport. Or, dans le cadre de la pensée réformiste la question de la «Musulmane», tout en faisant l’objet d’un traitement nouveau, finit par prendre et pour longtemps des contours culturalistes et identitaires. Dans la perspective réformiste et son néo-classicisme théologique, «l’émancipation» des femmes se réduit au thème de l’instruction des jeunes filles musulmanes avec cette triple limite qu’il s’agit de l’apprentissage de la langue arabe, axé sur la morale et l’histoire de l’islam et préparant les jeunes filles, à travers des travaux manuels de type domestique, au rôle traditionnel qui leur est assigné au sein de la famille musulmane. Sous la poussée des nouvelles réalités socio-politiques du pays (domination coloniale), ce réformisme a subi de nouvelles mutations et s’est transformé soit en conservatisme, fournissant à l’islam officiel des Etats sa doctrine et ses instruments d’hégémonie politique et culturelle, soit en son opposé, l’islam contestataire et radical des Frères Musulmans. Dans l’ordre de la pensée réformiste, c’est seulement sous la plume de Tahar al Haddad, que la question de l’émancipation des femmes, a pris en 1930, une dimension novatrice.
Comment admettre qu’on en soit encore là à se poser toujours les mêmes questions au sujet de l’égalité en droit et en dignité ? Ne faut-il pas mettre fin aux atermoiements ?

 

ARGUMENT 15 - EXCLUSION DES FEMMES DE L’HÉRITAGE ET PRATIQUES INÉGALITAIRES
Les pratiques inégalitaires et l’exhérédation des femmes du patrimoine sont toujours de mise dans notre pays. Les enquêtes sociologiques révèlent leur persistance sous différentes formes et modalités. Le partage inégalitaire prend soit la forme du favoritisme familial à caractère parental soit celle de la main - mise à l’intérieur de la famille (hawz). Ces «escroqueries» subies en silence et visant en particulier les femmes, constituent, selon les enquêtes, les cas les plus fréquents : détournement de l’objet de la procuration générale à l’insu de la personne qui l’a signée, main mise du tuteur ou du curateur sur le bien en héritage, falsification des actes notariés, certificats de décès ne comportant pas le nom de tous les héritiers (en particulier les épouses non musulmanes), libéralités consenties par forcing (en cas de maladie ou de faiblesse liée au grand âge), prise de possession des biens appartenant aux héritiers vivant à l’étranger, refus de partage. Ces pratiques montrent que la question successorale participe de réflexes autres que religieux.

 

► Compte tenu de ce qui précède, il est temps de :

 

1 - Abolir les privilèges,

2 - Modifier la loi sur l’héritage,

3 - Établir l’égalité successorale entre les sexes

source : Kalima Tunisie (15 septembre 2006)





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10 décembre 2006

Réponse à Bernard Dréano (Michel Renard)

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Réponse à Bernard Dréano

un pas de plus dans la compromission
avec les valeurs réactionnaires et anti-démocratiques
des islamistes...!

Michel RENARD



* Après lecture de l'article de Bernard Dréano*, intitulé "Les doubles machoires du piège" sur Oumma.com (dimanche 12 février 2006)

Et un pas de plus dans la compromission avec les valeurs réactionnaires et anti-démocratiques des islamistes...!

Après la laïcité (islamophobe, bien sûr) et les droits des femmes (qu'il faut culturaliser pour leur être mieux fidèles, bien sûr), voilà la liberté d'expression qui est brocardée au nom d'une alliance sans principes avec les petits soldats du fondamentalisme Frère Musulman.

Bravo...! quel chemin pour un leader de l'anti-impérialisme des années 1980. Et quelle conclusion ne sème-t-on pas dans les esprits... Car si une défense rigoureuse de la laïcité, des droits des femmes et de la liberté d'expression conduit à être placé dans le camp "islamophobe" et "raciste", quelle raison d'être "islamophile" (éventuellement), "anti-raciste" et "anti-impérialiste" ?

Le Cedetim recruterait-il désormais pour de Villiers ?

Et la compromission ira s'accentuant car vous n'avez plus de principes, donc plus de moyens de raisonner face à la logique des fondamentalistes qui, eux, ont une logique et des principes. Votre seule préoccupation, c'est le "terrain", la "base de masse" censée être celle des islamistes dans la jeunesse. Vous êtes donc conduits à fermer les yeux sur ce que révèle, peu à peu, ce mouvement de ses convictions profondément réactionnaires. Cela ne rappelerait-il pas la politique suicidaire du Parti communiste allemand sous la République de Weimar ?

On prétend : "lutter aux cotés de ceux qui sont opprimés par ces cléricalismes"... Mais, la réalité, c'est qu'ils sont surtout opprimés par des appareils politiques et des clans prédateurs, et cherchent, justement dans ces cléricalismes, les catégories idéologiques de leur combat. On me répondra peut-être, comme le faisaient les anciens maoïstes : "contradiction principale et contradictions secondaires"... à moins que vous ne soyez carrément passés sur les positions politiques et culturelles des islamistes ? En tout cas des "islamistes" que vous qualifiez "d'ouverts". Mais "ouverts" à quoi ? "ouverts" à quelle régression des principes démocratiques ?

Quand les islamistes reprochent aux États arabo-musulmans leur manque de démocratie, cela signifie : le manque de démocratie à leur égard. Mais quand ils parviennent au pouvoir, que font-ils de la démocratie ? Ils la remisent au magasin des accessoires et imposent les dispositions profondément réactionnaires de la "charî‘a". Et qu'on ne vienne pas me parler du régime "républicain" en Iran : le suffrage universel n'a pas le pouvoir de désigner les vrais dirigeants du pays...!

Voilà où vous en êtes arrivés, le Cedetim, les altermondialistes pro-Ramadan, etc. : à justifier les limites à la liberté d'expression - limites que revendiquent les islamistes et tous les fondamentalistes...! Vous auriez embastillé Voltaire !

Quant à la manière de  "mener la lutte pour la liberté de conscience et pour la liberté d'expression, l'une et l'autre et pas l'une contre l'autre", la formule est illusoirement facile...

Dans la réalité, on peut être amené, pour défendre la liberté de conscience de tous, à restreindre la liberté d'expression dans certains espaces : c'est le cas de la loi prohibant les signes religieux à l'école (laïcité). Ou bien, pour défendre la liberté d'expression de tous, non pas de restreindre la liberté de conscience (car elle n'est pas menacée par ces caricatures), mais d'empêcher l'exclusivisme d'une certaine conscience d'infliger ses propres critères aux autres : c'est le cas de la défense de la liberté d'expression à l'égard des religions ou des idéologies.

Michel Renard, directeur de
l'ex-revue Islam de France


* Bernard Dréano est dirigeant du Cedetim et d'un réseau appelé (avec quelle légitimité ?) "l'Assemblée européenne des citoyens". Il est signataire de l'appel des "Indigènes de la République" et a participé au collectif anti-laïcité "Une école pour tous-tes".


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Bernard Dréano, à droite

 


 

Réponse de Bernard Dréano

Bernard DRÉANO, par courriel


21816_tnOrganisateur de rencontres avec Salman Rushchdie du temps ou des centaines de tueurs étaient à ses trousses, compagnon de combat de militants afghans ou irakiens tués par les islamistes radicaux, toujours engagé dans la lutte contre les fascistes de l'extrémisme islamique, (y compris et surtout en France), je ne vois pas pourquoi je devrais maintenant ipso facto m'enroler dans l'Union Sacrée islamophobe à la manière de Philippe Val et consort.

Évidemment il est plus simple de m'attribuer des positions idiotes que d'argumenter. Moi je part des pratiques réelles des gens rééls ce qui me conduit, sur le terrain à combattre par tous les moyens les djihadistes enragés et les conservateurs tablighis, à lutter politiquement, avec mes amis musulmans, chrétiens ou athés, ici ou la bas, contre les frères musulmans tendance Hamas ou PJD, et pas à esquiver ces luttes au nom de la "laïcité" contre tous les musulmans.

Je prèfère toujours la laïcité et l'anticolonialisme de Jaures et de Louise Michel à celles de Combes et de Jules Ferry.

Mais libre à vous de préférer l'Union sacré et de croire que Tariq Ramadan est un fils naturel d'Hitler...

Sera-t-il possible un jour de parler de ces questions sérieusement?

Bernard Dreano






Réponse à la réponse

Michel RENARD


"Organisateur de rencontres avec Salman Rushdie du temps ou des centaines de tueurs étaient à ses trousses"... c'est bien ce que je dis : les temps ont changé. Demandez donc à vos "alliés islamistes ouverts" ce qu'ils pensent de Rushdie... Ils l'exècrent comme les auteurs des caricatures, comme ils exècrent les modernistes musulmans tels l'égyptien Nasr Abû Zaid condamné à l'exil. Ce sont les mêmes qui manifestaient contre Rushdie et qui se démènent aujourd'hui contre la publication des caricatures.


Il n'y a pas plus "d'Union sacrée" aujourd'hui qu'il y en a eu au moment du NON au traité constitutionnel. L'amalgame est trop simple. On peut défendre la liberté d'expression sans épouser les positions de Philippe Val ou celles de de Villiers...


Vous dites : "combattre par tous les moyens les djihadistes enragés et les conservateurs tablighis, à lutter politiquement, avec mes amis musulmans".

Cette caractérisation est intellectuellement fantaisiste :

- faut-il seulement combattre les djihadistes "enragés" ? les autres, qui sont-ils ? existe-t-il des djihadistes "modérés" ?

- en admettant qu'on ait voulu dire que tous les djihadistes étaient enragés, qu'est-ce qui les sépare des autres islamistes, sur le fond ? Le passage à l'acte, me direz-vous. Mais les différences d'appréciation sur le passage à l'acte ne relèvent que de l'opportunité, ne relèvent que d'évaluations divergentes du rapport des forces et des étapes dans un combat général qui, pour tous les fondamentalistes, est perçu comme devant déboucher sur un État islamique appliquant la sharî‘a. Cela est-il admissible ?

- les "conservateurs tablighis" sont, peut-être plus conservateurs que les islamistes dans le sens où ils refusent tout rôle à la femme (sauf celui de faire la cuisine pendant que les hommes effectuent les "khourouj", sortie missionnaire...!), mais tous s'entendent pour une nette séparation des hommes et des femmes dans la société, et la subordination de ces dernières aux premiers. Les "amis musulmans" du Cedetim fondent leur pensée sur celle de Hassan al-Bannâ pour qui «la société musulmane n'est pas une société mixte, mais une société monosexuelle ; il y a donc des "sociétés pour les hommes" et des "sociétés pour les femmes". La mixité est pour lui une coutume importée de l'Occident, donc étrangère à l'islam» selon la sociologue Leïla Babès.

- j'aimerais bien savoir comment on peut lutter "contre les frères musulmans tendance Hamas" et faire alliance avec les partisans de Tariq Ramadan qui exultent à la victoire électorale du Hamas.

Quant à l'anticolonialisme de Jaurès... il faut le tempérer par son approbation de l'occupation de la Tunisie, par le fait qu'il a toujours soutenu Jules Ferry dans l'affaire du Tonkin... Même après son ralliement au socialisme en 1893, son attitude "anticoloniale" n'est pas évidente. En 1898 il écrit : "Si quelques fous songeaient à dépouiller la France de son domaine colonial, toutes les énergies françaises et toutes les consciences droites dans le monde se révolteraient contre une pareille tentative" (9 novembre). En 1903, il déclare à la Chambre : "Oui il est à désirer, dans l'intérêt même des indigènes du Maroc comme dans l'intérêt de la France, que l'action économique et morale de notre pays s'y prolonge et s'y établisse" (20 novembre). Jules Ferry aurait dit la même chose... et Eugène Étienne, du parti colonial, partageait de telles vues.

Et si Ferry avait dit "races inférieures" (sans qu'il n'y ait ni le mépris ni le "racisme" dont ces termes furent porteurs plus tard), Jaurès, lui, parlait de "peuples enfants". La croyance en un "devoir de civilisation" était commune à Ferry et à Jaurès.

Quant à Émile Combes, il fut, lorsqu'il était sénateur, l'auteur d'un rapport sur les médersas qui enjoignait de restaurer l'enseignement religieux dans ces écoles franco-arabes en Algérie. Comme quoi, les convictions laïques les plus fortes ne sont pas synonymes d'islamophobie...!

"Tariq Ramadan, fils naturel d'Hitler". Étrange coïncidence... Je viens de lire le roman de Harry Mulish, Siegfried. Une idylle noire (Folio, octobre 2005) dans lequel il est question du fils du Führer et d'Éva Braun... Mais passons...

Je n'ai jamais dit ni écrit une telle chose à propos de Ramadan. J'ai seulement rappelé qu'il ne reniait rien de sa filiation, c'est-à-dire la pensée de Hassan al-Bannâ, et que celui-ci ayant dit que l'islam est «la religion qui contient un gouvernement», on ne pouvait ensuite, sans rétention mentale ni esprit manoeuvrier, approuver sincèrement la laïcité qui dit que religion et gouvernement sont deux sphères distinctes.

J'ai également souligné que la référence mondiale des Frères Musulmans et de Tariq Ramadan est le cheikh Qaradawî qui écrit : «L'Islam rejette totalement cette fragmentation entre ce qu'on appelle religion et ce qu'on appelle l'État : du point de vue de l'islam, tout relève de la religion, tout relève de la Loi». Comment peut-on avoir pour "amis" (au sens politique, j'entends) de tels partisans du totalitarisme religieux...?

Aucun des dirigeants du Cedetim, ni aucun leader altermondialiste, qui ont fait alliance avec Tariq Ramadan, n'ont jamais répondu "sérieusement" à ces questions.

Michel Renard
directeur de l'ex-revue Islam de France

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l'islam actuel vu par une chanteuse koweito-saoudienne

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"Nous, Arabes, sommes très forts pour rejeter nos fautes sur les autres"

 

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la revue "Islam de France"

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les 8 numéros de la revue Islam de France, 1998-2000



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Michel Renard, fondateur de la revue


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